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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 16:31

Je m’intéresse ici au processus qui fait « que nous soyons au courant ».

 

Au départ il y a une « information ». On peut la classer en deux catégories. Cela peut être la description d’une innovation (quelque chose de neuf, quel que soit le domaine). Cela peut aussi être la relation (fidèle) d’un fait. Ce fait peut ou non avoir eu des témoins.

Dans tous les cas, le nombre de gens informés est très réduit.

Quotidiennement, des milliards « d’informations » de ce genre sont possibles.

Comment se déroule le processus qui fait qu’un tout petit nombre de ces informations parviendront à la « notoriété » ?

 

La logique « terre à terre » voudrait que toutes les informations ayant un impact « réel » sur un individu du « public » lui parviennent. En conséquence, les informations les plus répandus seraient celles qui impactent le plus grand nombre d’individu.

Cela se heurte à la question de « l’impact ». D’un certain point de vue, tout ce qui se passe dans l’univers m’intéresse (« rien ne m’est étranger »). Il est clair que cette notion d’impact est graduée. Le critère devient donc malcommode d’emploi.

J’ai parlé d’impact « réel » pour les opposer à des impacts « mythiques ». L’être humain étant ce qu’il est, il est très souvent friand de ces informations qui ne le touchent pas « réellement » (par exemple celles de la presse « people »).

Matériellement, un individu moyen, ne peut faire face qu’à un petit nombre (un centaine ?) d’informations « externes » (autres que ce qui lui arrivent directement à lui) quotidiennement.

En conséquence, il sera toujours « sous-informé ». Il ne peut être question que d’un « optimum ». C'est-à-dire : est-ce que les informations qui parviennent à cette individu sont les plus importantes pour lui ?

 

Mon opinion est que ce n’est pas le cas.

 

L’approche précédente décrit un individu « proactif ». C’est lui qui est le critère de l’information à obtenir. L’idéal serait que c’est « lui qui va chercher l’information ». Il faut bien constater que c’est très marginalement le cas. L’essentiel de l’information obtenue est « forcée ». Il y a de toute façon un problème théorique à cette approche : comment un individu peut extraire l’information importante d’une liste d’informations s’il n’a pas auparavant pris connaissance de la totalité de la liste ? Enfin, la notion d’information importante pour un individu est sans doute une notion « dynamique ». On peut songer à tout ce qui relève de la mode. Je vais donner un autre exemple. Etant donné mon athéisme, tout ce qui relève du religieux ne devrait pas être important pour moi. Mais comme je vis dans un monde où la religion est omniprésente, je suis bien obligé d’en prendre connaissance.

 

En pratique, l’individu est hautement dépendant du processus de « traitement médiatique ». C’est un affaire collective et centralisée. Collective, parce que l’on a très rarement affaire à un témoignage directe : il s’agit plus souvent d’un processus de « téléphone arabe » où l’information est transmises et déformée entre plusieurs intermédiaires. Il est certain que ces intermédiaires ne ont pas « désintéressés » : ils auront tendance à falsifier. Elle est centralisée dans le sens où l’information qui parvient à avoir la plus grande audience transite par un très petit nombre de canaux. Là, c’est la capacité à filtrer ou amplifier qui déforme.

 

Dans tout système informationnel, l’équilibre provient du feed-back (pas de feed back, pas d’équilibre : si cette loi n’est pas une loi de la cybernétique elle devrait l’être). Quels sont les feed-back ici ?

Le premier est la « comparaison » entre les sources d’informations (y compris le « vécu »). Sa capacité d’équilibre est largement incomplète. En effet, impossible de prendre connaissance de l’information manquante. D’autre part, si 100 informations disent blanc et une noir, on sera naturellement induit à croire « blanc ». Mais cette approche statistique n’est pas légitime a priori (elle suppose qu’il n’y a pas de biais de la représentation).

Le second est le contrôle du processus médiatique notamment visant notamment à la cotation du « média » (est-ce que l’on peut faire confiance à ce média pour ce type d’information). Ce n’est pas véritablement un feed-back. Il s’agit plutôt de donner un poids de « confiance » d’une source par rapport aux autres.

Je ne vois pas d’autres solutions.

En définitive, le public est largement à la merci de la propagande. Rien n’interdit un média (ou plus généralement le processus médiatique) de produire un information biaisée (délirante). Je suis certain que c’est le cas.

Malheureusement, ce rapide examen suggère que ce sera toujours le cas.

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