Jeudi 31 janvier 2008
On entend souvent l’expression « le tout est plus que la somme des parties ». Son domaine d’application n’est sans doute pas universel. Il y a aussi des cas coût le tout est moins que la somme des parties. Ce constat est loin d’être neutre : c’est le caractère additif de la grandeur en cause qui ne fonctionne plus. Pourtant ce caractère additif est « intuitif ».
 
Un exemple : le bilan d’une entreprise. Une entreprise présente un certain nombre d’actif. Le bilan s’équilibre en mettant en face un « passif ». Parmi le passif il y a les dettes mais surtout le capital. Dans le bilan, c’est le capital comptable qui provient de l’histoire de l’entreprise et dont la valeur est telle qu’elle équilibre ce bilan.
Pour peu que l’entreprise soit cotée, il y a un cours de l’action et l’on peut calculer une capitalisation boursière de l’entreprise. On emploi 2 mots parce que les résultats sont toujours différents : parfois dans de très grandes proportions. Pourtant, ces 2 concepts (capital comptable ou capitalisation boursière) mesurent tous les 2 la valeur de l’entreprise.
 
On peut aussi imaginer une liquidation de l’entreprise. Cela consiste à « vendre » tous les actifs et à régler toutes les dettes. Ce qui reste c’est la « valeur liquidative » de l’entreprise. En pratique, quand on fait cela, cette valeur est à 0 et toutes les dettes ne sont pas remboursées. Même si on le faisait sur une entreprise « saine », on peut parier que cette valeur liquidative serait bien inférieure aux 2 autres (c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle on ne le fait pas).
 
3 valeurs pour mesurer « ce que vaut l’entreprise » et 3 valeurs différentes. C’est bien le caractère additif de ces valeurs qui est en jeu. Lorsque dans le bilan on ajoute le capital aux dettes c’est dénué de sens. Lorsque l’on multiplie le cours de bourse par le nombre d’action aussi (en cas d’OPA, pour se « payer l’entreprise » il faut être prêt à payer plus cher, en cas d’augmentation de capital, les nouvelles actions sont « moins chères »).
 
Seule la liquidation est véritablement « opérationnelle ». Mais on ne la pratique jamais.

par thidgr publié dans : Economie
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Mercredi 30 janvier 2008
Une épidémie de « gastro entérite » a sévit en France vers la fin 2007. J’ai entendu qu’elle avait frappée un million de personne. Je veux bien le croire d’après mes constats sur mon entourage.
 
Il est assez probable que cela a engendré des décès.
 
Par simple ratio, puisqu’il y a environ 500 000 décès par an pour 60 millions de personnes, pour une maladie qui touche 1 million pendant 2 jours, le nombre de décès « moyen » est déjà de 500 000 * 2/ (60 *365) = 46.
 
Mais il est assez probable que le fait d’être atteint a engendré une « surmortalité ». Je ne saurais dire combien (quelques unités, quelques dizaines, quelques centaines, quelques milliers ?).
 
Cela n’est pas donné dans les « informations ». On peut rajouter que ces épidémies semblent annuelles. Si l’on compare par rapport au battage qu’il y a eu sur « la vache folle » ou sur « la grippe aviaire » qui ne me semblent pas avoir fait de décès en France, on peut s’interroger sur la hiérarchie de l’information.
par thidgr publié dans : Media
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Mardi 29 janvier 2008

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi les « débats » actuels m’indiffèrent. C’est surtout vrai à la télévision, mais cela reste valable à la radio, dans une « salle ». Que le débat soit « temps réels » ou étalé sur plusieurs semaines (comme une campagne électorale). Il y a peut être une exception : la page « Pour/contre » qui apparaît parfois dans le monde.
 
J’ai écrit « m’indiffèrent ». A la vérité, c’est plutôt de l’irritation. Ces débats sont cacophoniques, ils n’éclairent pas et engendre de la confusion. Ces débats posent généralement mal le problème. L’argumentation n’a généralement pas le temps de se développer, on « papillonne ». Les rares amorces d’argumentation sont bancales. Souvent, c’est plus une mise à mort qu’un combat égal. Bref, il y a débat. Parfois on peut le qualifier de débat intellectuel. Mais la logique est absente : nous sommes dans l’irrationnel. En pratique, les communiquants ont compris depuis longtemps que l’émotion est bien plus puissante que la raison.
 
