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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 14:07

Mon fils vient de passer son bac et son sujet de philosophie était « avoir raison contre les faits ». A sa place, je ne pense pas que j’aurais choisi celui là car il me semble difficile de défendre cette thèse.

Une proposition de corrigé qui m’a plutôt surpris

http://lewebpedagogique.com/bac-s/bac-s-philo-2011-sujet-2-peut-on-avoir-raison-contre-les-faits/

Je vais examiner la question mais pas comme une épreuve de philo au bac.

 

Comme d’habitude, les mots sont source de problème (du fait notamment de leur polysémie).

 

En premier lieu, les faits sont supposés être les « faits vrais » c’est à dire qu’ils sont rapportés sans déformation ni mensonge (sinon, la possibilité d’avoir raison face à des faits mensongers est évidente).

Le mot « contre » sera pris comme exprimant l’opposition (et non le contact étroit par exemple car alors la question n’est pas paradoxale car il signifie plutôt « avec les faits »). Ainsi, le corrigé examine aussi une autre lecture de « avoir raison » qui est « donner une interprétation des faits ». « Avoir raison contre les faits signifierait alors donner une interprétation juste de ce qui se passe, s’est passé, voire va se passer ».

 

L’enjeu du sujet est bien d’avoir « les faits » d’un coté et « une raison » de l’autre qui sont contraires. Cela signifie que cette raison et ces faits « parlent de la même chose » (sinon la question n’a pas beaucoup de sens). Ainsi, dans le corrigé il est dit « on n’a pas raison, ni tort contre un tremblement de terre ». C’est l’exemple d’une phrase « insensée » puisque la raison porterait sur la prévision (ou non) du tremblement de terre (voire de sa possibilité). Le tremblement de terre « est », la raison « en parle ».   

 

Dans le « corrigé », il est écrit « si les faits signifient ce qui s’est passé, avoir raison consiste à reconstituer ce passé, à lui donner un sens par une interprétation qui vient s’ajouter. » Voilà qui est jouer sur les mots : l’expression « avoir raison » ne signifie pas            alors « être dans le vrai » mais « avoir (toute) sa raison » soit encore « donner du sens ».

 

 

« Avoir raison » sous-entend qu’un être (humain) pense cette « raison ».  Il a une position/opinion (qui peut être plus ou moins bien réfléchie ou argumentée). Je lis dans le dictionnaire que le mot raison, outre la capacité logique de séparer le vrai du faux, serait aussi une capacité morale à séparer le bien du mal. On va devoir traiter des 2 cas.

 

Dans le premier cas, il s’agit d’avoir moralement raison contre les faits (du réel). Il n’y a pas vraiment de paradoxe. Le monde est remplis d’événements amoraux ou immoraux quelque soit le système moral de référence. Les gens sont méchant et font des actions mauvaises soit, il est possible d’avoir raison moralement contre cela (selon son référentiel). Il est même possible que le « méchant » sache qu’il agit méchamment.

 

On en vient au coeur du sujet (le reste me semble être de la perte de temps) : serait-il possible d’avoir raison (logiquement, rationnellement) contre des faits du réels ?

 

C’est possible s’il s’agit de faits d’exception. Ainsi, on aurait une théorie générale globalement vrai mais comportant des limites d’applications dans lesquelles viendraient se loger ces faits (cas de la mécanique classique avec les phénomènes relativistes). Strictement, la théorie est fausse, mais en pratique, on peut l’admettre vrai pour son domaine d’application.

 

Je pense aussi à la Fontaine et sa « raison du plus fort ». Il est certain que si vous tenez un pistolet sur ma tempe, voilà un argument qui tendra à vous donner raison même si les faits ne le font pas.

 

Sinon, je ne vois pas. C’est bien le réel et ses phénomènes qui sont la seule source de « raison rationnelle ».

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 10:13

Professionnellement, je suis amené à constater des situations générateurs de risque et donc de demander de remédier à cet état de fait. Si généralement, le constat ne fait pas trop débat, le risque lui est beaucoup plus polémique. Je crois qu’il y a là un sujet profond qui me semble être « de société ».

