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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 16:27

Après bien d’autres magazines (j’ai en mémoire le titre accrocheur de « courrier international » il y a quelques années annonçant que nous allions tous devenir immortels), Télérama de la demain du 3 mars a fait un article relatif aux nano technologies.

Dans les médias, ces sujets ne sont pas toujours très clairs. Rien que le concept de « nanotechnologie » est polymorphe. On a tendance à mélanger à d’autres sujets (OGM). Il est même cité le « sandale de  l’amiante.

 

Mon propose ici n’est pas d’approfondir la question des nanotechnologies. Je vais supposer que parmi tous les fantasmes cités relatifs à ces sujets, certains (et d’autres) vont se révéler « réels ». En d’autres termes, la technologie du XXI ème va encore faire un bond en avant (je parle bien de technologie et non de science). Ce bond va engendrer une influence essentielle sur les sociétés humaines en général et chaque être humain en particulier. Je ne saurais dire dans le détail quel gadget nouveau sera disponible. C’est le principe d’une telle « révolution technologique » que j’admet.

 

Dans le débat que cela suscite, il y a sans doute un aspect éthique (est-il moral de le faire ou non ?).  Ce n’est pas cela qui m’intéresse. Le détail pratique de chacun de ces gadgets sera à examiner au cas par cas.

Dans cet article, ma réflexion porte sur une caractéristique général du phénomène : à savoir le pouvoir.

 

Quels que soient ces dispositifs technologies, il seront des nouveaux instruments de pouvoir sur le « monde réel ». A titre d’exemple, une automobile est le pouvoir de déplacer soi même et une certaine quantité de matière de façon autonome, relativement rapide et confortable, avec un rayon d’action de plusieurs centaines de kilomètres. Ce pouvoir est fortement disséminé. Autre exemple, un bombe atomique est le pouvoir de détruire un volume d’espace physique de l’ordre du kilomètre cube : il est complètement concentré en un très petit nombre de mains.

Il me semble que la question essentielle relativement à ces joujoux futurs est de savoir entre quelles mains ils vont tomber.

 

J’ai lu une fois sur internet un commentaire qui faisant référence à un groupe de « sages ». Ce serait là un première idée : que ce pouvoir reviennent aux sages. Malheureusement, je n’ai aucune connaissance qu’un tel groupe de sage existe ou même n’ait jamais existé. A moins d’imaginer un processus faible permettant de constituer un tel groupe de sage (ce dont je n’ai pas le début de commencement d’une idée), cette première option est à exclure.

 

Comme je suis d’esprit démocratique et égalitaire, l’autre option qui me vient est que ce pouvoir soit très largement dispersé dans la population. C’est d’ailleurs ce qui arrive à un bon nombre de technologies (internet, téléphone, …). Il me faut toutefois reconnaître que cela n’est pas sans inconvénient. Collectivement, les êtres humains ne forment certainement un « groupe de sage ». Il semble naïvement dangereux de laisser une pleine liberté d’utilisation de ces nouveautés. L’usage de ces nouveaux pouvoirs nécessitent donc à chaque fois adaptation de la loi. Cette loi est difficile à équilibrer du fait de la nouveauté du sujet et des interactions avec l’inextricable fouillis du corpus de lois existantes (y compris le problème des différents niveaux de réglementation et notamment du caractère international de ces nouveautés technologiques). On voit là un beau chantier juridique pour ce XXIème siècle.

Relativement au pouvoir qu’exerce un individu, le danger peut porter sur les autres individus, l’environnement en général ou l’individu en question. A titre d’exemple le fait de conduire un voiture est potentiellement dangereuse pour les autres individus (d’où le code de la route), nuit à l’environnement (d’où des normes relatives aux autos et des choix dans la construction des routes), et pour le conducteur (d’où l’obligation de porter sa ceinture). Je ne fais là qu’esquisser la question.

La nouveauté du phénomène est l’explication du succès du principe de précaution. En effet, vis-à-vis d’une technologie éprouvée, on en connaît les caractéristiques (limites, dangers). Plus généralement on parvient à en mesurer les risques. Il est donc possible de prendre des mesures pour réduire la probabilité d’occurrence du risque ou atténuer son impact. Face à un objet « nouveau », ce risque est inconnu c’est le pourquoi du principe de précaution. Je reviendrais certainement sur ce principe avec un article entier. Je m’en tiendrais ici au fait que si l’on ne veut pas figer la société, il est nécessaire d’accepter le risque de la nouveauté. En effet, malgré tous les efforts de test, il restera toujours un incertitude lors du passage au réel d’une innovation.

Un telle utilisation par la « masse » suppose aussi un apprentissage de la nouveauté par celle-ci. Cet apprentissage n’est pas que « technique » (savoir faire), c’est un question globale (un savoir être, savoir vivre).

 

La dernière option concernant la répartition de ces nouveaux pouvoirs est la concentration. Cela peut être plus ou moins concentré (quelques individus dans le monde à quelques millions). La concentration peut avoir plusieurs causes :

-          La position de départ (fortune, pouvoir, « aristrocratie »).

-          Le fait d’avoir été désigné « démocratiquement ».

-          La compétence.

-          Le hasard.

-          Le vol, la fraude.

En supposant que ces nouveaux pouvoirs soient forts, c’est bien cette concentration de pouvoir qui est à craindre. Si cela devait advenir, seules 2 causes sont légitimes : la désignation démocratique et la compétence. Concernant cette dernière, la légitimité n’est que partielle : elle doit rester encadrer. Il est malheureusement probable que les privilégiés actuels feront tout pour garder la mainmise sur cette richesse. Quand au vol et à la fraude, il n’y a aucune raison pour qu’il disparaisse.

 

Voilà un rapide tour du sujet.

Il m’apparaît que l’enjeu de cette futur révolution technologique est bien une question de « gouvernance ».

Pour être acceptable, il conviendra de distribuer au maximum ces nouveautés. Cela passe par une phase de test approfondie, un cadre législatif dynamique et un effort pédagogique.

A défaut, la concentration légitime ne peut être que résulter d’une processus de délégation démocratique.

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