Cette situation est encore malheureusement valable sur internet (forum, chat, commentaires de blog).
 
On songe au mythe des débats du siècle des lumières. Ils sont présentés comme équilibrés, rationnels, policés. J’ai des doutes sur la réalité de cette histoire. J’imagine que des intérêts particuliers devaient entrer en ligne de compte. Je constate la puissance de l’ironie pour « tuer » l’adversaire : or l’ironie n’est pas particulièrement une démarche rationnelle et posée.
 
Au final un débat « idéal » semble utopique. Sans doute que la difficulté vient déjà de l’idée de débat. Le débat c’est presque un combat. Pourquoi tous les coups ne seraient-ils pas permis ? Qui peut faire l’arbitre ? Qui fixe les règles ? Le débat c’est aussi une confrontation, une opposition : il s’agit d’une opposition de thèses. On peut supposer qu’il y en a que deux « en lice ». Et bien une difficulté est que généralement les 2 thèses ne sont pas généralement pas des oppositions logiques (« A » et « non A »). Parfois, le « médiateur » force la simplification « pour ou contre l’Europe » (et non pas eurpe de type A, de type B, …) pour ramener le débat à une opposition logique. Ce faisant, il dénature la thèse d’au moins un débateur, bref il fausse le débat.
 
Si écarte le coté « guerrier » de la confrontation, on peut par exemple imaginer un débat « intérieur » : on joue donc 3 rôles : le débateur 1, le débateur 2 et l’arbitre. On a le plan classique des dissertations « thèse, antithèse, synthèse ». C’est une démarche scolaire qu’il est difficile d’appliquer couramment. Il est impossible de jouer les rôles en même temps, cela ne peut être que successivement. L’examen des 2 thèses apporte argumentation, données (exemples, chiffrages), « raisons » (causes, contraintes, apports). Dit autrement, cela s’apparente à une démonstration : les hypothèses (les raisons + les données), la démonstration (l’argumentation) et la conclusion (la thèse). Si la démonstration est valide et si l’on partage les hypothèses alors on doit admettre la conclusion. Lorsque l’on passe en revue les hypothèses, il y en a de plutôt factuelles (les exemples, les chiffrages, les contraintes, les causes) que l’on peut vérifier et des hypothèses subjectives (les motivations, les « valeurs », les objectifs).
 
Si l’on transpose un tel débat intérieur sur la place publique, pour être efficace, il faudrait donc retrouver tout cela pour chaque thèse:
-          Des hypothèses factuelles vérifiables.
-          Des hypothèses subjectives explicites.
-          Une démonstration valide.
-          Une thèse complètement formulée qui apparaît comme le produit de la démonstration.
 
Alors, tout un chacun pourrait mener sa synthèse. Qui a envie de s’ennuyer avec tout cela ? On préfère généralement le combat dans l’arène : si possible dopé à l’émotion.
par thidgr publié dans : Errements
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Lundi 28 janvier 2008
En ce moment, des informations font état du fait que « l’Europe »  réussit à obtenir les objectifs du protocole de Kyoto et à réduire son CO2.
 
De mémoire, « Kyoto » c’est une réduction par rapport à 1990. Comme j’ai vécu en France pendant tout ce temps et que je n’ai rien vu de notable en la matière, je suis intrigué. Je me suis donc lancé dans la vérification de cette « affirmation médiatique ».
 
Par où commencer ?
Il indique que l’évolution est entre 1990 et 2012. D’autre part l’objectif pour l’Union européenne (les 15 d’alors) est de -8%. La répartition des objectifs par pays est inégale.
Dans wikipedia, on trouve aussi 2 tableaux (émission de CO2 par pays et par émission/hab par pays). C’est assez éclairant sur le caractère « vertueux » de certains.
 
Agence de l’environnement européen
Annual European Community greenhouse gas inventory 1990-2005 and inventory report 2007
Il apparaît plusieurs éléments.
Tout d’abord la base est l’Europe des 15 (baisse de 1,5 entre 1990 et 2005). Pour l’Europe des 27, la baisse est plus spectaculaire (-7,9%). Cela est dû à ce qui est arrivé à ces « pays de l’est ». D’une part leur utilisation de l’énergie était inefficace, et d’autre part ils on subit une restructuration « de cheval ». C’est aussi l’une des raisons qui fait que l’Allemagne (qui inclut l’Allemagne de l’est) présente une baisse importante (on le voit aussi parce que la baisse à lieu au début des années 90 au moment où l’Allemagne « digère » la réunification). Nous n’avons donc à considérer que l’Europe des 15.
 