 

Le risque c’est un événement qui pourrait survenir. Cet événement a un effet (un impact qui est généralement négatif). Bref il possède 2 caractéristiques majeures : une probabilité de survenance p et un cout de « réalisation » c.

 

La vision simple consiste à dire que toute mesure de réduction qui coute moins que la différence « p1c1- p2c2 »  est bonne à prendre. Cette vision est « simple », mais elle a le mérite de poser le problème. On peut remarquer que si aucune mesure ne convient, on « vit avec le risque ».

Prenons le cas d’une assurance (où l’on suppose c2=0), le prix que va faire payer la société d’assurance est nécessaire supérieur à p1c1 (sinon la société d’assurance ne ferait pas de bénéfice). Pourtant, on contracte souvent des polices d’assurance. Pourquoi ?

Outre l’obligation légale, c’est parce que p1 n’est pas assez petit d’une part et parce que c1 est bien trop cher d’autre part. En gros, « il y a une probabilité significative que l’on soit ruiné (ou tout au moins que l’on perde bien trop – le contraire du loto en quelque sorte). Statistiquement c’est perdant mais psychologiquement c’est nécessaire. On peut aussi dire que l’on se paie « sa tranquillité d’esprit ».

 

Les estimations d’impact (c) sont assez difficiles à chiffrer. Cela dépend de tellement d’hypothèses ! On les estime plutôt en « ordre de grandeur » : quelle est l’importance de l’impact sur l’entité considérée (est-ce que je vais perdre quelques euros, quelques centaines, des milliers,...).

 

Surtout, c’est la probabilité (p) qui est délicate. Nous sommes dans le cas où l’occurrence est peu fréquente, donc p<0,05. Sinon, ce n’est plus du risque, c’est de la roulette russe. On n’admettrait pas de continuer une activité aussi casse-cou.

Au fait quelle est l’unité ? Si l’on songe à un lancer de dés, c’est une probabilité par occurrence. Mais en pratique,  on a affaire à un activité plus ou moins continue : une base annuelle semble pertinente. Il s’agit de supposer l’activité pratiquée régulièrement au cours de l’année. Alors, la probabilité est celle de la survenance d’au moins un événement dans l’année. Evidemment, l’intensité de la pratique au cours de l’année est une variable à ne pas négliger.

 

On remarque qu’à 5% par an, le « temps de survenance » est de 20 ans. En conséquence, si je pratique cette activité toute ma vie, j’ai une quasi certitude que cela va m’arriver. On voit s’esquisser une échelle de comparaison.

Avec une probabilité p par an, la probabilité P que l’événement arrive au moins une fois au bout de n année est « 1-(1-p)^n ». Il est facile de dresser un tableau excell.

On y voit qu’avec p =5%, au bout de 20 ans, P = 64% (ce que j’ai dénommé temps de survenance n’est pas une probabilité totale). Au bout de 70 ans (une vie) P = 97,2% soit une quasi certitude.

 

Dans l’article sur la catastrophe nucléaire japonaise, j’évoquais une fiabilité de l’industrie nucléaire avec un accident tous les 10 000 ans. A cette date, avec p = 0,01%, on a P= 63,21%. Cela donne une idée du niveau de sécurité : « 0,01% d’accident majeur par an et par réacteur ».

 

Il y a environ 5000 morts sur les routes françaises par an pour 60 millions d’usager (« accident majeur » du « système routier »). Soit (« en moyenne ») p = 0.0083%.

 

La probabilité de gagner au lot (49 cases – un seul jeu) est de 0,0000018%. En jouant toutes les semaines la probabilité de gagner une fois dans l’année est p=0,000062%

 

 

On peut donc découper le problème comme suit

- Si p> 5%, le risque est intolérable. Il faut agir. On est « casse-cou ». On peut considérer que l’on n’est pas dans la gestion de risque mais dans la sécurité de base.

