Lundi 30 juin 2008

Dans les hypermarchés, les boites de lame de rasoir sont dans des containers sécurisés. Il s’agit de lames « carénés » et ce n’est donc pas à cause du caractère « dangereux » du produit. D’ailleurs, les couteaux sont eux en « libre service ».

Non c’est le prix qui est en cause. De l’ordre 10 euros la boite de 10 soit1 euro par lame ! Pour un bout d’acier et de plastique. Au kilo c’est au prix de l’or ou du caviar. La protection est donc essentiellement contre le vol.

 

Pourquoi ce prix ?

 

Une première réponse est qu’il faut bien payer les tunnels de publicité télévisée en « prix fort » (généralement la mi-temps des matchs de foot). En se rasant, en quelque sorte on paye le prix du foot : se raser pour voir des matchs rasoirs.

La publicité pour les lames de rasoir est en générale à désespérer de la partie mêle de l’humanité. Il y a eu une exception, je me souviens de la publicité décalée qui montrait le ridicule de la multiplication des lames (10 ou 15) : elle n’est pas restée.

 

La seconde réponse vient sans doute du relatif « monopole » des marques sur ce créneau. Elles imposent leur modèle et leur prix. Mis à part le bon vieux rasoir mécanique, les systèmes de rasoirs sont sans doute protégés par des brevets. J’ai remarqué qu’il existait toutefois des lames « compatibles » dans certains magasins. Mais évidemment, la référence à la marque n’est pas possible.

 

Toujours est-il que ce n’est pas la soi disant innovation pour le confort du rasage qui est payé : ce sont les publicitaires, juristes et autres commerciaux.

 

http://www.glose.org/Juris/13189.html

http://www.droit-technologie.org/actuality-690/gillette-incorpore-un-identifiant-unique-dans-ses-rasoirs-rasez-vous.html

http://www.michaelcarpentier.com/?s=rasent

http://www.lextenso.com/lextenso/site/chronique_file_copyright.php?IdChron=273#Toc3-01

http://admi.net/eur/loi/leg_euro/fr_393D0252.html

http://www.prodimarques.com/juridique/protection_conferee_marque.php

par thidgr publié dans : Economie
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Mercredi 21 mai 2008

L’actualité revient sur les problèmes de pêcheurs (français) face à la montée du prix du pétrole. Etant donné que ceux-ci sont faiblement taxés, ils ressentent quasiment directement la hausse du prix du pétrole. Là où l’automobiliste ne ressent « qu »’une augmentation de 50%, ils voient une hausse de 300 ou 400 %.

C’est évidemment intolérable pour l’équilibre de leur budget.

 

Je ne suis pas devin et je ne sais pas où cela va conduire. Je m’interroge par contre que le sens de tout cela.

 

Dans le discours « politiquement  correct » du moment, il y a plusieurs thèmes.

Le premier c’est que « consommer du pétrole c’est mal ». Or, les bateaux de pêche sont des gouffres à gas oil. Les tentatives de les doter de voile n’ont pas beaucoup de succès. Je ne sais pas s‘il s’agit d’une véritable solution alternative. Cette pensée « anti pétrole » produit le concept d’éco taxe. La TIPP est justement une écotaxe et les pêcheurs en sont déjà « exclus ». Il faudrait au contraire qu’ils rentrent dans le rang et que le prix de leur gasoil soit "encore" plus cher.

Le second c’est la « sur exploitation » des « ressources halieutiques » (la mer quoi). Là encore, je ne sais pas ce qu’il en est du type de pêche française. Les informations françaises par chauvinisme disent que « nos » pêcheurs sont respectueux et ne pêchent « pas trop » (ce sont "les autres" qui « sur exploitent »). L’alternative est connu : c’est l’élevage de poisson. J’ai lu quelque part que la poisson d’élevage avait dépassé en tonnage le poisson pêché dans le monde.

 

Bref ce politiquement correcte voudrait que l’on procède à une transition : moins de pêche (et donc moins de pêcheur (uniquement pour les produits à haute valeur ajoutée) et plus de «fermes marines ».

 

Il s’agit là d’un constat logique (à partir des hypothèse « politiquement correct »), cela n’est pas exactement mon opinion personnelle (dont je ne me soucis pas d’exposer les nuances ici).

 

Toujours est-il que cette conclusion logique ne sera sans doute pas celle qui va être mis en pratique. On continuera à subvention la pêche. La politique n’a que faire de la logique.

par thidgr publié dans : Economie
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Dimanche 9 mars 2008
Les informations me disent qu’en France le fret ferroviaire ne « va pas bien ». C’est à dire qu’il stagne (il n’augmente pas), il serait même déficitaire. Peut être que les employés du fret sont heureux : cela, ce n’est pas dit.
 
Ce constat de « non compétitivité » du fret ferroviaire est surprenant.
 
