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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 09:58

Tout d’abord, il est bon de rappeler qu’il s’agit d’une catastrophe naturelle. Le fait a largement été occulté par les nombreux intervenants. C’est bien la « bonne nature » qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. C’est encore une catastrophe de nature « géologique » et non climatique. Comme je l’ai déjà écrit ici, plutôt que de gaspiller des investissements inutiles pour lutter contre le prétendu réchauffement climatique, il serait bon d’investir pour réduire les effets de ces catastrophes qui surviennent de façon permanente dans le monde. On peut noter aussi que c’est un événement à l’ampleur exceptionnel (un « big one »).

 

 

Ces considérations étant faites, on peut souligner que dans l’ensemble les dispositions prises pour y faire face ont été plutôt efficaces. A ma connaissance, aucune construction ne s’est effondrée malgré des secousses impressionnantes sur les images (on verra ce qui arrivera lorsque la cote d’azur subira un séisme). L’alerte a été donné rapidement, cela a permis de sauver beaucoup de monde. Par contre, l’ampleur du tsunami a dépassé les estimations. Il y a là un problème non simple à gérer : doit on s’interdire d’habiter une zone qui subit ce genre de chose tous les 1000 ans ?

Ce qui m’a surtout frappé, c’est la faiblesse des secours « post catastrophe ». Sur les images, on ne voyait personne. Comme d’habitude, l’aide internationale a été lente. Sur ce dernier point, il me semble que les nations unis pourraient mettre en place une unité d’intervention international et permanente : étant donné la fréquence des catastrophes, elle a peu de chance d’être au chômage. Outre un pré positionnement, un matériel déjà prêt, il s’agirait surtout de mettre en place à l’avance des procédures d’intervention tant sur le plan technique (fouiller les bâtiments, nettoyer, loger, produire de l’eau et de l’électricité, soigner, nourrir, ...) que sur le plan de l’organisation (modalités d’intervention, répartition des taches et des ressources, aspects juridiques et politiques,...)

 

 

J’en viens à l’accident nucléaire qui en a résultat. Il apparait qu’encore une fois, le gestionnaire de la centrale a failli (en terme d’information, mais aussi en terme d’action).

Je vais reprendre une idée que j’ai lu quelquepart.

Même les plus anti nucléaires doivent admettre que l’industrie nucléaire est l’une des plus « sécurisée ». On peut estimer que cela donne une possibilité d’accident majeur tous les 10 000 ans environ. Avec environ 440 réacteurs (prenons 500), cela donne approximativement une occurrence d’accident tous les 20 ans ! C’est grossièrement ce que l’on constate (Tchernobyl puis Fukushima). Cela, les pro nucléaire doivent l’intégrer.

Je trouve cette position du problème pertinente car elle permet de « voir les paramètres ».

Le premier est le nombre de réacteur (« de puissance ») : environ 500 aujourd’hui, ira-t-on jusqu’à 1000 ? On ne dépassera sans doute jamais ce chiffre.

Le second est la récurrence acceptable d’un accident majeur. Est-ce que 100 ans convient ?

On peut ensuite calculer le niveau de fiabilité exigée : par exemple 1 tous les 100 000 ans. Il s’agit là de niveau quasiment inatteignable. En effet, de tels niveaux de sureté ne s’obtiennent pas uniquement par des installations, des systèmes et des procédures. Il faut faire face au vieillissement des matériels, à la complexité des systèmes et à la « faillibilité humaine ». Cette « faillibilité » a plusieurs causes : l’intérêt égoïste (rogner sur les budgets), la médiocrité (incompétence, dissimulation de ces fautes) et la routine (comment rester vigilant sur le long terme ?).

 

Bref, il me semble illusoire de croire que le « zéro accident » soit possible.

Est-il possible de minimiser les conséquences de l’accident ?

La lecture des bons articles sur le sujet montrent que l’humanité n’est pas complètement désemparée en cas de sinistre. On cite les pastilles d’iode à prendre au bon moment. Sans doute, des larges progrès sont possibles (par exemple une enceinte de confinement temporaire « en kit » transportable en urgence, ou bien des systèmes de refroidissement supplémentaires installés à la demande). Bref, il s’agirait que l’humanité vive avec le nucléaire.

 

A ce titre, je trouve que le procès fait à cette industrie est particulièrement injuste. En la matière, il faudrait comparer. Par exemple, l’industrie du charbon a déjà fait plusieurs millions de morts et continue de provoquer des catastrophes. La comparaison « dommages/MJ produit » pourrait être menée : intuitivement, je pense que la balance penche en faveur du nucléaire. Bien d’autres activités humaines sont aussi coupables. Je cite en vrac : la cigarette, l’automobile et les transports, le sport, les armes, la chimie, la médecine, la télévision, la finance (combien de morts suite à la dernière crise ?)...

 

Il conviendrait que les activités humaines soient placés « au même niveau ». En premier lieu, qu’elles subissent toutes le cout du risque qu’elles engendrent (mais non, je ne travaille pas dans l’Assurance).

 

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