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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 09:39

En démocratie, on arrive rapidement à des choix binaires où l’opinion se partage en « 50/50 ».

Ainsi, le score de la dernière élection à 53/47 est considéré comme un écart très important (à 54/46, cela aurait une déroute, 52/48 et 51/49 sont des scores « serrés »). Bon, il y a eu l’exception de 2002. On peut considérer qu’une élection dans une démocratie « mature », a pour résultat «  5x/4y » proche de 50/50. Ceci est valable aussi pour les référendums. Est-ce normal ?

 

Cadrons le problème. Il est donné un choix entre une option A et une option B (on négligera le vote blanc, nul, et l’abstention) à une population numériquement importante. Qu’est-ce qui fait que le choix de cette population se répartit environ à 50/50 ?

En premier lieu, on peut imaginer que c’est dû au choix des options A et B (celles-ci et pas d’autres). Si en effet, le nombre de votant pour A est très supérieur à celui de B, c’est sans doute que la probabilité que A soit désigné est très supérieure à celle pour B. On peut savoir cela à l’avance, alors à quoi bon poser la question ? On peut estimer les probabilités de A et B par des sondages. Ils sont très efficaces sur des choix fermés comme celui–ci (entre 2 options) et à court terme. La population a beau être capricieuse, elle est prévisible dans ce contexte. Ainsi, on ne poserait que des questions dont le résultat est incertain.

Cela a beau être logique, cela ne semble pas être la raison principale. Tout d’abord, cela ne s’applique strictement que pour des référendums. D’autre part, celui qui pose la question pour un référendum préfère obtenir la réponse qu’il souhaite. Et pour cela, il a tout intérêt à poser une question dont le résultat est tranché. L’efficacité des sondages mentionnés plus haut ne fonctionne plus dans la durée : on en a eu l’exemple pour le référendum de 2005 (les sondages ne sont qu’une photo à un instant).

Si l’on considère que A et B représentent 2 candidats, le partage 50/50 provient peut être de l’aspect compétitif. Si l’on regarde le sport, la multiplication des compétitions tend à équilibrer le niveau (du fait d’une meilleure connaissance de l’adversaire, de ses pratiques,…). Ainsi, les forces en présence se débrouillent pour « être à niveau ». Comme ils sont 2 à le faire, le résultat tourne autour de 50/50. In fine, pour le candidat, il n’est pas nécessaire (ni sans doute souhaitable » de faire 60% ou plus : 50,001% suffit ! Le gagnant n’a aucun intérêt a être « trop fort ».

Cela parait anodin. Pourtant cela n’est pas sans effet sur le fonctionnement démocratique. Les forces en présence construisent leur proposition A ou B non pas de façon cohérente comme un projet propre mais en fonction de l’adversaire. Plus précisément A ou B vont reprendre ce qui marche chez l’autre (ce qui fait des voix). C’est la cause de ces programmes « patchwork » à géométrie variable que l’on peut constater.

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