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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 08:39

« Ce n’est pas parce que c’est écrit que c’est vrai ».

 

Il s’agit ici d’analyse un « discours » selon l’axe de la « vérité ». On supposer qu’il s’agit d’un discours écrit pour simplifier.

 

On s’intéresse à la valeur de « vérité »

Le premier écueil est la signification du discours. Il est en effet tout à fait possible d’aligner une suite de mots et que l’ensemble ne veule rien dire. Et si cela ne veut rien dire, il ne saurait être question de vrai ou de faux. Cet écueil est loin d’être négligeable, il concerne sans doute 1/3 de ce qui s’écrit.

 

On supposera aussi que le discours est exempt d’erreur (lapsus, omission,…). On peut imaginer qu’avec du temps, le rédacteur du discours arrive à un discours conforme à sont intention.

 

Le deuxième écueil est la cohérence générale du discours. Si le discours contient une thèse et son contraire, on ne peut pas mesurer « sa vérité ». C’est un cas qui n’est pas exceptionnel. Je connais même des personnes capables de dire une chose et son contraire dans la même phrase : sacré tout de force ! Cela fait partie de l’art de botter en touche des politiciens (au sens large). Malgré tout, les cas de contradictions fortes sont assez rares.

 

Sans aller jusqu’à la contradiction complète, l’ambiguïté, le flou et l’imprécision sont aussi un problème. Cela concerne la quasi-totalité des discours. Pour mesurer la vérité de ces discours, il est alors indispensable de « découper ».  Ce découpage amène à identifier les éléments et l’articulation. L’articulation peut être due au style (le fait de rendre le discours « agréable à lire ») et alors il ne relève pas de l’analyse de la vérité. L’articulation peut aussi relever d’une démonstration : dans ce cas les règles de validité du raisonnement (la logique mathématique) s’applique. Il est extrêmement rare de trouver des démonstrations valides dans les « discours courants ». C’est en effet extrêmement difficile (ce discours ci ne prétend pas être une démonstration). En effet, pour produire une démonstration, il faut mettre à jour une longue série d’hypothèses. C’est fastidieux, c’est difficile et c’est désespérant. C’est désespérant parce que l’on s’aperçoit rapidement que les hypothèses faites sont mal assurées et que donc la « preuve » apportée par le raisonnement est bien faible.

Il reste encore les « éléments du discours ». Il s’agit de fragments de discours. Il n’est pas « honnête » de les « sortir de leur contexte ». Leur analyse peut se faire en les isolant mais sans « oublier le contexte du discours ».

Parmi ces éléments, un nombre important est « vide » (dénué de signification). Les autres sont de plusieurs sortes : les illustrations (exemple, témoignage, chiffres), les « hypothèses » (règles générales, lois, principes,…), les croyances de l’auteur et les définitions (ce sont des hypothèses qui s’appliquent au discours).

Pour les illustrations, il est possible (mais rarement facile) de mesurer le « niveau de vérité ». En effet, ces illustrations proviennent « d’événement du monde réel », la vérité c’est donc la fidélité de ce que rapporte l’élément du discours par rapport à l’événement. Un événement du monde réel c’est généralement plusieurs milliards de Go d’information. Un élément de discours sur cet événement ce n’est souvent quelques Ko d’informations. Cette réduction est inéluctable. La fidélité ne peut pas être totale. L’important c’est que l’illustration ne soit pas biaisée : elle doit préciser « l’axe de lecture » (le point de vue, le filtre) et contenir toute l’information selon cet axe de lecture (éviter la tendance qui veut que l’on ne retient que les éléments qui nous arrange : c’est une pratique extrêmement courante).

Pour les hypothèses, on peut dire qu’elles sont généralement fausses (« toute généralité est fausse »). Pourtant, sans hypothèse, on ne peut pas aller très loin dans le discours. Ces hypothèses sont des outils, toujours imparfaits. Si elles sont fausses dans l’absolue, on peut tout de même envisager de mesurer leur « degré d’erreur ». Il est alors possible de progresser « vers la vérité ». Mais pour ce faire, il est indispensable que ces hypothèses soient explicites.

Pour les croyances de l’auteur, la notion de vérité ne s’applique pas.

Pour les définitions, il n’y a pas de notion de vérité. Ce qui se mesure ici c’est la politesse. Il est en effet plus poli d’utiliser les « mots » avec leur définition courante et de créer de nouveaux uniquement s’il faut de nouveaux concepts. Cette partie définition est loin d’être anecdotique. En fait, les débats sont surtout des débats sur le langage, les mots et leur définition.

 

 

Dans « le cercle des poètes disparus », à la question « pourquoi les hommes ont inventé le langage ? », la réponse est « pour séduire les femmes ».  Cette réponse me semble assez pertinente.

Le langage et les discours sont des outils du raisonnement. Mais ce sont des outils largement imparfaits. La notion de vérité développée dans le cadre de la logique est le plus souvent hors contexte dans nos discours courants.

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