Dimanche 23 mars 2008
Suite de l’examen de « l’approche formelle» (15 et 16 janvier 2007). Réflexion sur le « VRAI ».
 
Revenons à la démonstration de l’exemple précédent.
E10 : QUELQUESOIT a APPARTIENT N QUELQUESOIT b APPARTIENT N* ILEXISTEUNSEUL q APPARTIENT N ILEXISTEUNSEUL r APPARTIENT N, a = b * q + r ET r < b. COMPLEMENT : q = QUOTIENT(a,b) ET r = RESTE (a,b)
E11 : 2 APPARTIENT N 
E12 : 10 APPARTIENT N*
E13 : 0 APPARTIENT N
E14 : 2 = 0 * 10 + 2
E15  : 2 < 10 
Donc E 16 :  RESTE (2,10) = 2 
E 17 :QUELQUESOIT n APPARTIENT N Fin(n) = Reste (n,10) 
Donc E18 : Fin(2) = 2.
E19 : QUELQUESOIT n APPARTIENT N Fin(n) = 2 => Paire(n) = VRAI.
Donc E 20 : Paire(2) = VRAI.
 
Rappel (on voulait arriver à E20 « 2 est pair »).
 
On remarque que lorsque l’on écrit tous ses énoncés, on sous-entend toujours qu’ils sont vrais.
 
E10 est VRAI (démonstration supposée établie, il comporte aussi des définitions).
E11, E12 et E13 sont VRAIS. Cela devrait être justifié par la définition de N’et N*).
E14 et E15 sont VRAIS. Cela devrai être justifié par les définitions de la multiplication, de l’addition, de la relation de comparaison « < ».
Donc E 16 … VRAI 
E 17 est VRAI (définition de Fin) 
Donc E18 VRAI
E19 est VRAI (c’était l’assertion de « départ » ; en pratique est très réduite).
Donc E 20 …VRAI.
 
Les « donc » sont les articulations de la démonstration. Il s’agit d’une relation sur les énoncés. L’énoncé d’entrée est fréquemment le regroupement (par des ET) de plusieurs énoncés. Le fait que E16, E18 et E20 soient VRAIS sont des productions de la démonstration.
 
Il est intéressant d’examiner ces « donc » pour comprendre les règles de démonstration.
Le premier « donc » utilise E10 et identifie les variables a=2, b = 10, q = 0, r = 2. E11, E12 et 13 justifient les conditions. E14 et E15 montrent que les 2 expressions sont satisfaites. En conséquence, r = 2 est bien l’unique RESTE(2,10). Dit autrement : « il y en a un unique, j’en trouve un, c’est donc celui là ».
 
Le deuxième « donc » utilise E11, E16 et E17 (et la transitivité de =).
 
Le troisième « donc » utilise E11, E18 et E19. Il exploite la définition de «=> ».
 
Donc et =>
On peut écrire un énoncé en utilisant =>
On rédige une démonstration en utilisant « donc ». Mais une démonstration est en aussi un énoncé. Le texte précédent peut être réécrit en rajoutant des « VRAI », des () et en remplaçant donc par =>. C’est fastidieux et pas particulièrement lisible. On aboutit à un énoncé E99.
 
On veut une « bonne » démonstration. Quelle est la contrainte sur E99 ?
Plutôt que E99, restreignons nous à E 100 pour le deuxième « donc ».
E100 : {E11 (2 APPARTIENT N ) VRAI ET E16(RESTE (2,10) = 2 ) VRAI ET [E17 :QUELQUESOIT n APPARTIENT N Fin(n) = Reste (n,10)] VRAI } => {(E18 : Fin(2) = 2) VRAI }.
 
E11, E16, E17, et E18 ne sont là qu’à titre de repère. Si on les enlève, on a :
E100 : {(2 APPARTIENT N ) VRAI ET (RESTE (2,10) = 2 ) VRAI ET [QUELQUESOIT n APPARTIENT N Fin(n) = Reste (n,10)] VRAI }=> {(E18 : Fin(2) = 2) VRAI}.
 
La démonstration est « bonne » parce que l’énoncé E100 est VRAI. Pourquoi E100 est VRAI ? Détaillons.
On identifie n à 2 dans E17. C’est licite grâce à E11. D’où [Fin(2) = RESTE(2,10)] VRAI.
Grâce à E16 et à la transitivité de « = », on obtient bien E18.
 
La puissance de l’approche formelle réside dans cette récursivité : la démonstration est un énoncé : il fait donc partie du « même univers » que les énoncés sur lesquels il porte. Cela rejoint la fonction métalinguistique du langage (Jakobson). Cela a un prix (Godel).
 
On peut aussi remarquer que cette récursivité est potentiellement infinie.
E100 c’est aussi E101 : « E100 VRAI » et ainsi de suite.
Pour un énoncé VRAI ou FAUX, cette montée dans les niveaux n’a pas d’intérêt ni de conséquence. Mais pour les énoncés indécidables, qu’est-ce que cela peut engendrer ?
 