En effet, supposons un train de 30 wagons portant chacun environ 50 tonnes soit 150 t. La concurrence (terrestre) c’est une flotte de camion de 30 tonne : il en faut donc 50.
 
Comparons les coûts « premiers ».
Ferroviaire : 1 conducteur + cout de transport électrique (cumul des avantages de l’efficacité de la propulsion électrique et du roulement sur rail) + cout de chargement/déchargement
Camion : 50 conducteurs + la consommation de 50 camion + les éventuelles péages + cout de chargement/déchargement de type 2 (moins cher que pour le premier).
Très très net avantage du rail. Il devrait être au moins 50 fois moins cher
 
L’usure (ou l’amortissement) des 50 camions et de la locomotive est des 30 wagons est plutôt encore à l’avantage du rail.
On peut ajouter que le rail étant un moyen de transport « sûr », les coûts d’assurance doivent être moindre.
 
Alors, où est l’erreur ?
 
Un ami me disait que le problème vient du fait que le fret « paie la voie ferrée » alors que les camions utilisent « gratuitement » la route.
Sans renier cet argument, il me semble largement insuffisant.
En effet, le paiement de l’entretien de la route se trouve partiellement dans les péages autoroutiers et la TIPP. Il est l’équivalent du cout de l’entretien des voies ferrées. Pour le rail, il faudrait augmenter le trafic pour diminuer le prix « par voyage ».
D’autre part, les infrastructures installées (routes et voies ferrées) sont déjà « amorties ».
 
Une première explication que je vois est la rupture aux frontières. En effet, les transports sont souvent transfrontaliers. Et au changement de frontière, il y a souvent changement de technologie ferroviaire. Il est parfois nécessaire de changer de motrice. Il faut parfois changer de conducteur.
 
Une deuxième explication est la faiblesse de l’interconnexion rail-route ou rail-port. En effet le rail n’est qu’un maillon de la chaine. Le fait de pouvoir capter le fret dans les ports est important. D’autre part, il faut bien finir par acheminer le fret dans l’entrepôt « client ».
 
Mais c’est sans doute la rigidité du fonctionnement du fret ferroviaire (en France) qui est la cause principale. L’absence de concurrence a sans doute un grand effet.

par thidgr publié dans : Economie
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Jeudi 7 février 2008
On parle beaucoup de la croissance chinoise. Mais un fait est passé relativement inaperçu dans notre système médiatique français : le Chine a dépassé la France en terme de « puissance économique. Elle a même dépassé le Royaume-Uni. L’ordre est : USA, Japon, Allemagne, Chine, RU, France. Nous ne sommes plus que 6 ème (en attendant l’Inde)
.
Les indicateurs de puissance économique sont le PIB ou le PNB. J’ai tenté une recherche sur internet des valeurs actuelles et historiques de ces indicateurs. Et bien, c’est plutôt confus. Les informations présentées divergent beaucoup. En particulier, les chiffres pour la Chine sont peu fiables. Finalement, la Chine a peut être déjà dépassé L’Allemagne.
 
Je dispose d’un bilan du monde de 2002 (par « le monde ») où les PNB chinois est américain sont de 1131 et 9000 G$. La fiche pays « du monde » pour 2007 estime le PNB chinois à 1580 G$ (+40% en 5). Impossible de trouver l’estimation US.
 
En 2002, la Chine était derrière le RU, La France (et juste devant l’Italie à 1127 G$). Le dépassement évoqué s’est fait pendant ces années (la France était à 1377 G$ et le RU à 1451 G$), le dépassement aurait eu lieu en 2006 pour la France et en 2007 pour le RU.
 
En projetant tout cela, certains estiment que la Chine ne dépassera les USA que vers 2080. Ils ne font que prolonger linéairement les courbes. Ce point de vue me semble peu pertinent. Evidemment, nul ne sait de quoi l’avenir sera fait. Mais s’il n’y a pas de catastrophe majeure, il va tout de même y avoir un phénomène marquant : la Chine va devenir la créancière du monde (S’était les USA qui l’était devenu depuis la première guerre mondiale et c’est l’origine de leur prééminence). Il va se produire un point de basculement. Ce qui va se passer lors de cette période, ce sont 3 phénomènes : la Chine va avoir une balance des paiements excédentaires (en plus de sa balance commerciale), le PIB américain basé sur des services « vides de contenu » va se dégonfler, le yuan va se valoriser complètement par rapport au dollar.
En terme de PIB, le rapport de 1 à 7 qui existe actuellement basculera (de 2 à 1). La Chine sera la première puissance économique du monde. Cela arrivera bien avant 2080. Il n’est pas dans l’intérêt de la Chine de précipiter le mouvement. Ne serait-ce que du fait de la réaction militaire du « cowboy ». Elle attendra au moins d’avoir la parité militaire.
 