Ensuite, il apparaît clairement que la baisse à lieu au début des années 90 (jusqu’à 94). Depuis, cela oscille. Nous avons donc réussi à stabiliser l’augmentation. La situation en 2005 laisse peu d’espoir que l’objectif de -8% sera atteint (sans manipulation particulière) en 2012.
 
La situation de la France est à -0,5% pour un objectif de 0% (on avait bien négocié). Cela correspond à ma perception.
 
Le calcul des émissions des équivalents de CO2 est compliqué du fait des gaz complémentaires (CH4, N2O, HFC, PFC, SF6). Le tableau ES3 pour le CO2 montre que l’UE15 est passé de 3135 à 3164 « Tg ». C'est-à-dire une légère augmentation. Ce sont les autres émissions (plutôt non énergétique) qui ont permis la réduction.
A noter l’apparition du sigle LULUCF (land use and land use change and forestry). Cela reste assez mystérieux.
 
En conséquence :
-          L’UE15 n’a pas amorcé la transition énergétique
-          L’atteinte des objectifs de Kyoto ne sera possible que par le biais des «achats de crédit d’émission » prévus dans le protocole.
-          On est plutôt dans l’échec et on fait croire que c’est un succès.
-          Malgré cet échec, on force la dose pour 2020.

 

par thidgr publié dans : Considérations politiques
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Dimanche 27 janvier 2008
Il y a environ 2 ans, le pétrole était à 25 dollars le baril, l’euro à 0,95 dollars et le gasoil à 0,95 euro le litre (en France). « Actuellement », le pétrole est à 90 dollars le baril, l’euro à 1,45 dollars et le gasoil à 1,15 euro le litre. Le pétrole a donc augmenté de 260 % (x3,6), l’euro de 52% et le gasoil de 21%.
Le pétrole en euro est passé de 26,3 à 62 euros le baril soit 135 % d’augmentation. Si le prix du gasoil n’a pas suivi, c’est à cause de / grâce à la TIPP.
On peut modéliser le prix du gasoil comme un fonction polynôme de premier degré du prix du pétrole.
Pgasoil = Pfixe + P(pétrole) = Pfixe + K x P pétrole
D’où l’on tire un système de 2 équations à 2 inconnus.
0,95 = Pf + 26,3 K
1,15 = Pf + 62 K
K = (1,15-0,95)/ (62-26,3) = 0,0056
Pf = 0,95 – 26,3 * 0,0056 = 0,80
 
C’est parce que le prix du gasoil comporte une part fixe de 80 centimes par litre que l’automobilisme ne subit qu’une hausse modéré. Ce coût fixe c’est la TIPP + la TVA sur la TIPP + coûts fixes du « circuit pétrolier ». La partie fiscale (TIPP + TVA sur TIPP) compte pour environ 54 centimes de ces 80 centimes. Ce n’est pas vrai pour tout le monde. Les pêcheurs par exemple ne « bénéficie » pas de ce niveau de matraquage et ils ont encaissés plus directement la hausse du pétrole. Dans d’autres pays (aux USA par exemple) le prix à la pompe est aussi plus corrélé au prix du pétrole.
 
Récapitulons. Le pétrole à fait x 3,6, grâce au x 1,52 de l’euro, le pétrole en euro n’a fait que x2,35. Le prix à la pompe n’a fait que x 1,21 grâce à la TIPP qui a donc joué comme un diviseur (1,94). Et on ne dit pas merci la TIPP ?
 
Sans TIPP, le gasoil serait à environ 35 centimes le litre. Mais c’est une écotaxe. C’est bon pour la planète.
 
Remarque : c’est ici un calcul de coin de tableur qui donne un ordre de grandeur. En pratique, les arcanes de la fiscalité sont plus compliqués (c’est vrai quoi, il ne faudrait tout de même pas que le contribuable puisse comprendre). Il y a la TIPP flottante, les fluctuations régionales. De plus, les prix ne sont que « moyens ».
 
http://www.industrie.gouv.fr/cgi-bin/industrie/f_nrj023.pl?bandeau=/energie/petrole/be_petro.htm&gauche=/energie/petrole/me_petr.htm&droite=/energie/petrole/textes/se_fiscalite.htm

par thidgr publié dans : Economie
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