Mercredi 2 janvier 2008
Le décalage entre le temps de l’action et celui du jugement mérite réflexion. Cela se traduit par plusieurs situations types.
Un personne (militaire, policier, pompier, médecin, marin, pilote, sportif, …) est dans le feu de l’action. Il doit agit tout de suite. Et parfois, paf, cela s’avère être une
erreur. Il se peut que l’erreur provienne de la décision ou de la réalisation. C’est surtout le premier cas que je veux évoquer. Alors, quelques temps après « l’incident », des gens
(des juges) reprennent le scénario et se demandent « pourquoi avez-vous pris telle décision ? » Et évidemment, celui qui a (mal) agit est fautif. Il sera éventuellement,
hué, licencié, emprisonné, tué,… C’est un « moins que rien ». D’ailleurs, peut être est-il déjà mort dans « l’incident ». Je constate que cela n’est pas fair-play. Il y a un
anachronisme. C’est une chose de connaître « ce qu’il aurait fallu faire » (ou plus restrictivement, ce qu’il n’aurait pas fallu faire), après coup, en ayant « toutes » les
informations, sans stress, en sécurité, confortablement et en ayant le temps de décider. C’est profondément différent de la décision dans « l’action » [la critique est aisé mais l’art
est difficile, seul celui qui ne fait rien ne se trompe jamais]. Donc agir est risqué. Si maintenant, je mets en regard les avantages apportées par le fait d’agir, il apparaît un
déséquilibre : les avantages contrebalancent peu le risque. Il n’est pas étonnant que l’évitement des responsabilités soit une pratique courante.
Une autre situation de « décalage » existe. Si « l’homme d’action » fait (ou dit) 1000 choses et si 1 apparaît comme une erreur. Il est courant de braquer
les projecteurs sur cet échec. Tel que je le présente, on voit bien que ce n’est qu’un échec relatif (1 pour 1000), mais cela n’apparaît pas si clairement (les 999 succès ou pseudo succès sont
occultés, ils peuvent être difficile à mettre à jour, on peut les considérer comme « normaux » tout comme les trains qui arrivent à l’heure).
Dans le même ordre d’idée que cette seconde situation, il y a le cas des « raisonnements ». Ou plutôt, il s’agit de l’ensemble des idées, pratiques, informations d’un
domaine donnée : le corpus de domaine. Il arrive que certains critiques extraient de ce corpus (parfois en rajoutant des informations complémentaires) des éléments qu’ils présentent de telle
manière qu’il est « bien évident » que leur conclusion est bonne (et qu’il faut faire ceci ou cela). En corollaire, le décideur est vraiment stupide de ne pas y avoir penser et il
faut donc changer de décideur. Ce type de situation se trouve par exemple dans les journaux « satiriques ». Evidemment, le ricaneur laissera dans l’ombre les avantages ou autres
considérations qui avaient fait peser la balance dans l’autre sens.
Temps de réaction, informations disponibles, taux d’erreur, focalisation sur un point. Voilà au moins 4 facteurs qui différencient le décideur en « action » et le
critique « en fauteuil ».
par thidgr
publié dans :
Errements
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