Et la France ? Elle est quantité négligeable dans le phénomène. Ce qui peut peser dans le poker en question, c’est l’union européenne (pas dans sa forme actuelle) le Japon, une hypothétique « union arabe » ou « union « musulmane » (il faut noter que le PIB de l’Arabie Saoudite et son excédent commerciale est mystérieux), l’Inde, et marginalement la Russie (le Brésil et le Mexique). Ce n’est pas la fin du monde pour autant. La France peut choisir d’agir maintenant. Ses 5 options d’action : jouer la carte des Etats-Unis (se vassaliser), jouer la fédération européenne (se dissoudre), jouer la carte de la multipolarité (multiplier les « puissances », créer des contre pouvoirs), jouer la neutralité « à la Suisse », papillonner. Etant donné l’écart culturel, il semble difficile de jouer la carte « chinoise ».
 
Avant de lire le traité pour une constitution européenne, je croyais que la carte de la fédération européenne était possible. J’en doute fortement. En effet, il s’agit d’un objectif à 10-30 ans, et la médiocrité du traité démontre que l’avènement d’une éventuelle fédération européenne ne sera pas de ce siècle.
 
En conséquence, ce qui a m’a préférence, c’est la multipolarité. Nous allons être des « petits », il faut que l’on fasse en sorte que tous les « petits » puisse avoir voix au chapitre.
 
Je n’ai pas encore capté dans quelle voie nous conduit nos gouvernants. Je crains que ce ne soit « papillonner ». La pire des solutions. Cela revient à ne rien faire, à rester en plan, à laisser passer les locomotives. On deviendrait alors « moins que petits ».
 
J’ai évoqué l’absence de catastrophe majeure. Si un tel phénomène survenait, ces pronostics sont caducs. On ne va pas tout de même en arriver à souhaiter une telle chose pour nous tirer de ce destin funeste ?

par thidgr publié dans : Economie
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Vendredi 1 février 2008
Je suis ingénieur informaticien. Et il est arrivé que je mène des projets d’automatisation. La conséquence de ces projets a pu être une réduction d’effectif. Le modèle économique qui justifie ce genre de projet est en effet : « Coût de gestion non automatique > Coût de gestion automatisé + coût du projet actualisé ». Si la justification économique existe, la question morale se pose. Il existe sans doute des chefs de projet informatique qui la néglige. Je l’ai affronté.
 
En premier lieu, je dois indiquer que les « projets d’automatisation » sont plutôt rares. La plupart des projets informatiques sont des composites genre « usine à gaz » où la raison d’être du projet est assez absconse. On pourra trouver des raisons réglementaires, l’espoir de développer les « ventes », l’augmentation de qualité, l’obligation technique (« c’est plus maintenu »), le fait de trouver une solution parce que l’expert part à la retraite, la réduction des coûts (parmi lesquels les coûts salariaux ne sont qu’une composante)… Bref, c’est rarement aussi limpide que l’inégalité citée plus haut et le cas de conscience ne se pose pas si souvent. Mais il y a des cas où le problème se pose vraiment.
 
Mon point de vue est que c’est une affaire d’accompagnement. Si le « changement » que cela représente est vraiment géré humainement, alors il n’y a pas de problème moral. Je vais citer quelques arguments.
 
On peut tout d’abord considérer que l’organisation en question (l’entreprise mais c’est aussi valable pour des administrations ou des associations) doit rester compétitive. Il faut bien rester à niveau, sinon, c’est toute l’organisation qui est en péril. « Se couper un doigt plutôt que de perdre la main ».
 
Ensuite, les projets d’automatisation s’appliquent à des taches répétitives et « à peu de valeur ajoutée ». C’est vrai parce que les tâches « complexes » s’automatisent mal voire pas du tout : en tout cas le retour sur investissement dans ces secteurs est médiocre. En conséquence, c’est faire disparaître des taches fastidieuses et ingrates dont il s’agit. Cette considération à 2 facettes. On peut considérer que l’existence de ces taches était « indigne » et que leur disparition est une bonne chose. On peut en retour penser que les gens qui exécutaient ces tâches n’avaient pas le niveau pour faire autre chose. Ce dernier point de vue est pessimiste sur les capacités d’apprentissage humain. En définitive, je pense que la réponse est au niveau global : il s’agit de la transposition sur le plan « culturel » du gain économique. Le temps humain gagné peut être utilisé à des sujets plus élevés culturellement.
 
La gestion humaine du changement c’est de ne laisser tomber personne. Dans une grosse organisation, il est possible de trouver une place à tout le monde. Par exemple, la gestion automatisée pourra avoir besoin d’un suivi. Finalement, il est possible de dégager des places « plus intéressantes ». Pour cela, il faut former. Gérer le changement, c’est aussi anticiper, donner du temps, informer. Les changements sont vécus douloureusement lorsque cela n’est pas correctement traité. Ce n’est plus de l’informatique.

par thidgr publié dans : Economie
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