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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 21:43
En matière d'Economie nationale, il est souvent question de la règle des 3% que nous "impose" l'UE. Je laisse de coté le fait que cette règle fait partie d'un traité qui a été approuvé par les électeurs : bel exemple d'inconstance et d'irresponsabilité.
En fait, ce que je veux évoquer ici est que cette règle, loin d'être un dictat de technocrates débiles, est une question de bon sens.

En effet, tout cela est lié à la création de la monnaie unique. Les différents participants avaient prévu de mettre des garde-fous pour évité qu'un pays ne plombe cette monnaie. Même si c'est une obsession de l'Allemagne, cela est l'affaire et l'intérêt de tous. En effet, un état qui s'endette crée de la quasi monnaie : s'il s'endette trop, il crée trop de monnaie et diminue la valeur de celle-ci. Ainsi, il pénalise ceux qui possède cette monnaie (la fourmi "vole" la cigale). Il est vrai qu'en France, on trouve que la fourmi est une salope.

Donc, le principe même de ce garde fou est inhérent a l'Euro. Quand aux limites, on les a fixé à 60% du PIB pour l'endettement et 3% pour le déficit.
Le fait de prendre le PIB comme indicateur n'est pas stupide. C'est en effet la richesse du pays sur laquelle peut pomper l'Etat : le fameux "taux de prélèvement obligatoire" qui varie dans le monde entre 30 et 60%.

Avec un PIB de 100 l'année 1, en partant de 60 de dette et 3 de déficit, on a 63 de dette à l'année 2. En supposant une croissance de 2,5%, le PIB est 102,5 et le taux d'endettement est 63/102,5= 61,4%. Il augmente mais "n'explose pas". En fait l'équilibre est atteint avec une croissance de 5%, ce qui ne s'est pas produit en France de mon vivant. Bref, loin d'être un carcans rigoriste, les 3% constituent plutôt un limite haute laxiste. Le fait que le gouvernement français en fasse le graal difficile à atteindre est lamentable : on devrait plutôt gouverner entre 1 et 2 % et non entre 4 et 7%.

Les conséquences de cette gabegie sont patents. Alors qu'on tenait vaille que vaille la limite de 60% de PIB d'endettement jusque vers 2002 (65% en 2007), on va exploser les 100% d'ici peu (93,5% en 2013). Ce genre de plongée se rattrape difficilement. Surtout pour un Etat qui n'a plus la maitrise de sa monnaie et qui s'enorgueillit de l'un des taux de prélèvement les plus élevé au monde.

Mais, vous allez me dire, et les 60%, n'est ce pas arbitraire ? Finalement, pourquoi ne pas monter jusqu'à 200% (il y a des exemples) et au delà ?
J'ai déjà indiqué que cela consistait à spolier nos partenaires. Mais, il y a un autre aspect, celui du paiement des intérêts. Avec des intérêts à 2%, cela fait 1,2 points de PIB. Si les taux explose à 10%, cela fait 6 points de PIB, soit une différence de 3,8. Or, ces exemples numériques ne sont pas des vues de l'esprit mais des valeurs tout à fait plausibles, et même relativement optimistes.
C'est à dire que même à 60%, l'Etat est sensible à une évolution des taux. Là encore, 60%, c'est plutôt la limite haute.

Dernier point. Il m'a toujours paru contradictoire que des gens se disant "de gauche" militent pour un gros déficit. En effet, un débiteur se met en dépendance de ses créanciers. Or, par nature les créanciers ne sont pas vraiment des supporters de politiques de gauche. Donc, s'endetter, c'est s'empêcher de mener tels politiques. Il y a bien le mythe de la banqueroute qui "nique" les bourgeois. Mais, outre que cela ne marche qu'une fois, cela s'accompagne généralement,de mesures dévastatrices pour le "peuple de gauche".

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Published by thidgr - dans Economie
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