Mardi 18 juillet 2006

La notion d’existence ne va pas de soi. Amettons là et disons qu'elle caractérise ce qui « appartient au réel ». Par hypothèse, il existe moi (un observateur), des êtres humains (d’autres observateurs) et le « monde réel ». Les autres êtres humains sont (semblent être) des observateurs analogues à moi mais distincts de moi et distincts entre eux. Le monde « réel » est unique pour tous les observateurs. Les observateurs (dont moi) sont plongés (au sens d’espace à environ 3 dimensions) dans ce monde : ils en font partie. Le monde réel est positionné dans le temps.  
Il semble "raisonnable" de faire ces suppositions. Il semble impossible des les démontrer.

 

Les observateurs.

Le propre de l’observateur c’est d’être un système cognitif. Il possède des fonctions de traitement de l’information et de la connaissance : perception, traitement, conscience, action/réaction.  Les observateurs sont dans le monde, ce ne sont pas des fantômes : ils agissent sur le monde.

La perception utilise les sens. Pour les être humains, il s’agit de 5 sens :

-         Vue : la vue permet de percevoir une portion du spectre de la lumière. La lumière est un phénomène du monde réel.

-         Ouïe : l’ouïe permet de percevoir une portion des fréquences des ondes sonores (phénomène du monde réel).

-         Odorat/goût : ils permettent de percevoir des caractéristiques chimiques présents dans l’air ou les substances « avalées ». Toutes les substances ne sont pas perçus, certaines ne sont pas différentiées, les quantités nécessaires sont variables.

-         Toucher (ensemble du corps). Nécessite un contact local et permet de « mesurer » des grandeurs physiques : température, pression, coefficient thermique de surface, « rugosité », électrostatique… A noter que le toucher permet de trouver une limite entre l’intérieur et l’extérieur (la peau).

-         Equilibre, accélération (oreille interne). Sensible aux accélérations (et aux champs de pesanteur).


On admettra qu’il n’existe pas d’autre sens. Par exemple, les êtres humains ne possèdent pas de sens permettant de sentir le champ magnétique ou électrique (certains oiseaux ont ce sens). Les sourciers qui détecteraient la présence d’eau n’ont pas un sens spécial. Ces sens ne sont pas « objectifs », ils projettent de façon plus ou moins déformé des mesures du monde réel dans le système cognitif de l’observateur. Ces capteurs sont « imparfaits ». L’observateur peut s’entraîner à améliorer la performance de mesure.

Le traitement de l’information est de nature informatique. Elle suppose notamment l’existence d’une mémoire interne au système. Ce traitement et cette mémoire n’ont pas une fiabilité totale.

La conscience est au coeur de ce qui fait l’observateur humain. A Approfondir.

Les actions ou réaction sont les influx nerveux de commande des muscles (du squelette, du visage). A des fins de simplification, on pourra considérer comme extérieur à l’observateur tous les processus de type arc réflexe (les poils qui se redressent). 

 

Le monde

Il apparaît que le monde n’est pas complètement incohérent. Il y a des lois. On a vu que la perception évoque l’existence de phénomènes du monde réel : lumière, onde sonore, saveur  des composés chimiques », température, pression, électricité, propagation de chaleur, aspect de surface, accélération. Il en existe d’autre qui ne sont pas perceptibles pour une raison ou une autre (infrarouge, UV, ultrason, extrême chaleur, radioactivité,…).

La définition de ces « concepts » ne va pas de soi. Rien n’impose a priori d’obtenir  la définition scientifique actuelle sur ces sujets. L’identification de ces concepts (un à un) ne s’impose pas non plus. Ce qui s’impose c’est l’existence de phénomènes.  L’identification donnée relève du modèle de description. Les modèles de descriptions n’existent pas, ils sont le fruit du processus d’élaboration collective de l’ensemble des observateurs humains au fil de l’Histoire. C’est un construction humaine. Des extra terrestres pourraient utiliser un modèle de description de notre univers complètement différent.

