Vendredi 30 novembre 2007
J’ai déjà évoqué les fonctions du langage (Cf Jakobson) comme un obstacle à l’application de la logique au discours courant. Il y a un autre aspect : c’est le second degré. Il
n’est pas facile de faire une recherche sur « second degré » par google. Je ne connais pas d’étude sur ce qu’est le second degré.
Généralement, je suis peu en accord avec « les chiennes de garde ». Mais ce texte contient des éléments « pertinents ». http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=53
« Le second degré doit être signalé »
« Le second degré qui est perçu au premier degré est un échec »
« Plus le public est large plus l’échec est probable ».
Il me semble en effet que la notion de « second degré » est un machin multiforme. En tout état de cause, lorsqu’il sert d’alibi, de justification comme le
« « t’as pas d’humour », c’est qu’il y a entourloupe. Si le « comique » (puisque c’est bien la raison principale du second degré) a besoin de se justifier c’est qu’il a
raté son coup et qu’il n’est pas comique. Bref, il devrait se cacher et ne pas la ramener par un « t’as pas d’humour » qui s’apparente plus à du terrorisme qu’à de la plaisanterie. Il
me revient aussi la phrase de P Desproges « on peut rire de tout mais pas avec tout le monde ».
Revenons à l’aspect « sémantique » d’un discours au second degré. Ce discours D a un sens « premier » (littéral, au pied de la lettre) S1D. Mais des éléments
doivent signaler "attention second degré". Ce sens n’est pas celui à retenir. Il y a un autre sens S2D qu’il faut déduire. On s’apparente à un jeu de devinette. Le problème est que l’obtention de
S2D n’est pas nécessairement unique.
La raison principale de faire du second degré est l’humour. Est-ce la seule ?
Dans l’histoire, on a vu souvent des raisons de « camouflage » : le discours était en quelque sorte « crypté ». Puisque le discours a un sens S1D, c’est
que l’on a affaire un cryptage « superficielle » dont l’art est difficile (il ne s’agit pas des cryptages techniques, "lourds", de type militaire dont les avatars modernes
sont DES et RSA). Souvent, la technique utilise le double sens : on va écrire une louange qui pourra être perçue comme une « pique ».
Une troisième motivation proche du camouflage est le « remplissage ». "Je n’ai rien à dire" mais il faut que je fournisse un papier. Alors, j’écris un discours dont le
sens premier est léger et qui oblige à recherche un autre sens. Mais comme je n’ai rien à dire, ce sens second est ambigu.
Outre humour, camouflage et remplissage, la quatrième raison que j’entrevois est la prudence. On me demande de répondre à une question (oui ou non) et je me débrouille pour
répondre « Oui mais non ». Je ne me mouille pas. Mais je le fais avec art : par exemple, je répond oui au premier degré mais non au second degré.
Il semble malgré tout que l’humour soit le principal générateur de second degré. Si l’humour a sa logique, la Logique est peu applicable à l’humour (le ressort est généralement un
« nonsens britannique », bref un contradiction logique). En fait, la finalité d’un discours humouristique est de faire rire. Il n’a pas de sens donc pas de valeur logique. Il
est drôle ou non mais la question de vrai ou faux ne s’applique pas.
Donc « en théorie », un discours au second degré se signale comme tel. Il est généralement humouristique et hors du champ de la logique. En pratique, la confusion
règne.
Peut il vraiment exister des discours au 3ème degré voire au nième degré ?
par thidgr
publié dans :
Errements
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander



Commentaires