Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 14:27

Ainsi donc le déficit de l’état Français atteignait 1762 milliards d’euro fin 2011 (1648 fin 2010, 1491 fin 2009, 1325 fin 2008, 1211 fin 2007 et 1131 fin 2006)

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/ressources-documentaires/informations-comptables/les-comptes-de-letat/les-comptes-de-letat-2011.html

 

A ceci s’ajouter les déficits des collectivités locales et des organismes sociaux tels que l’assurance maladie, l’assurance chômage. Pire, les perspectives pour les caisses de retraites sont aussi très sombres.

Enfin, le déficit commercial de la France atteint des profondeurs inexplorées.

 

Avec un taux de chômage qui frise des records historiques, une économie au bord de la récession et un taux de prélèvement obligatoire parmi les plus élevés au monde, on peut logiquement en conclure que du point de vue économique la situation est catastrophique.

 

Si j’écris cela ce n’est pas pour « casser du Hollande ». En pratique, la situation actuelle résulte des politiques passés (une trentaine d’années de laisser aller en termes de rigueur budgétaire) mais surtout une dizaine d’années d’errements politiques. Bref, si la gauche n’est pas exonérée, la situation est essentiellement de la faute des politiques de droite (qui ont été mené en France – cela ne démontre pas qu’une autre politique de droite aurait toujours abouti à ce résultat pitoyable).

Hollande et sa politique vont-ils nous sortir de ce bourbier ?

Il est trop tôt pour le dire et les premiers pas n’incitent pas beaucoup à l’optimisme. Il est en effet extraordinaire de constater ce matraquage fiscal qui n’aboutirait qu’à obtenir un déficit à 3% du PIB c'est-à-dire la limite de Maastricht soit encore le minimum tolérable : avec 3% c’est encore un déficit considérable qui alourdit la dette.

 

Ceci étant dit, je m’interroge sur un constat extraordinaire : la négation du « problème » qui constitue cette dette abyssale. En effet, ici ou là certains s’expriment sur le fait que la rigueur demandée est trop dure, qu’on peut faire avec ce déficit (et le creuser un peu plus), que c’est un faux problème, « qu’il n’y a qu’à faire payer les autres (qui ?) », que la finance « tue l’humain » et que « c’est ce tromper de problème ».

Ces discours existent encore de nos jours alors que la situation est bien au-delà des limites.

Il est assez habituel d’entendre cela de la part de la gauche. Surtout la gauche « non gestionnaire » qui croit qu’il existe un tas d’or caché quelque part et qu’il n’y a qu’à taper dedans pour rembourser la dette. Tant qu’il existera une telle naïveté, cette gauche là se discrédite. En pratique, une politique de gauche devrait au contraire tout faire pour ne pas être endetté de façon à ne pas se mettre à la merci des marchés (qui ne sont pas sensibles au discours d’apitoiement de la gauche).

Pour autant, la droite est « théoriquement » rigoureuse. Et être de droite ne veut pas dire ne pas vouloir un état fort. Donc, il n’y a pas de lien automatique en droite et dette publique. Mais le discours de « laxisme » existe aussi à droite.

 

Etre d’accord (unanime ?) sur la gravité de cette dette et l’importance qu’il y a à la réduire me semble un préalable. Ce préalable est loin d’être établi. C’est là un élément très grave. Comment faire partager les efforts nécessaires si une partie de la population (qui semble même majoritaire) nie la nécessité de l’effort ? En cela, les personnels politiques sont éminemment fautifs. En effet, pour que ce constat soit établi, il faut de la sincérité et de la lucidité. Par ailleurs, on peut estimer que ce personnel politique étant la cause du problème (puisqu’ils sont enclins à dépenser sans compter) ils ne peuvent pas être la solution.

