Dimanche 30 mars 2008
Après l’anglais et l’italien, je m’intéresse aux phonèmes du japonais.
 
Si je me fie au syllabaire du japonais (les kanas), le nombre de phonème est extrêmement réduit :
 
5 voyelles : [a e i o uu ] ([uu] n’est pas très loin de [u]).
19 consonnes [k s ch t ts tch n h F m j r w g z dj d b p]
 
Ayant suivi des cours de japonais, j’avais été frappé par cet aspect. Et encore, le syllabaire réduit les combinaisons (Le [f] ne se retrouve normalement que devant le [uu]).
 
Il y aussi la nasalisation qui apporte des altérations.
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Mardi 25 mars 2008
Après m’être intéressé aux phonèmes de l’anglais, je voulais aborder les phonèmes de l’italien. La situation est bien plus simple.
 
J’ai trouvé le site suivant : http://fr.wikibooks.org/wiki/Phonologie_de_l'italien qui a fait le travail à ma place. Je récapitule (comme les symboles phonétiques ne passent pas je les code de façon approximative).
 
Lettre a : [a] (ou dans le nord [A])
Lettre e : [é] ou plus exceptionnellement [è]
Lettre i (et y) : [i] ou [j]
Lettre o : [o] ou plus exceptionnellement [O]
Lettre u : [u]
 
Lettre b : [b]
Lettre c : [k] ou [tch]
Lette d : [d]
Lettre f : [f]
Lettre g : [g] ou [dj], gn : [gn] ; gli : [l mouillé], gu [gw]
Lettre h : []
Lettre l : [l]
Lettre m : [m]
Lettre n : [n] ou [m] ou [ng]
Lettre p : [p]
Lettre q : qu => [kw]
Lettre r : [r]
Lettre s : [s] ou [z], sc : [ch]
Lettre t : [t]
Lette v : [v]
Lettre z : [ts] ou [dz]
 
Il y a donc 7 phonèmes de voyelles : [a é è o O i u ] (16 en français avec les nasales, 20 en anglais dont 5 diphtongues).
Et 22 phonèmes de consonnes : [j b k tch d f g dj gn lm w l m n ng p r s z ch ts dz] (22 en français, 26 en anglais).
 
Voilà pourquoi l’italien est une langue plutôt régulière !
 

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Samedi 15 mars 2008
J’ai très longtemps considéré que la diversité des langues était plutôt un handicap pour l’espèce humaine.  Je lisais avec incrédulité le fait que cette diversité linguistique était une bonne chose, qu’il fallait sauver les langues en voie de disparition. J’étais amusé par les efforts de la défense de la francophonie. Je considérais que puisque l’Histoire a aboutit à la prééminence de l’anglais, et bien que l’anglais soit la langue unique n’était pas plus mal.
 
Et puis ces présupposés se sont érodés au fil du temps.
 
Le fait que l’anglais soit désigné comme langue cible me semble discutable. Tout d’abord c’est loin d’être la langue la plus parlée dans le monde. Ensuite, techniquement, l’anglais est une langue particulièrement irrégulière ou l’écart entre l’écrit et l’oral est dramatique. Le choix de l’alphabet latin pour écrire l’anglais n’est pas le plus approprié.
 
Toujours techniquement, l’avantage d’une écriture alphabétique ne me semble plus aussi évident. Il y a des avantages à une écriture idéographique : la concision, la beauté, la pérennité du sens de l’écrit.
 
L’idée du langue unique me semble un non sens. Les langues s’éclatent, se subdivisent dès lors que le nombre de locuteurs grandit. Il n’y a pas qu’un seul anglais parlé dans le monde : c’est plutôt du globish. Chaque groupe un peu fermé créé son propre vocabulaire. Si les 6 milliards d’être humain parlaient la même langue aujourd’hui, il ne faudrait pas beaucoup de temps pour qu’apparaissent des dialectes différenciés puis des langues différents.
 
L’unification des langues ne me paraient plus une bonne chose. Ne serait-ce que pour combattre la monotonie.
 
En tant que francophone, la défense du français ne me semble plus ridicule.
 
Je propose classer les caractéristiques distinctives d’une langue en 4 : l’ensemble des phonèmes (la prononciation), la construction des phrases (syntaxe et grammaire), le vocabulaire (dictionnaire), l’écrit (caractères, règles de l’écrit qui sont particulièrement alambiquées pour le français).
 
