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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 10:00

Il est une chose que j’ai découvert au fil de mon expérience, qui concerne la vie de tous les jours et qui est je crois fort méconnu du plus grand nombre. Cette chose c’est « la monnaie ». 

Je n’ai pas la prétention d’écrire un livre d’érudition sur le sujet. Il en existe. Je souhaite simplement faire état des principaux principes de la monnaie. L’article de Wikipédia sur la monnaie est une bonne entrée en matière. 

Je rappelle les 3 fonctions de la monnaie : unité de compte, moyen d’échange et réserve de valeur. Contrairement à ce qui dit wikipédia, ces 2 fonctions ne sont pas successives mais simultanées. De plus, elles ont existées de tout temps. 

Un mot clé pour la monnaie est « la confiance ». Tout système monétaire est basé sur la confiance. La monnaie c’est du crédit et le crédit c’est de la confiance.  

Rapide approche temporelle

1 Avant la monnaie, le troc. Le troc ne définit pas de  « monnaie ». Il permet l’échange, éventuellement des réserves (si le bien reçu n’est pas périssable) mais pas d’unité de compte.

2 Les premières monnaies sont l’évolution du troc en utilisant une « marchandise pivot ». Cette marchandise pivot peut être un métal précieux, un coquillage ou tout autre chose à condition qu’il soit non périssable est relativement rare. Comme le troc, ce système permet l’échange et les réserves. En plus du troc, le fait d’utiliser la même valeur pivot permet de la compter ; on a notre fonction d’unité de compte.

3 L’aspect matériel de la monnaie importe peu finalement. Ce qui compte c’est la pérennité, la rareté (et la confiance dans le système). Cette transition a été historiquement assez longue. Le problème a été la confiance dans le système. Il y a là un enjeu de pouvoir : il s’agir de « garantir » la valeur de la monnaie. Cela se traduit par le droit de « battre monnaie ». On voit notamment que la valeur d’une pièce en or est supérieure à la valeur de son poids en métal. Ceci aboutit à une monnaie papier qui ne correspond à aucune contrepartie en métal précieux. Encore que même aujourd’hui les banques centrales disposent d’importantes réserves en or : cette transition n’est donc pas complètement achevée.  

Si l’on examine cette « phase3 », on voit donc apparaître la monnaie fiduciaire : les pièces et les billets. Il s’agit d’instrument émis par un organisme agréée (une banque centrale généralement). C’est « la monnaie de notre porte-monnaie ». On notera qu’un billet de 20 euros, c’est une dette de la banque centrale européenne. Mais en parallèle, il est possible de créer de la monnaie scripturale : c’est alors que la fonction d’unité de compte joue à plein. C’est ce mécanisme que je crois peu connu.  

Puisque que la monnaie c’est du crédit ; lorsque qu’un organisme (généralement une banque) ouvre un crédit : elle crée de la monnaie.

C’est déjà possible avec de la monnaie or. Si je suis un banquier du 15 ème siècle, je dispose de fonds déposé par des marchands. Je peux prêter à des princes qui partent avec l’or. Je n’ai donc plus en coffre l’or des marchands mais ils possèdent toujours celles-ci dans mes comptes. Les principes peuvent dépenser l’or. Il y a bien eu création de monnaie. Les princes achètes aux marchands qui peuvent déposer chez un banquier. On voir que le système peut fonctionner, qu’il est fragile, qu’il repose sur la confiance. Il marche d’autant mieux que les banquiers sont organisées entre eux, que l’habitude de déposer son or chez un banquier est répandu, que les banquiers limitent leur crédit, et qu’ils gardent toujours un matelas de sécurité en coffre.

Avec la monnaie papier, le système gagne en souplesse pour 2 raisons. Premièrement, il est plus facile de stocker et transporter une fortune en billet qu’en or. Deuxièmement, il est plus facile si besoin de créer de la monnaie papier que de la monnaie or. Mais c’est surtout la confiance dans le système qui permet de l’étendre. Et le résultat de cette évolution est que la monnaie papier n’est plus obligatoirement utilisée. Pour payer, j’utilise cette monnaie scripturale : je crédite un compte par le débit d’un autre. C’est assurément celle qui très majoritairement utilisée de nos jours tant en volumes de transaction qu’en montant.

La clé pour comprendre cette « magie » de création de monnaie c’est de voir que lorsqu’on lui fait crédit, le débiteur va « déposer » son emprunt quelquepart.  Ce dépôt vient alors augmenter la capacité de crédit de ce « quelquepart ». Comme nous sommes dans le cadre d’un système, il importe peu que le « lieu » du crédit soit différent du lieu du dépôt ». Au besoins la banque qui a créditée se refinance auprès de l’autre. Au final, pour le système, il y a bien création de monnaie. On voit aussi toute l’importance des autorités de contrôle du système. Il est hors de question de laisser faire n’importe quoi, sinon la confiance dans le système chute. 

On parvient alors à la notion de masse monétaire et d’agrégat monétaire. Sur le site de La BCE, on voit que l’agrégat M3 de la zone Euro est d’environ 7500 milliard d’euro en octobre 2006. Alors que la monnaie en circulation n’est que de 600 milliards d’euro. Par comparaison le PIB du second trimestre était de 2000 milliard d’euros (8000 milliards pour l’année).

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