Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 10:05

De plus en plus, j’ai l’impression que « ma vie » est planifiée à l’avance. Cela se conjugue avec l’impression d’une accélération du temps.

 

 

Examinons l’origine de la « définition » de nos activités de la journée. J’entrevois 3 modèles (évidemment, la réalité est toujours un enchevêtrement de ces modèles).

 

Le premier modèle est « libertaire ». C’est à dire que rien n’est planifié, on subit les événements, on les prend comme ils viennent. Cela permet de bien « sentir l’air du temps ». En conséquence, on est pas préparé aux épreuves et elles sont généralement difficiles à passer. Par contre, l’imprévu étant la règle, il n’est pas particulièrement redoutable. J’étais plutôt comme cela dans ma jeunesse. Est-ce le cas de tout le monde ?

 

Le second modèle est « planificateur ». Evidemment, cette planification peut être plus ou moins poussée et détaillée. Mais dans l’ensemble, il s’agit de positionner les événements dans le futur. Cela permet de les préparer, de les « budgétiser ». Il est certain que tout projet d’un peu d’envergure exige une planification. Un projet bien préparer est généralement un gage de succès. L’efficacité du système a tendance à le généraliser à tous les aspects de la vie. On planifie ces projets professionnels, ses rendez-vous, ses vacances, son mariage, ses sorties, ses projets privées, ses repas, ses achats, ses loisirs, ... jusqu’à son propre décès. Comme exemple, cela me rappelle la réflexion de Belgarion dans le livre de D Eddings : étant devenu roi, il est enfermer dans un protocole et il a l’impression que l’huissier qui le réveille chaque matin a tout planifier de sa vie jusqu’à connaitre la date de sa propre mort.

Tout est prévu, prédit, dans ces conditions l’imprévu est un sacré problème.

Je suis actuellement plutôt « prisonnier » de ce second modèle. Il est plutôt étouffant. Est-ce que tout le monde y vient en vieillissant ?

 

Le troisième modèle est une sorte d’intermédiaire : un « modèle horizon ». Il s’agit d’une planification dynamique. Contrairement au modèle planificateur statique vu précédemment, tout n’est pas placé à l’avance, en tout cas pas à un horizon de plusieurs jours. Contrairement au modèle libertaire, un peu d’anticipation est effectuée. Avec ce modèle, on reconnait que l’avenir lointain est inconnu et donc il est inutile de chercher à le prévoir. Par contre, le court terme est prévisible et il faut l’appréhender. Dans ce cas, le temps de la « planification » et le temps de l’action n’est pas nettement distinct au contraire du cas précédent. Ce modèle est plus souplesse, laisse plus de liberté. Par contre, il est plus exigeant et plus fatigant : il nécessite  une remise en cause permanente. Dans le cas précédent on « déroule un programme », alors que dans ce cas-ci on doit programmer l’action suivante à chaque étape. Contrairement à la rassurante stabilité de la planification long terme, ici rien n’est certain, tout peut être remis en cause. C’est sans doute le prix de la liberté. Il me vient une comparaison : ce modèle répond à l’exigence qui voudrait qu’il faut « vivre comme chaque jour comme si c’était le dernier ».

 

Venons-en maintenant à la sensation du temps qui passe. Je me souviens que les heures semblaient longues dans ma jeunesse. Et d’après quelques romans ou témoignages, il semble que cette impression est partagée. Serait-ce du à cette situation de « passivité totale » de la « planification libertaire » ?

Au contraire la planification totale engendre un sentiment de « temps qui passe vite ». On peut trouver cela étrange dans la mesure où il s’agir de « vivre ce qui est prévu » c’est à dire en quelque sorte de le « revivre » et donc cela devrait générer un ennui, une lassitude propice à trouver le temps long.

Il me semble que cette contradiction se lève si l’on examine « le planificateur ». Dans le premier cas, on subit, le planificateur est « autrui » alors que dans le second c’est nous même. La différence serait donc que dans le second cas, on est « satisfait de voir les choses se dérouler comme on les a prévu ».

 

Et pour le modèle « horizon » ?

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : je blogue, donc je suis
  • : Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
  • Contact

Recherche

Archives