Dans la présentation du monde réel, il a été précisé un autre concept : le temps. C’est grâce à lui que la notion de mémoire a un sens. La mémoire c’est une parcelle d’information (directe ou interprétée) d'un "autre temps". Le nombre de dimension du temps apparaît comme étant 1. La grandeur « temps » apparaît comme continu (au sens mathématique). D’autre part le temps apparaît comme orienté (la flèche du temps). Les observateurs humains apparaissent comme synchronisés (ils sont dans le même temps). Cette remarque de bon sens est légèrement perturbée (mais non infirmée) lorsqu'on pratique une conversion par liaison satellite. Ce sont là des caractéristiques apparentes du temps (découlant d’une recherche de cohérence au sein du système cognitif de moi). A ce sujet, soit ces caractéristiques sont prises comme hypothèse, soit il faut chercher des alternatives ; par contre il semble exclu d’envisager une « démonstration » de ces caractéristiques.

La séparation de 2 ensembles suivants s’impose : E1 = La « chose » à l’intérieur de ma peau et E2 = La « chose » extérieur à ma peau. C’est la perception du toucher qui permet cette séparation. On fait le constat (premier résultat d’expérience) que les « choses à l’intérieur des observateurs » sont disjoints pour 2 observateurs distincts. Cela n’allait pas de soi. Il apparaît là 4 concepts : l’espace (ou étendue), la matière, le positionnement de la matière dans l’espace, la possibilité de se déplacer (changer de position selon les temps). Ces concepts ne sont pas obligatoires. Toutefois, la description du monde réel sans ces concepts est pour le moins malaisé. ESSAYER 


Dans ce cadre, E1 est la matière dont je suis constitué, E2 c’est la matière du reste du monde réel. C’est le sens du toucher qui est le premier révélateur. Par des expériences simples, je peux constater que cette matière existent sous des phases différentes (solide, liquide, gaz). La matière solide ne subit pas de déformation par des déplacement. Cela me conduit à admettre que l’espace est plutôt un espace euclidien (continu) à 3 dimensions. Cela vient de la recherche de corrélation concernant les phénomènes du monde réel et les différentes sources d’information.


Enfin, dans ce monde, il se passe des événements. Un nombre gigantesque d’événements dont je ne perçois qu’une infime fraction. (l’extrapolation de ce que je perçois découle des hypothèses d’homogénéité des observateurs : une autre hypothèse « autistique » serait de supposer qu’il ne se passe rien en dehors de ce que je perçois).

 

Système cognitif.

Les inputs sont l’ensemble des perceptions. Même si les événements perçus sont une faible fraction de l’ensemble des événements, ils restent en nombre important. Un seul « coup d’œil » c’est déjà quelques magaoctets !


En théorie, le système cognitif pourrait tout mémoriser. En pratique, les flux sont traités et interprétés très tôt et c’est seulement une partie de ces interprétations qui est mémorisée. La mémorisation n’est pas éternelle, elle subit des suppressions ou des altérations.


De point de vue d’un système informatique, ce constat pose des questions. Comment se passe cette interprétation ? Quelles sont les algorithmes ? Que faire de cette information mémorisée (les interprétations de perception d’événement) ? Comment structurer cette base de donnée, pour la rendre exploitable ? Par rapport à un système informatique classique, la différence est qu’il n’y pas « d’humain utilisateur » du système. 


Le substrat du système cognitif est le cerveau. Les principes de base de fonctionnement du cerveau commencent à être connus (neurones, synapses, influx nerveux, neuromédiateurs ;…). Cela conduit à une contrainte physique de fonctionnement. L’un des modèles est par exempel celui « Mc culloch et Pitt ». Toutefois, ce substrat impose uniquement les contraintes de fonctionnement (ce que peut faire ou non le système), il n’indique rien concernant son orientation (sa finalité, son objectif). Le système cognitif évolue en tenant compte des inputs et des règles de fonctionnement. Nous n’avons pas encore examiné ce qu’il cherche à faire.


