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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 10:11

Réflexion sur l’article de « science et avenir » concernant l’émergence. (hors série numéro 143 de Juillet Aout 2005). A partir de l’article sur le jeu de la vie de Jean-Claude Heudin.  Il est question par exemple du « glisseur ». Ce truc au comportement particulier. L’article pose le problème en se demandant comment ce comportement « émerge » des règles du jeu de la vie. 

 

Je pense que le problème est mal posé. Supposons une jeu de la vie de 100x100, cela fait 10 000 cases. Supposons 100 générations. Le déroulement du jeu de la vie est donc 1 millions d’événements élémentaires (ordonnées de façon spatio temporelle). Un glisseur concerne une dizaine de case pendant environ 80 génération, soit 800 événements élémentaires. 

Ce qu’il faut se demander c’est pourquoi on s’intéresse particulièrement à ces 800 événements. 
Et pourquoi les unifie-t-on sous un même concept que l’on dénomme X ? (Que « X » soit intitulé « glisseur » avec sa sémantique me semble secondaire).

800 sur 1 000 000 c’est 0,08%. Mais si l’on considère qu’il s’agit en fait d’un choix précis de 800 éléments (ce sous-ensemble là) sur un ensemble de 1 000 000, la sélection faite est en réalité bien plus improbable (C(1000000,800)/21000000). Le calcul numérique ne marche pas avec excell : le résultat est plus infime que ce qui est infime.   

 

Dit autrement, le fait de « voir une propriété émerger » c’est faire le choix de sélectionner cette propriété parmi les autres lectures possibles. C’est un choix d’interprétation. L’émergence n’est donc pas un truc mystérieux « de la nature » mais un choix de l’observateur.

Ceci dit, l’observateur a sans doute ses raisons de faire ce choix. Et il est même possible que ses raisons soient « bonnes ». En effet, ce qui est en jeu c’est la capacité à « décrire ce qui se passe ».

Si l’on prend l’exemple du jeu de la vie, lister un million d’événement est assez fastidieux ! Il est plus court de dire qu’il y a un glisseur qui passe. C’est incomplet mais cela dit déjà beaucoup de chose et c’est « suffisant » pour un interlocuteur humain. 

 

Finalement, ce qui est en jeu c’est plutôt l’entropie au sens de Kolmogorov (ou plutôt de Bennett) du système (Cf article de Jean-Paul Delahaye). La fameuse propriété qui émerge c’est un mode de description qui rend compte de façon « économique » (c'est-à-dire en moins de blabla) du « machin ». Ceci s’accompagne aussi de l’acceptation d’une perte d’information secondaire (par exemple, on ne s’intéresse qu’aux grandeurs statistiques et on oublie ce qui se passe pour un atome isolé).  

 

Cetains auterus vont dans le même sens : il est évoquer que dire que la propriété « émerge » correspond à une incapacité (au moins temporaire) à préciser. 

 

Plutôt que de gloser en vain sur l’émergence, il serait plus utile d’affronter le problème de la « synthétisation ». On connaît par exemple les méthodes statistiques qui permettent de rendre compte de façon « correcte » et synthétique. Elles ne marchent pas tout le temps. Quelles sont leurs limites d’application ? Quelles sont leurs limites descriptives ? Connaît on d’autre méthode ? 

 

Derrière ce mot « émergence », ce qui est en jeu ce n’est pas un mystère de la nature mais une « théorie de la capacité à décrire ».

Si vous avez une idée la dessus, merci de vos commentaires.

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