Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 10:40

On dit souvent que le système de Ptolémée pour la description du système solaire est faux et le modèle géocentrique est vrai. Cela me semble très réducteur. Plutôt qu’une dichotomie vrai/faux, il s’agit de pertinence et d’efficacité de modèles.

 

Car il s’agit toujours de modèles. C'est-à-dire de description « logique » applicable à une « réalité ». Il y a là 3 mots qui méritent commentaires.

Tout d’abord, on suppose cette « réalité ». Si l’on vit dans un monde à la « Matrix », alors tout n’est peut être qu’une illusion. Mais en pratique, sauf incident du coté de l’illusionniste, on n’en saura jamais rien.

Ensuite, la description est sensée être « logique ». C'est-à-dire avoir une cohérence logique (ne pas être contradictoire). Cette cohérence est dans la description est aussi avec ce que l’on « sait » être « vrai » par ailleurs (sinon, c’est un outil pour remettre en cause ce « faux vrai »). Mais cela veut aussi dire que la description comporte de la consitance : c'est-à-dire qu’elle veut dire quelque chose, « qu’elle se mouille », qu’elle permette de distingue ce qui est possible ou qui va se passer de ce qui n’est pas possible. En termes popérien, qu’elle soit falsifiable.

Enfin, cette description s’applique à la réalité. En termes mathématiques, il y a une injection de l’ensemble d’items du modèle dans l’ensemble « réalité ». Il est bien évident que la réalité est infiniment plus complexe que tout modèle imaginable. Le modèle n’est qu’une réduction. Par contre, tout ce qui est dans le modèle doit « servir » dans la réalité. On a là le principe du rasoire d’Occam.

 

Donc, le système de Ptolémée est un modèle pour décrire le système solaire et en pratique le mouvement des planètes. Au départ, il est assez simple. Il est aussi assez efficace. C’est pourquoi le qualifier de « faux » me semble inadéquat. En pratique, il a 3 problèmes.

Le premier était qu’il n’était pas complètement fidèle. En soi, ce n’est pas dramatique. Pour corriger cela il a fallu le complexifier. Ceci n’est pas un critère pour le rejeter. Car si la réalité est vraiment « compliquée », le fait que le modèle pour la décrire le soit aussi n’a rien d’aberrant. Par contre, c’est embêtant pour les ingénieurs et scientifiques et puis c’est un indice « que quelquechose ne va pas ».

Le second problème du système de Ptolémée est qu’il est « calcifiée ». C'est-à-dire, qu’il n’est pas porteur d’une extension du savoir. Il y aurait des cercles et puis c’est tout. Pourquoi ces cercles ? Pourquoi sont ils disposés ainsi ? Pourquoi n’y aurait il rien d’autre dans l’univers ? En pratique, cela se pose dans le milieu « étheré » qui n’a rien à voir avec le milieu terrestre et donc « le débat est clos ». Le système est immuable est n’offre pas de prise à ces réponses et en pratique, borne la poursuite de la connaissance. Ce sont problème est plus pernicieux que le premier. C’est l’inconvénient des modèles qui collent bien à la réalité – en quelque sorte, la rançon du succès -. Là encore cela ne suffit pas pour le rejeter. Mais c’est un autre indice d’alerte. Après tout, « il n’y a de science que du général » selon Aristote.

Le dernier problème est l’existence d’événement qui ne cadrent pas dans le modèle. C’est pas exemple des étoiles qui bougent ou qui naissent et disparaissent alors que c’est sans sensé être éternel. Là, le modèle est tellement tiraillé qu’il ne peut qu’être remis en cause c’est à die considéré comme inadéquat ou encore « faux ».

 

Encore faut-il que l’on ait un autre modèle à proposer.

 

Supposons que ce ne soit pas le cas. Et bien la communauté de la science continuera à utiliser, faute de mieux » ce modèle tout en sachant que cela n’est pas « exacte ». En pratique, on gagne du temps en continuant d’accumuler des données. Mais il est clair que tout travaux s’appuyant sur ce modèle ont peu de pertinence (au moment où ils sont faits et surtout pour la suite).

 

Il se trouve que dans le cas du système solaire, le modèle héliocentrique (à mouvements ellipsoidaux) était disponible. Il présente 3 avantages.

Il intègre en la simplifiant la complexification du modèle de Ptolémée. Rien que pour cela, il mérite d’être adopté.

Il est généralisable au sens où d’autres mouvements ellipsoïdaux sont admissibles (avec éventuellement un autre centre et d’autres paramètres d’ellipses). Cela ouvre des perspectives de recherche

Il n’a pas besoin de l’hypothèse de « l’éther éternel ».

En pratique, il va permettre d’abord l’énonciation des lois de Kepler puis celle de la théorie de la gravitation universelle. Ce qui est l’application pratique de son « ouverture ».

On se retrouve avec une théorie qui explique les forces de gravité entre les corps matériels dans tout l’univers, qui permet des calculs et des applications pratiques. Le cas du système solaire n’étant qu’un cas d’application très particulier. Bref, on est sortie de l’âge des ténèbres.

 

Evidemment, il y a Einstein et tout cela n’est pas tout à fait « vrai » non plus. Mais en tout c’est largement pertinent et efficace.

 

Ce qui précède c’est l’histoire mythique de domaine scientifique phare. On peut voir comme cela se transpose dans d’autres domaines.

 

La météorologie utilise des modèles (numériques) qui sont notamment la mise en équation de lois physiques fondamentales (dont la mécanique des fluides). On sait que ces modèles ont une efficacité limité (une à deux semaines). C'est-à-dire que les prévisions sont « bonnes » à court termes et deviennent sans intérêt à plus long termes. On est dans le cadre de Ptolémée : cela marche correctement mais on ne sait pas franchir le cap permettant progresser véritablement.

 

La climatologie utilise des modèles variés et arbitraires puisant dans des principes physiques. Elle vise à décrire les climats mondiaux à moyen et long terme (quelques mois, plusieurs années). A ma connaissance, elle n’a jamais été d’une quelconque efficacité en matière de prévision. C'est-à-dire qu’elle fait moins bien que le modèle de Ptolémée.

 

La macroéconomie utilise des modèles variés et arbitraires portant sur les grandeurs macroéconomiques. Ces grandeurs évoluent avec des écarts modestes (quelques % par an au maximum) et la consistance suppose une bonne précision en la matière. Or, à ma connaissance, le pouvoir de prévision de cette science est très médiocre. Là encore, on fait moins bien que Ptolémée.

Partager cet article

Published by thidgr - dans Errements
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : je blogue, donc je suis
  • : Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
  • Contact

Recherche