 
 

par thidgr publié dans : Errements
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Mercredi 19 mars 2008
Vous l’aurez peut être deviné à la lecture des articles précédents, je suis agnostique. Je me reconnais tout à fait dans l’article de wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Agnosticisme.
 
Je n’irais pas jusqu’à jeté au feu les livres de métaphysique ou de théologie, mais cela me semble être une perte de temps. Je considère par exemple que la recherche des solutions de la chasse au trésor « la chouette d’or » est dans la même catégorie. Alors, pourquoi est-ce que j’y perds mon temps ? Parce que c’est le mien d’une part, et aussi parce que qu’en cherchant je me « cultive » (je n’ai pas tranché si cela est ou non une perte de temps). Ecrire un blog est aussi dans la même catégorie. Finalement, vivre par définition c’est perdre son temps.
 
Cet agnosticisme ne s’applique pas uniquement au problème de « Dieu ». En dehors d’un corpus artificiel (comme les mathématiques), je doute que l’on puisse prétendre à la connaissance. Le monde réel (que l’on supposera existant) est trop vaste, trop complexe pour prétendre le connaître. Il se trouve que des systèmes de type « informatique » ont permis autres vivants « d’appréhender le monde ». Cela culmine par le corpus de savoir accumulé par l’Humanité : le monde n’est pas totalement inintelligible. Ce succès ne doit pas grisé : nous n’avons fait qu’effleurer la question.
 
Sur ce sujet, il importe aussi de s’interroger sur le moyen de la connaissance. Mes définitions sont les suivantes. La connaissance doit être accessible à la « pensée rationnelle » : cela signifie entre autre que la connaissance doit pouvoir s’exprimer. Mais, la « pensée rationnelle » est loin d’être le seul moyen psychique dont nous disposons : il y a les sentiments, les émotions, les intuitions, ... En pratique, la pensée rationnelle intervient peu. Une définition précise de ces concepts reste à faire. Ils produisent par exemple les croyances. Le fait que les croyances ressemblent à des savoirs peut générer de la confusion. Il est vrai qu’il y a porosité entre les 2 ensembles. Finalement, un savoir c’est une croyance qui a fait ses preuves. Psychiquement, les choses sont inverses : les croyances sont bien plus intimement intégrées que les savoirs.

par thidgr publié dans : Errements
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Lundi 17 mars 2008
Concernant le « climat terrestre », il semble que « tout le monde » puisse s’accorder sur les points suivants :
1 Le climat terrestre est l’ensemble des climats locaux.
2 Le climat terrestre est intrinsèquement variable.
3 Il existe des variations cycliques de moyen et long terme (siècles, centaine de millier d’années).  Les causes sont astronomiques.
4 Le climat terrestre a été très différent dans le passé lointain (précambrien). La nature de l’atmosphère était différente.
Un cinquième point fait peut être moins consensus :
5 les climats locaux varient fortement naturellement à court terme (an - siècle). Les causes sont multiples et mal connues.
 
La théorie du réchauffement climatique récent apporte les points suivants
A : Le climat terrestre a une existence indépendamment des climats locaux. Le principal indicateur est la température de surface moyenne (calculée selon un protocole spécifique).
B Il existe une tendance très nette actuelle pour l’évolution de ce climat terrestre. Suite à une augmentation du XXème siècle, l’augmentation se poursuit et même s’accélère.
C La cause de ce phénomène est l’augmentation des gaz à effet de serre.
 
Il y a d’autres points complémentaires
αL’augmentation des gaz à effet de serre est provoqué par l’activité humaine
βL’augmentation de température est un phénomène franchement négatif voire catastrophique.
 
Je vais examiner A, B et C mais pas les poins complémentaires..
 
Le point A est loin d’être anecdotique. Localement la notion de climat a un sens : cela se traduit par des courbes de variations annuelles moyennes de certaines grandeur (température, précipitation, ensoleillement, vent). On peut encadrer ces valeurs par des minimales et maximales. On peut compter le nombre annuel de certains phénomènes météorologique. Bref, tout cela donne une indication sur le temps auquel il faut s’attendre à une date donnée à cet endroit.
Il semble clair que cela n’a pas de sens au niveau global. La température moyenne globale est « constante » au fil de l’année, de même pour les précipitations. La notion de climat global est donc de nature différente de la notion usuelle de climat. Il vaudrait mieux utiliser un autre mot.
Si l’on considère la grandeur « phare » : la température moyenne, on peut s’interroger sur sa signification. En premier lieu, pour des raisons pratiques, cette température moyenne est une moyenne de température mesurée à certains points du globe. Les mesures sont retraitées pour tout ramener à l’altitude 0. C’est donc largement une abstraction. Elle est assez éloignée de la température moyenne de la masse d’air compris entre 0 et 2 m sur toute la surface terrestre (concept étrange et de toute façon non mesurable). Pour revenir à du « physique », on peut vouloir une indication sur « l’état de chaleur » « à la surface terrestre ». Cela fait référence à l’énergie calorifique présent dans cette zone (surtout la variation). Les paramètres sont : la capacité calorifique du « bout de matière », la température de ce bout de matière, l’état de ce bout de matière et les chaleurs latentes de changement d’état. Par exemple, si beaucoup de glace a fondu, la chaleur latente de fusion entraîne une augmentation de l’énergie calorifique du système. Il reste à définir de quel système on parle. Il semble clair que cela ne se borne pas au 2 premiers mètres de l’atmosphère. Il y a toute la troposphère (étant donné sa faible masse, on peut aussi compter le reste de l’atmosphère). Il y a aussi toute l’eau circulante (lac, rivière,…). Il y a au moins la partie supérieure des océans (jusqu’à quelle profondeur ?). Il y a aussi une partie des glaciers (la partie qui « varie » soit en température soit en état). Il y aussi une fraction de la surface solide terrestre (là aussi, celle qui varie). Y-a-t-il corrélation entre la variation de l’énergie calorifique de ce système et la variation de température de surface de l’atmosphère ? Peut être que non. Quite à simplifier et étant donné les masses en jeu, il vaudrait mieux utiliser la variation de température « moyenne » des océans.
 
