Dans la définition du concept de science que j’ai tenté, j’ai évoqué que la science n’est pas nécessairement utile.
La notion d’utilité et la notion de science sont deux « paramètres libres ». La science est « gratuite ».
Ceci dit, la pratique de la science s’inscrit dans un contexte économique.
Mis à part quelques rares recherches bénévoles (soit dit en passant, cela a été celle d’une bonne partie de l’Histoire : Archimède, Vinci,
Newton, Lavoisier, Mendel), il se pose le problème du financement. Pire, le coût est devenu au fil du temps de plus en plus important.
Ces coûts ce sont les salaires des « acteurs de la science » mais aussi et surtout de tous les besoins complémentaires (les
observations et expériences notamment et le matériel nécessaire).
En conséquence, il faut bien un financement. La motivation de ce financement est de 3 sortes : le mécénat, l’espoir de retour sur
investissement et/ou l’entretien d’un activité à « haute valeur ajoutée ».
Le mécénat suppose un investissement à fond perdu sur le plan financier. Par contre, il peut y avoir des retours en terme de
« gloire ». La France par exemple se glorifie périodiquement des ses « savants » et de ses découvertes scientifiques.
Il est clair que cette motivation implique une « visibilité » des découvertes. L’étude de la sociologie des fourmis de Patagonie par
exemple a peu de poids face à des résultats concernant le SIDA.
L’importance de cette visibilité peut d’ailleurs conduire à dépenser plus en « communication » qu’en recherche proprement dit.
Enfin, il est toujours possible de s’arranger un peu avec la vérité dans la communication : ce n’est plus de la science. La NASA par
exemple est très forte dans cela (les météorite martiennes qui abritent des bactéries par exemple).
Ce mécénat se décline de façon légèrement différente dans les ouvrages de vulgarisation scientifique. La vulgarisation est un sous–produit de la
science qui peut être valorisé. Cette valorisation sera d’autant plus importante qu’elle aura un grand succès public (et non selon qu’elle soit véridique ou fidèle).
L’espoir de retour sur investissement pour de la science proprement dite est délicat. Elle s’applique plutôt à des actions composites dites de
« recherche appliquée » (par opposition à de la recherche « pure »). Il y a de la science la dedans mais il n’y a pas « que » de la science.
Le biais ici c’est la rentabilité de la « découverte ». Par exemple, on voit le phénomène à l’œuvre sur les « maladies
orphelines » qui n’intéressent pas les laboratoires pharmaceutiques.
L’entretien d’une activité a « haute valeur ajoutée » c’est une sorte d’intervention keynésienne. A la limite peut importe que la
science trouve ou non. En finançant ces activités, on fait vivre toute une population de « haut niveau intellectuel ». Accessoirement, cela permet à des sous-traités de haut niveau
technologique de « vivre ». Tous ces gens consomment et paient leurs impôts. D’une point de vue de la collectivité, il vaut mieux avoir financé tout cela que de ne rien avoir
fait.
La science n’est pas la seule activité de ce type : c’est aussi le cas des activités artistiques et sportives. Cette situation existe de
façon importante aux états unis d’Amérique.
Puisque le résultat importe peu, c’est peut être la motivation de financement la moins contraignante. Mais en pratique, ce sont les lobbies des
« sous-traitants » qui comptent. En effet, il sera d’autant plus facile de décrire et justifier une dépense que celle-ci sera cadré par une offre « clé en main ». « J’ai
un gros laboratoire d’analyse isotopique, donner moi donc des analyses à faire ».
Malgré tout, à travers tous ces écueils, il est possible de glisser un peu de science.
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