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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 16:36

Il arrive que je sois agréablement surprise par les travaux des différentes entités gouvernementales.

 

C’est le cas du rapport sur le recyclage que l’on trouve ici :

http://www.cgeiet.economie.gouv.fr/Rapports/2014_01_06_industrie_du_recyclage.pdf

 

C’est un rapport commandé par Arnaud Montebourg et Delphine Batho. On peut penser qu’il s’agit de donner suite à l’idée que l’activité de recyclage cache un gisement d’emploi (ce que je pouvais croire moi aussi).

 

 

Extraits :

 

« L’industrie du recyclage en France occupe moins de trente-mille personnes à temps plein ».

 

« Enfin la libre circulation des déchets non dangereux, dont nous ne remettons pas en cause le principe, produit cependant le paradoxe d’une éco-industrie mondiale qui recourt abondamment aux transports, et souvent aux installations de traitement peu respectueuses de l’environnement ou des conditions de travail. Cette situation nuit bien évidemment à l’emploi en France. »

 

«  Dans la plupart des industries de construction mécanique, par exemple dans l’industrie automobile, il faut plusieurs centaines d’employés pour fabriquer dix mille tonnes de produits. Selon les produits et les matières, il en suffit de quelques-uns, tout au plus quelques dizaines, pour déconstruire dix-mille tonnes. Trente mille employés ont suffi à produire en 2012 quarante-cinq millions de tonnes de matière recyclée. »

 

« l’essentiel de la hausse des non ferreux s’est fait pendant la formation de la bulle financière de la dernière décennie, et la plupart des métaux se situent actuellement au-dessous ou au niveau de leur cours moyen de  mai 2007. S’agissant de marchés qui fonctionnent depuis plusieurs décennies avec des intervenants très spécialisés, on peut considérer qu’ils sont proches de l’efficience et que donc les cours reflètent toute l’information dont disposent les agents. Si la certitude d’une raréfaction s’imposait à eux, les cours seraient orientés à la hausse, ce qui n’est pas le cas. »

 

« Or il semble que la France décourage relativement peu la mise en décharge par rapport à un certain nombre d’autres pays européens. Le coût moyen de mise en décharge en France est de 80 Euros par tonne, dont 20 Euros de taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). En Suède ce coût est voisin de 160 Euros, et en Allemagne, pays par ailleurs beaucoup plus strict sur la mise en décharge, il est de 140 Euros. »

 

« Les déchets de papier s’exportent massivement hors de l’Union Européenne (49Mt), les métaux (27 Mt) et plastiques (4Mt) font l’objet aussi d’exportations significatives. »

 

« En 2009, la France a produit 770 millions de tonnes de déchets, en provenance principalement de l’agriculture et de la sylviculture (48,6%), et du BTP (32,9%). Les autres contributeurs sont les entreprises à hauteur de 12,7% pour les déchets non dangereux et 1% pour les déchets dangereux, les ménages à hauteur de 4,2% et les collectivités à hauteur de 0,6%. Hors agriculture et sylviculture, le total des déchets produits en France en 2010 était de 396 Mt. »

 

« Parmi les déchets non dangereux d’entreprises, qui sont presque pour moitié des déchets organiques d’industries agroalimentaires, seuls les déchets industriels non dangereux (17,3% du total des déchets non dangereux d’entreprises) forment un gisement de recyclage important, les deux autres gisements étant ceux du BTP et des ménages. »

 

« Les déchets industriels non dangereux sont recyclés à 69%, les autres traitements étant la valorisation énergétique et incinération (22%) et l’enfouissement (9%).

Les déchets du BTP sont réutilisés, ou utilisés en remblaiement, à 59%, éliminés à 32%, recyclés à 7% et incinérés à 2%.

Les déchets des ménages font l’objet d’un enfouissement pour 34%, d’une valorisation énergétique ou incinération pour 31%, d’un recyclage pour 21% et d’une valorisation organique pour 15%. » 

  • La valorisation des déchets, ce n’est pas que le recyclage. Il y a la réutilisation, la valorisation énergétique.

  • La valorisation des déchets industriels est bonne

  • Celle des déchets des ménages est correcte mais améliorable

  • Le progrès à attendre concerne les déchets des BTP (surtout en masse)

 

« En 2012, l’économie des déchets en France employait 131 310 personnes (équivalents temps plein), dont une part importante dans l’économie sociale. 29 500 ETP, soit moins du quart, travaillent au recyclage (Figure 14). Si l’on rapporte à ces effectifs les volumes recyclés, on obtient un ratio de 1500 tonnes par ETP et par an. »

 

 

« Les 29500 ETP de la filière du recyclage ont contribué à un chiffre d’affaires de 12 375 M€

en 2012, de manière différenciée selon la matière considérée. Les trois quarts du chiffre d’affaires ont été réalisés dans le segment des ferrailles, véhicules hors d’usage (VHU) et métaux non ferreux, qui n’emploie que 22% des ETP. A l’inverse, le segment qui compte le plus d’employés (38%), celui des déchets industriels banals (DIB) en mélange et autres produits et matériaux, ne réalise que 15% du chiffre d’affaires. Le troisième grand segment d’emploi est celui des papiers et cartons, avec 14% des effectifs et 4% du chiffre d’affaires. »

 

  • Bref, il n’y a pas là de gisement d’emplois.

 

 

Il y a plusieurs filières REP (responsabilité élargie du producteur).

Imposées par une directive européenne  (directement ou indirectement)

- Piles, accumulateurs… (2001)

- Equipements électriques et électroniques (2005)

- Automobiles (2006)

- lubrifiants (1986)

- Emballages ménagers (1993)

- Fluides fluorés (2009)

- Médicaments (2009)

Imposées nationnalement

  • Pneumatiques (2004)

  • Papiers (2007)

  • Textiles (2007)

  • Déchets d’activité de soins à risques infectieux (2012)

  • Produits chimiques (2012)

  • Ameublement (2012)

  • Bouteille de gaz (2013)

Sur base de volontariat

  • Produits de l’agrofourniture (2001)

  • Consommables bureautiques (2000)

  • Mobil-homes (2010)

 

 

« La filière du recyclage en France est encore aujourd’hui d’une taille modeste. Elle est probablement en surcapacité, sa rentabilité souffre du cours des matières premières, et ses efforts de productivité limitent son potentiel de création d’emplois dans sa configuration actuelle. Elle est peu attractive pour des investisseurs en fonds propres ou des banquiers prêteurs, principalement du fait de son problème de rentabilité, lui-même lié à un apport de déchets insuffisant en amont et une utilisation de matière recyclée insuffisante en aval »

 

Conclusion (pour moi)

 

1 Le secteur du recyclage n’est pas un eldorado insoupçonné.

 

2 Le niveau de recyclage est moyen. Il peut être amélioré mais n’est plus scandaleusement faible.

 

3 Le fait que je trie mes emballages n’est pas peine perdu.

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