Le « rejet de A » suffit en théorie. Mais examinons la suite en considérant la « température moyenne du globe ». La tendance affirmée en B est très discutable.  Le XXème siècle n’a pas été une augmentation linéaire. Les dernières années ne montrent pas d’accélération mais plutôt un « plateau ». Qui plus est, les chiffres semblent suspects (cf l’affaire des années 30 aux USA). Existe-t-il une tendance exceptionnelle sur cet indicateur là (la température moyenne de surface de l’atmosphère) ? Cela est douteux. Pour lever le doute, il faudrait d’abord une transparence sur l’origine des données. Il faudrait ensuite une analyse statistique sur la probabilité d’une telle variation. En regard du point A, la proposition prendrait beaucoup plus de force si c’était la température moyenne des océans dont il était question.
 
Pour le point C, les traces historiques indiquent (prouvent) que l’augmentation de CO2 suit l’augmentation de « température ». L’explication existe : c’est le fait que l’eau « chaude » absorbe moins de CO2 que « l’eau froide ». La description théorique de « l’effet de serre » est largement déficiente. La climatologie est une science dans l’enfance : elle n’est pas en état d’éclairer le problème. S’il n’y avait ce battage médiatique et cette crédulité répandue, tout cela en serait risible.

 

par thidgr publié dans : Errements
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Jeudi 13 mars 2008
Il n’y a pas UN complot mais des manipulations multiples pour défendre des intérêts particuliers. Ces manipulations utilisent notamment la déformation de l’information.
 
La conséquence de cette croyance est que je réfute l’idée d’une vérité « bien évidente » qui serait « naturellement » partagée par tous.
par thidgr publié dans : Errements
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Lundi 10 mars 2008
Il ne s’agit pas de dire que je ne suis pas fan de X ou Y, mais de dire que je ne suis fan de personne.
Je reconnais tout à fait que certaines personnes dans certaines actions sont très très fortes. Cela concerne le monde de l’art, le sport, la politique, le travail, la science, l’artisanat etc… C’est plus ou moins médiatisé. Ainsi la reprise de volée de Zidane dans telle match sera vue par des millions de téléspectateurs. Par contre, la virtuosité du pizzaïolo pour former sa pizza ne sera remarquée que par quelques personnes dans le restaurant. L’un est une star qui gagne des millions et l’autre un employé au salaire proche du smic.
Je choisis exprès deux exemples qui semblent aussi éloignés. En effet, je crois que dans les 2 cas, il y a un point commun : l’approche de la perfection dans «le geste ». On peut généraliser encore un peu en estimant qu’il y a des gens qui approchent la perfection dans leur « projet ». Il ne s’agit pas toujours d’une action, il peut s’agir d’un discours, d’une idée, d’une organisation…
C’est vrai que cette quasi perfection donne l’idée du divin.
 
Ceci étant dit, il ne faut pas déplacer le constat. Ce n’est pas parce que Zidane a fait un geste merveilleux dans tel match, qu’il a été parfait dans tout le match et plus encore qu’il a toujours joué à la perfection. Bien sûr que l’on a envie qu’il recommence. Mais pourquoi attacher cette envie à une personne en particulier. On a toujours envie de ces « merveilles » : peu importe qui les produit. Constater un « événement exceptionnel » ne devrait pas impliquer un « pouvoir » exceptionnel à son acteur.
 
Parmi les déviations attachées au star système, il y a pire. Nous avons donc un « personnage » capable (parfois) de prouesses. La première exagération est de le penser toujours capable de prouesse dans sa « discipline ». La suite, c’est de considérer que toute sa vie (sa famille, ses relations, ses choix, sa façon de s’habiller, ce qu’il dit,…) est « génial ». Par exemple, il est irritant d’entendre interviewer un sportif sur des questions politiques. Non pas qu’il n’ait pas droit à son opinion mais justement parce que c’est une opinion comme une autre qui n’est pas présentée comme telle.
 
Bon, ce n’est pas cette petite égratignure qui abolira le star système. Il y a plein de raisons qui lui assure existence et développement. C’est l’une des calamités de l’humanité.

par thidgr publié dans : Errements
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