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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 15:34

La crise des « subprimes » est l’occasion (une de plus) de lire des articles sur la « folie » de la finance, des ordinateurs, des mathématiciens,…

 

Pour avoir approché ce monde, j’en connais quelques fils directeurs. Je vais ici tenter de simplifier la question.

 

Mis à part les concept d’assurance et de change, les produits financiers se ramènent tous au schéma suivant : « A prête X à B ». C’est l’assemblage de ce schéma qui crée la complexité.

Mais revenons au schéma.

 

Fondamentalement, le X peut être n’importe quoi. Si A le prête, c’est qu’il le détient (au moins momentanément). Il se trouve que dans le cadre financier qui nous intéresse X c’est une valeur « financière » (et souvent une somme d’argent).

En premier lieu on peut s’interroger sur qui rend service à qui dans cette affaire ? Je souligne que A bénéficie d’un service de B : il n’a pas à se soucier de la « garde » de X pendant la durée du prêt. Notamment, il ne craint pas la vol. On peut considérer que c’est ce genre de considération qui amène les particuliers à « mettre leur argent à la banque » alors que cela ne rapporte rien. Mais en pratique le service que B rend à A est négligé ou occulté. Ce qui est mis en avant c’est le service que A rend à B.

 

En effet rien n’oblige A à prêter. En général, tout le monde préfère conserver par devers sois une valeur X plutôt que de la confier à autrui, quelque soit la nature de la valeur X.

Il semble important de noter que X est une valeur : c'est-à-dire quelque chose de « recherché ». Des anti valeurs sont assez rares. Ceux qui les détiennent cherchent généralement à s’en débarrasser discrètement. En pratique, on peut trouver une valeur correspondante comme le « droit à se libérer de ce « déchet » » (la tonne de CO2 en est un exemple).

De même rien n’oblige B à emprunter. Il est demandeur : son besoin est « réel » ou « spéculatif ».

Au final le schéma est bien un service que A rend à B. Ce service mérite rétribution. Cette rétribution c’est l’intérêt du prêt.

 

Et si la valeur X n’est pas financière ? Si X est un bien matériel il peut être abimé, perdu, transformé. Le prêt est donc encore plus risqué que dans le cas d’un bien financier. 

 

Parmi les biens financiers, il y a la monnaie. Il faut bien prendre conscience que ce n’est pas une valeur à extension finie. En théorie on (le système bancaire) peut créer autant de monnaie que l’on veut. En pratique, des contraintes réglementaires limitent cette création. Je ne connais personne (même parmi les libéraux) qui rejette cette limite réglementaire.

 

Un mot sur l’intérêt. Le mode de calcul fait qu’il est proportionnel au montant, il augmente avec la durée. Les intérêts étant de même nature que le bien prêté, le mécanisme des intérêts capitalisés permet de gérer dans une seule formule le phénomène. L’intérêt dépend de la durée. Bref, c’est un mode de calcul (c’est déjà des mathématiques !) très efficace. Comme une grande proportion des gens sont fâchés avec les mathématiques, il y a un rejet dès ce niveau.

 

Ce schéma ne se préoccupe en rien du « pourquoi » du prêt, du niveau de montant du prêt ni de la nature des acteurs A et B. Ce sont des paramètres qui sectorise le marché financier. La tendance est à l’effacement de ces caractères. Dans un cadre purement libéral, ces considérations ne sont en effet de mise.

 

Il faut voir en effet que ce mécanisme est universel. Le nombre d’acteur A et B est très important (6 milliards d’être humains, des milliards d’organismes), le nombre d’occurrence de tels prêts est potentiellement infini. Mis à part des contraintes pratiques, n’importe quel A pourrait négocier avec n’importe quel B partout dans le monde. C’est le marché financier.

 

Les valeurs financières étant dématérialisées, elles se déplacent à la vitesse de l’information. Ce marché est donc le plus fluide qui soit (mis à part quelques contraintes techniques, réglementaire ou de décalage horaire). Il existe donc peu de « zones de déséquilibres ». Le « prix » du service est donc la valeur « attracteur » du système. On peut définir les grands paramètres de cette valeur : la durée et le risque. (De façon stricte, le montant n’est normalement pas un paramètre, il peut jouer via les frais sur les petits montants et sur la « rareté » pour les gros montant)

 

La durée, va construire la courbe de taux (pour un risque nul = l’état). En théorie, plus on prête longtemps, plus on est lié et donc plus on fait payer. Les taux à long terme sont donc alors supérieurs au taux cours terme. Il arrive que la courbe de taux s’inverse. Si c’est durable, il y a moyen de gagner en empruntant (à X) a long terme et en prêtant plusieurs fois à court terme (Y> X) :  évidement, on ne connaît pas le taux futur à court terme au démarrage.

Les taux variables se « calent » sur les taux fixes au moment de les utiliser.

En pratique, il y a plusieurs référence de taux. Ils diffèrent pour des raisons techniques. Leur valeur n’est pas sensiblement différente. Toute différence serait exploité par le marché pour « gagner » et cela les fait converger.

 

Le principal paramètre est le risque. A prête X à B. B doit donc rendre (à l’échéance) X et à de moments convenus l’intérêt I. Mais si B ne le fait  pas ? Il faut bien voir que c’est tout le capital X plus les intérêts qui sont alors perdus. Seuls ceux qui n’ont rien (à perdre) peuvent se permettre de mépriser cet affaire.

En pratique le risque se décline de façon différentes. Il y a d’abord le fait de prendre des garanties (pension, hypothèques,…). On, peut aussi éviter de « risquer » le capitale (opérations de Swaps, …). On décompose aussi le risque en fonction de ce qui peut survenir. Si le cœur du risque est la contrepartie B, il existe aussi d’autre problèmes : le système, le change, les taux, la liquidité, les lois et réglementations…

Pour en revenir au risque que représente B, la solution est de lui demander une prime (de risque). Le taux d’intérêt payé est plus élevé. C’est bien l’origine des rendements élevés des subprimes. La mécanique a ensuite consister à placer ces créances risques dans des lots et à la diffuser dans le monde.

Le constat 1 c’est que personne ne pouvait ignorer le risque lié au rendement élevé. Il n’y a pas de père noël.

Le constat 2 c’est que le monde financier est dans l’incapacité à « savoir où il en est ». C’est un fiasco considérable du monde des comptables, commissaires au compte, audit et autres organismes de contrôle ou de notation.

Enfin, le constat 3 c’est que s’il y a prime de risque c’est qu’il y a risque. Et alors la probabilité de réalisation de ce risque est réelle. Dès lors que le nombre d’opération est important, cette probabilité est une statistique. Il n’y a donc aucune surprise sur le fait que ces opérations  génèrent des défaillance.

 

Il y a quelques années, il y avait eu l’affaire des « junk bonds ». Là encore, il était question de rendement élevé lié à un risque.

 

Mais les considérations « raisonnables » de « bon père de famille » ne sont pas de mises dans ce milieu. C’est plutôt « tant que je gagne je joue », « après moi le déluge ». « pique l’oseille et titre-toi ».

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Published by thidgr - dans Economie
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