Imaginons la description du système. L’état du système est un point dans un espace de phase de dimension importante (plusieurs milliards = de l’ordre du nombre de neurones). Ce point est contraint de se déplacer du fait du substrat sur une « surface » de cet espace. Cette surface n’est pa nécessairement lisse mais peut être fractale. Il existe une grandeur à minimiser (une énergie) et ce point « dévale la pente d’énergie le long de cette surface. C’est un modèle descriptif de l’évolution du système cognitif : il est correct, mais inexploitable. Il ne fait pas appel à une « volonté extérieure » (cela serait la minimisation de l’énergie). On peut se demander si le minimum ne porte que sur une seul grandeur, et surtout la signification de cette grandeur.

Une autre approche pour la description du fonctionnement du système cognitif est plus « fonctionnelle ». Ce que cherche à faire le système cognitif avec ces inputs se traduit pas 2 aspects : fournir des réactions (output) appropriées et harmoniser son fonctionnement interne. Cette formulation est assez vague pour être juste. Pour approfondir, il faudrait répondre à des questions.Qu’est-ce qu’une réaction appropriée ? Comment le système « sait-il » que la réaction est appropriée ? Comment se traduit l’harmonisation du fonctionnement interne ? Les deux premières questions touchent au Bien, au Beau, au Juste, à l’adaptation. La troisième question aborde la question de la cohérence du système (à sa stabilité).

par thidgr publié dans : Errements
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Mardi 11 juillet 2006

Comment travailler à plusieurs  en dehors d’un approche structurée (organisée de façon Tayloriste)  et sur des sujets « intellectuels » ?

On sait qu’il y a les réunions de brain stroming. Celles-ci permettent de débrider la créativité de chacun et finalement de faire émerger rapidement beaucoup de choses (des trucs intéressant s comme des scories). On ne peut pas faire que du « remue méninges ».

Supposons un travail intellectuel : analyse, recherche, clarification d’un thème… Supposons que l’on veuille effectuer ce travail à plusieurs. Supposons enfin, qu’il n’y ait pas de responsable ou de chef clairement défini, ni de coordinateur. Finalement, il n’y a personne pour diviser et répartir les taches (taylorisme). Les différents participants doivent chacun « ajouter leur pierre » à un ensemble.

Pour surprenant que cela puisse paraître, cette situation n’est pas si rare. En fait, j’ai tendance à croire qu’elle est au contraire la plus répandu. Parfois, il n’y a même que 2 personnes. On peut notamment songer aux travaux scolaires « en binôme ».

Il apparaît « évident », que si le nombre de participant est trop important (plus de 10), il y aura énormément de perte en ligne. Une fraction importante des gens ne « fouteront rien ». Est-ce que ce constat d’échec est inéluctable pour un effectif « raisonnable » ?

Un point important est en jeu : pour ce genre de travaux, des activités sont fortement personnalisées. Il s’agit par exemple des acquisitions de connaissance, de classification des thèmes, de la modélisation du sujet, de la structure du plan de communication, de la forme de publication (style) …  

Si 2 acteurs (zélés) s’attaquent à ce travail sans coordination, il est quasiment certains qu’ils développeront leurs activités selon 2 démarches divergentes. On risque d’avoir 2 points de vue hétérogènes. En conséquence, ils font 2 fois le travail et qu’ils ne « s’économise pas ». Pire, lors du rapprochement des travaux, il risque d’y avoir incompréhension, friction. Il y a toutefois une note positive. Aucun point de vue n’est généralement privilégié : ce double travail permet de construire une vue plus riche « stéréoscopiques » du sujet (au prix de plus de complexité).

