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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 11:15

Au sein des populations, il y a toujours une tension entre une univers conservatif et un univers progressif.

 

La ligne de démarcation ne sépare pas seulement les individus, elle passe « au-dedans » de bon nombre d’individus.

 

Je place les idées « réactionnaires » dans le groupe « progressif ». Car, même si c’est pour revenir en arrière, c’est tout de même un changement. Tandis que le monde conservatif ne veut rien changer. Le statut quo lui convient très bien. Bien sûr, tout le monde admet que le temps passe et que des gens vont mourir et que d’autres vont naitre. Mais ce processus est lui-même vu comme stable. C’est un conservatisme dynamique.

Il n’y a rien de péjoratif là dedans. J’estime que 99% de la « pensée » est conservative. D’ailleurs, c’est l’une préoccupation principale de la science de chercher des lois de conservation. Le rasoir d’Occam (principe de parcimonie) est aussi essentiellement conservateur.

 

C’est une lapalissade de dire que ce conservatisme c’est de la stagnation.

 

Le conservatisme « dynamique » évoqué ne signifie pas que « tout est toujours pareil ». Il y a bien du changement dans les faits du monde réel et dans les positions des gens.

Dans le monde réel, les catastrophes sont par exemple un moteur du changement. Même si ces catastrophes sont « la règle éternelle », elle ne peuvent pas être vu comme le « statut quo ». C’est essentiellement un question d’échelle (de temps voire d’espace). Ainsi, les milliers d’incidents de réplication qui surviennent quotidiennement  dans mes cellules portent un nom : le vieillissement. Ce n’est pas une catastrophe : c’est un fait essentiel à notre condition d’être humain. Par contre, la survenance épisodique d’un tremblement de Terre est un changement par rapport au rythme courant des sociétés humaines.  

 

Qu’en est-il dans les mentalités ? Qu’est-ce qu’une mentalité de changement ou un changement de mentalité ?

 

Je distinguerai d’abord l’impatience juvénile qui cherche à prendre la place des gens installés. Sous des apparences de nouveauté, il s’agit surtout de hâter le mouvement et c’est bien le processus éternel de renouvellement des générations qui est en jeu. Il ne s’agit pas là d’une véritable progression.

 

Il y a l’esprit aventureux. Il consiste à se frotter à de l’inconnu (des régions, des gens, des expériences, de la matière,…). Cet inconnu l’est au moins pour l’aventurier. Elle ne l’est pas forcément pour l’humanité. Souvent, on dit que « l’aventure, cela se prépare ». C’est sans doute raisonnable. Pour la partie « anticipée », on est là encore dans un cadre balisé et conservatif. Il reste sans doute toujours une partie « nouvelle ». L’expérience vécue est donc un cas de progression. Ces aventuriers peuvent alors en témoigner. Dans note société du « paraître », il est rare de trouve des tels témoignages « authentiques ». Sans témoignage, cette nouveauté ne s’applique qu’à ceux qui l’on vécu.

 

Il y a les innovations (scientifiques, mais surtout technologique et « sociétales »).

Contrairement aux apparences, les avancées scientifiques sont rares. Ces apports scientifiques ont souvent un impact sur la compréhension du monde. Pour les avancées mathématiques (selon ma définition des mathématiques), les nouveautés peuvent aussi changer la structure de la « façon de penser » (l’algorithmique).

Je ne m’étendrai pas sur les avancées technologiques qui transforment notre condition de vie et donc notre cadre de compréhension du monde. Elles sont très nombreuses.

Les innovations sociétales peuvent (rarement) provenir d’un changement politique. Je songe par exemple à l’abolition de la peine de mort en France qui est intervenu avant que l’opinion soit majoritaire et qui a générée un changement important de mentalité. Les innovations sociétales sont parfois causées par des coups de marketing. Je pense au téléphone portable qui est resté dans les limbes technologiques avant de percer pour des raisons non technologiques. Sauf rare exception (affaire Dreyfus), le débat publique ne produit pas d’évolutions sociétale.

 

 

Après ce panorama, j’en viens à la question qui me « taraude » : peut on produire un critère qui permette de déterminer si une évolution est bénéfique par rapport au statu quo (mon expérience m’ayant enseigné que toute évolution n’est pas nécessairement bénéfique) ?

Il y a un aspect paradoxal (et c’est pour cela que ce me tracasse ;). En effet, le critère devrait être décrit « à l’avance » indépendamment de l’évolution. Bref, il devrait être « éternel » c'est-à-dire constant soit encore dans le « camp conservateur ».

C’est donc donner une prééminence à l’existant (ce que fait d’ailleurs le principe de parcimonie). Le vrais aventuriers peuvent récuser cela, c'est-à-dire le principe même de cette question.

 

Cette question me semble rejoindre le thème du principe de précaution.

 

En supposant qu’un tel critère limitatif de l’évolution puisse être défini, on pourra alors supposer qu’il soit appliqué (après tout, l’espèce humaine n’est pas essentiellement masochiste). Est-ce qu’en faisant cela, on ne restreint pas les avenirs possibles (je suis en train de relire Dune et le problème de Muad’dib et ses difficultés liées à sa préscience) ? En évitant des évolutions négatives, ne ferment-on pas la possibilité d’un futur « paradisiaque » (passer par une phase difficile avant de parvenir à « mieux ») ?

On peut aussi évoquer les problèmes d’évolutions simultanée (A et B). A et B peuvent être mauvaises de façon isolée et bénéfiques si elles sont conjointes. C’est un casse-tête qui peut se traiter en examinant C = A+B. Mais si on a des millions d’évolutions à considérer, leur combinaison est un nombre plus que gigantesque et donc impossible à traiter.

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