 

Si le constat préalable était admis, alors il resterait à décider du chemin à prendre pour régler ce problème. Le discours sur « la rigueur qui tue la croissance » est tout à fait cohérent. Il faut donc une politique adaptée. Pour moi, elle doit être préméditée, constante, lisible et rapide.

Préméditée parce qu’il n’est pas question naviguer à vue en ces temps de tempête. Après la politique illisible de N Sarkozy qui avait osé convoquer une commission pour réfléchir sur « comment débloquer la croissance », on assiste aux errements de F Hollande.

Constante parce que 5 ans pour régler le problème, ce n’est pas trop. Il vaut mieux commencer toute de suite et garder le cap.

Lisible parce que la population doit l’admettre et si possible y adhérer. Une telle politique implique des changements et un changement cela se gère : il s’agit notamment de limiter les résistances. Les résistances au changement se traite par l’information : il s’agit de montrer clairement où l’on va et « à quelle sauce on sera mangé ».

Rapide car il faut absolument tout faire en moins de 5 ans. Surtout, les changements majeurs auraient du intervenir dans les 6 premiers mois. La situation à la grecque où l’on est dans le 6ème année consécutive de récession me semble suicidaire.

 

 

 

Remarque : avec 500 milliards de dettes de plus en 5 ans, le quinquennat de Sarkozy a « couté » à chaque français 8300 euros soit 1600 euros /an. Et cette dette, il faudra bien la payer. Aussi, les discours sur les baisses d’impôt ou sur la réduction des dépenses passent mal en ce qui le concerne (bizarrement, il ne semble pas que ce soit la raison qui l’a fait perdre).

 

 

En termes de solutions en matière de dette publique, je n’ai pas « la » solution.

En en discutant avec mon fils, il indiquait que selon lui, il n’y a que 3 méthodes.

La méthode « révolution » qui consiste tout bêtement à ne pas la payer (cas de la révolution soviétique et partiellement de la révolution française).

La méthode « Philippe le bel » qui consiste à cibler une catégorie très riche et à lui piquer tout ce qu’elle a. Qui ferait office de templier de nos jours ?

La dévaluation qui est la méthode la plus cohérente mais que l’Euro nous interdit.

A ceci j’ajouterai la méthode « fourmi besogneuse » qui consiste à vivre une trentaine d’années de rigueur (plus dur que ce que nous concocte le gouvernement actuel). A ma connaissance, elle n’a jamais été appliquée telle quelle.

Il est toujours possible de construire une solution mélangeant ces méthodes (surtout chronologiquement). Aucune de ces méthodes n’est parfaite. Surtout, il faut prendre en compte leurs contraintes et conséquences (par exemple, si l’on ne rembourse plus, il est illusoire d’espérer s’endetté avant très longtemps).

En pratique, il y a 2 réponses qui ne corrigent pas le problème.

La fuite en avant telle que l’ont pratiqués nos gouvernants depuis 30 ans.

La méthode « esclavage » telle que ce que les instances financières internationales imposent aux pays surendettés (comme la Grèce récemment). Il y a bien abandon de dette mais c’est compensé par des taux d’intérêts exorbitant et surtout l’absence de perspective. Les créanciers aiment tenir leurs débiteurs dans cette situation. Le « peuple » en tant que débiteur est bien crétin pour accepter d’en rester à cette situation. C’est malheureusement ce qui nous attend.

 

 

Chaque français est endetté d’environ 28 000 euros au titre de cette dette publique. La solution rapide serait de transférer cette dette publique en une dette privée. L’Etat y gagne des marges de manœuvre et la capacité d’obtenir un budget excédentaire (du fait de l’absence de paiement des intérêts) ce qui permet aussi de réduire les impôts et plus généralement améliorerait notre compétitivité (ce qu’il permet d’entrer dans un cercle vertueux). En matière pédagogique, cela ferait sentir à tout un chacun que c’est bien lui qui est endetté.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

PrÉSentation

  • : je blogue, donc je suis
  • : Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
  • Contact

Recherche

Archives