Imaginons un analyste qui a amorcé un projet en produisant une première liste de thème qui structure son sujet. Il lui faut approfondir. Pour diviser le travail, il souhaiterait qu’une partie de ces thèmes (la moitié) soit traitée par quelqu’un d’autre "comme lui l’aurait fait". A la place de cela, il voit arriver cet "autre" avec une autre liste structurante qui ne correspond pas. Nous avons 2 frustrés.

Pour lever le problème, il faut de la coordination, beaucoup de coordination. Il faut alterner les phases de travail en solo et des phases de rapprochements. Il faut aussi avoir une idée sur ce que l’autre va apporter à la tache commune. Il n’est pas certain que le fait que le travail soit intellectuel change grand-chose à l’affaire. Le maître mot ici est la coordination.

 

Vous pensez que tout cela est évident ?

Lorsque les gens ont l’habitude de travailler ensemble, qu’ils ont développé une culture commune, cette coordination peut devenir transparente : tout ces « réglages » sont sous-entendus. Mais je rencontre dorénavant rarement ce genre de situation.

par thidgr publié dans : Informatique
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Mercredi 5 juillet 2006

L’information structurée permet de créer beaucoup de listes de consultation et des requêtes complexes sur l’ensemble de la base de données. C’est la voie « royale » de l’informatique.

Pourtant ces possibilités se paient. Si les informations sont structurées, le « monde » traité par la base de données est « clos ».

Pour pallier ce problème, certains entassent différents types d’informations dans une même structure : les pauvres ! C’est perdre sur les 2 tableaux.

Il semble probable qu’avec internet et les moteurs de recherche commence l’age d’or des bases à information non structurée.  C’est assez fascinant… Et inquiétant.

par thidgr publié dans : Informatique
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Mardi 4 juillet 2006

Dans une vaste base documentaire, il est souvent irritant de n’avoir qu’un accès local par document. On ne peut que consulter un par un les documents. Et même si on peut en théorie tous les voir, « quelque chose ne va pas ». On a l’impression que la base n’offre qu’une tout petite fenêtre pour voir l’information : « un trou de serrure ». Peut on analyser ce « sentiment »?

 

J’entrevois plusieurs causes :

-          Comment trouver le bon document ?

-          Comment est on sûr que le document trouvé est bien celui que l’on cherchait ?

-          Comment peut on être sûr qu’il n’existe pas d’autres documents qui correspondent à notre recherche (et qui éventuellement remettraient en cause celui que l’on a trouvé) ? Combien y-a-t-il de ces documents ?

-          Comment "pressentir" à l’avance le contenu du document (son type, sa validité, la fraîcheur, ses thèmes, son niveau de détail, …) ?

-          Les documents de la base sont ils tous de même type ou au contraire très hétérogène ?

D’autre considérations sont en œuvre :

-          Pour comprendre un document, on a besoin de son contexte. Il faut pouvoir le situer. Cela porte notamment sur le vocabulaire utilisé.

-          La base est-elle pertinente pour notre recherche ?

Enfin, je voudrais souligner que lorsque l’on recherche de l’information dans une base de document on ne connaît pas précisément ce que l’on cherche. Sinon, on ne chercherait pas ! Cette Lapalissade n’est pas dénuée de conséquences : une recherche est pas nature « floue ». Cela nécessite d’avoir les moyens de faire « une mise au point » : jauger de la pertinence, filtrer, faire évoluer la recherche, déplacer la cible…

Une autre besoin peut aussi exister : celui de construire une requête qui porte sur plusieurs documents (extraction, assemblage, intersection, statistiques,…). Si l’information n’est pas structurée dans la base, ce genre de requête est difficilement automatisable. 

 

Cette analyse a été motivée par le problème de rédaction de spécification fonctionnelle. Au delà des fonctions classique (« interroger X, lister X par Y »,…), qui ne fournissent que des accès ponctuelles, comment lever le malaise évoqué ?

Je dois avouer qu’hormis la multiplication des listes et des critères, je n’ai pas de solution toute faite.

 

 

par thidgr publié dans : Informatique
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