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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 10:04
Dans les batailles intellectuelles, surtout sur le net, il est souvent fait référence aux « experts ». C’est par exemple le cas sur la contreverse du réchauffement climatique. « Le GIEC ne peut pas se tromper puisque ‘il y a des milliers de scientifiques ». A l’inverse, on trouve sur les sites sceptiques des centaines de noms de scientifiques « incrédules ».
Je trouve cela assez étrange.
 
Supposons en effet que cette bataille intellectuelle soit dans le domaine « scientifique ». C'est-à-dire que ce qui est en jeu c’est une assertion qui est vrai ou fausse voire vraie de façon conditionnée. La vérification de la véracité de l’assertion se fait premièrement par le contrôle logique de sa production et surtout par la vérification expérimentale ou constatée (dans le présent ou l’avenir). Dès lors, le poids de l’expertise n’a pas à être prépondérant.
 
Les experts sont des êtres humains. S’il y a bien une chose qui me semble partagée par les êtres humains, c’est la capacité à se tromper. Peut être (encore qu’il faudrait le vérifier) que les experts d’un domaine se trompent moins souvent lorsqu’ils traitent de leur domaine.
 
Le seul moyen de sortir de cette masse d’erreur est l’application d’un processus de correction d’erreur. Ce processus peut être individuel ou collectif, formalisé ou non. De façon individuelle, par exemple on peut chercher à corriger ses fautes d’orthographe : je confesse que je ne l’applique que très superficiellement et je déplore les fautes qui subsistent dans mes articles. Il s’agit en l’occurrence d’un contrôle de forme. Il se trouve que tant les individus que les organisations reconnaissent très rarement leur erreur (envers autrui et envers eux-mêmes). L’erreur est rarement identifiée en tant que tel. Son destin est plutôt de « sombrer dans l’oubli ». Dans le cas où l’erreur est annexe au discours, une nouvelle version de discours corrigé peut être produite : il arrive ainsi que certaines démonstrations comportent des parties erronées mais que l’ensemble reste valable.
 
Malgré tout, pour le domaine scientifique « dur », c’est le « retour à la réalité » qui tranche. Ce retour à la réalité signifie une mesure de la réalité. Il s’agit soit de constater ce « qui se passe naturellement » soit de procéder à une expérience.
 
La prétention du domaine scientifique est d’aller vers LA vérité. C'est-à-dire une vérité unique et non relative à celui qui parle. Cette prétention n’est pas dictatoriale, contrairement aux diverses tentatives totalitaires de l’Histoire. Cela signifie que « n’importe qui » peut vérifier la justesse des assertions produites. S’en remettre aux experts c’est comme s’en remettre au clergé dans les siècles d’obscurantisme religieux.
En conséquence, cette course aux experts n’est pas scientifique.
 
J’ai évoqué ici le domaine « scientifique ». C’est loin d’être le seul domaine où s’exerce l’activité intellectuelle de l’être humain. Si l’on pense au domaine artistique par exemple, la « vérité d’une œuvre d’art » est d’une toute autre nature. Même dans le sport (si tant est qu’il est régit par la glorieuse incertitude du sport), la notion de vérité est particulière.

 

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Published by thidgr - dans Errements
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