Pour les phonèmes, le site de wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_phon%C3%A9tique_international) montre la diversité de la capacité du système phonétique humain. La mutliplicité des langues permet de conserver cette richesse de façon « vivante ». Si l’on converge vers une seule langue, il importe de garder un nombre varié de phonème avec des caractéristiques discriminantes claires (le français n’a pas des phonèmes très différenciés).
 
Syntaxe et grammaire se trouvent dans les langages artificiels. On est dans un contexte mathématique. Est-il bien utile de conserver de la diversité ici ? En imaginant une langue cible, quel serait le critère de construction ?
 
Le vocabulaire d’une langue est rarement clos. C’est sans doute la partie la plus facilement extensive. J’ai un texte qui évoque que l’anglais actuel aurait plus d’un million de mots. La tendance actuelle est que cette extension se fait de façon unifiée (entre l’anglais et le français par exemple, mais aussi l’italien, l’allemand, l’espagnol, le japonais).
 
Concernant l’écrit, il est vrai qu’un rude apprentissage scolaire laisse des traces. J’ai du mal à imaginer un français écrit simplifié. Si l’on exclue un écrit idéographique pour adopter un écrit alphabétique, la cible logique serait de converger vers une écriture phonétique. C’est l’italien qui est le mieux placé ici.
 

par thidgr publié dans : langage
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Samedi 2 février 2008
Extrait d’un document WestMill.
 
« It is said that France has a rationalist and Britain an empiricist philosophical tradition. The first starts from a mental construct of the world, the second from experience of the world. There are implications of this in language. The French language adopts the formal tone of concept and conclusion, whereas English seems more concerned with describing immediate experience.
 
In French we say "l'objet de cette étude", in English we have "the subject of this study". In French the world is object. In English the world is subject. In English we start with the world and we place our "self" in it. In French we start with the self and place the world around it. It is interesting to note that the word "self" has the equivalence in French "moi". So we have a subjectivisation of the ego and an objectivisation of the world. This objectivisation explains why there are so many reflexive expressions in French: "Je me lève, je me lave, je m'habille etc.". In such expressions the actor or subject becomes his own object. He cannot then come into direct relation with the outside world, but has to pass through an intermediate step: Je -> me -> . These attitudes have immense repercussions on style and register. They explain why "being" gives way to "having" very early in French discourse : "J'ai vingt ans/chaud/soif/de la chance etc". »
 
Je trouve le thème intéressant et discutable.
Tout d’abord, on peut dire aussi « le sujet de cette étude ». Lorsqu’on l’on dit « l’objet de cette étude », cela se réfère plus à « l’objectif », à la raison de l’étude, alors que le sujet c’est plutôt le thème.
Examinons «je me lave ». Si je dis « je lave », on ne sait pas ce que (ou qui) je lave. « je lave « moi-même » transformé en « je me lave ». L’anglais dira « I dress » et surtout « I wash ». Dans ce dernier cas, il est vraiment sous-entendu que c’est « soi-même » (myself). L’histoire de « l’impossibilité de la relation directe avec le monde extérieur » ne me semble pas claire. Je me demande s’il existe en français des verbes pour lesquelles l’action s’applique naturellement à celui qui agit. « Je pleure » n’entre-t-il pas dans ce cas de figure ?
Je trouve plus pertinente la remarque sur l’utilisation « d’avoir ». « J’ai vingt ans » est effectivement étrange.  « C’est la vie ».

par thidgr publié dans : langage
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Jeudi 24 janvier 2008
Dans ce blog, je fournis plutôt des questions que des réponses. C’est un « blog de recherche ». Je tâtonne, je formule des hypothèses. Et la rédaction de tels écrits se heurte à une difficulté : le conditionnel.
La quasi-totalité de ce blog devrait être écrit au conditionnel. Mais cela alourdit le style. De plus si tout est au conditionnel, il est impossible de graduer le niveau d’incertitude ».

Ceci ne s’applique pas qu’à ce blog. Il me semble que très rares sont les cas de « certitudes ». L’utilisation de l’indicatif devrait donc être exceptionnel. Ce n’est pas le cas en pratique. On fait comme si ce que l’on disait était assuré.
Est-ce que tout le monde a conscience de cette « présomption » ?
par thidgr publié dans : langage
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