- Si 0,05%<p< 5% ; on est dans le cadre d’événement « pas trop rare» qui « finira par arriver ». L’approche statistique « bénéfice/cout » des actions de réduction de risque a son sens. 

- Si p<0,05%, l’événement devient improbable pendant la durée vie d’une humain ou d’une entité « humaine » (moins de 5% au bout de 100 ans). On aborde le cas des événements rares. Pour un individu/entité x donnée, on parvient à lui faire admettre la possibilité de l’événement, il est possible de parvenir à un accord sur sa probabilité (quoique très difficile à estimer). Et alors, comment le mobiliser pour une action ? Par exemple, comment mobiliser les acteurs d’une centrale nucléaire pour prévenir une action alors que la probabilité de survenance sur cette centrale là est très faible ?

On a vu 2 facteurs « multiplicatifs » : la durée d’une part et le nombre d’individu/entité d’autre. Il faut quitter une vision nombriliste pour une vision globale et dans la durée. Effectivement, l’événement est largement improbable pendant la vie de l’individu x. Par contre, parce qu’il y a beaucoup de « cas x » et parce que le temps passe, l’occurrence de l’événement devient certaine  globalement et à la longue.

L’individu x sera tenter de « faire le pari » que cela n’arrive pas. D’autant plus que de toute façon, il ne pourra pas en supporter les conséquences. Et bien, l’intérêt d’un société réglementer et de l’obliger à en tenir compte (prendre une assurance par exemple). Le calcul bénéfice/cout vu précédent ne doit pas se faire au niveau de l’individu mais au niveau de la société.

Et pour les événement rares au niveau de la société (une crise économique par exemple) ?

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 10:07

Il me semble que nos société manquent d’une ou plusieurs instances neutres (apolitique, objectifs, factuelles) en charge de publier des indicateurs (précis, efficaces, synthétiques, fiables, utiles).

 

Ce serait pour mesure la réussite d’une politique ou l’état d’un pays. Les thèmes seraient l’économie, la sécurité intérieur, l’éducation,...

Il en existe déjà. Mais ils sont rarement penser en terme de « service au citoyen ». D’autre part, ils sont souvent produits par des entités liées aux organismes concernées : avec le risque d’être juge et partie.

 

J’ai bien dans l’idée d’entamer le sujet. Je verrais bien des associations à but non lucratif le prendre en charge...

 

Il reste qu’une telle entreprise est couteuse. Et pour garder l’impartialité, pas question d’une rémunération à la publicité.

La dimension internationale me semble aussi importante. En effet, la plupart des questions ne sont pas spécifiques à un pays et les indicateurs ont vocation à être identiques à des fins de comparaisons.

 

A suivre...

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 10:05

De plus en plus, j’ai l’impression que « ma vie » est planifiée à l’avance. Cela se conjugue avec l’impression d’une accélération du temps.

 

 

Examinons l’origine de la « définition » de nos activités de la journée. J’entrevois 3 modèles (évidemment, la réalité est toujours un enchevêtrement de ces modèles).

 

Le premier modèle est « libertaire ». C’est à dire que rien n’est planifié, on subit les événements, on les prend comme ils viennent. Cela permet de bien « sentir l’air du temps ». En conséquence, on est pas préparé aux épreuves et elles sont généralement difficiles à passer. Par contre, l’imprévu étant la règle, il n’est pas particulièrement redoutable. J’étais plutôt comme cela dans ma jeunesse. Est-ce le cas de tout le monde ?

 

Le second modèle est « planificateur ». Evidemment, cette planification peut être plus ou moins poussée et détaillée. Mais dans l’ensemble, il s’agit de positionner les événements dans le futur. Cela permet de les préparer, de les « budgétiser ». Il est certain que tout projet d’un peu d’envergure exige une planification. Un projet bien préparer est généralement un gage de succès. L’efficacité du système a tendance à le généraliser à tous les aspects de la vie. On planifie ces projets professionnels, ses rendez-vous, ses vacances, son mariage, ses sorties, ses projets privées, ses repas, ses achats, ses loisirs, ... jusqu’à son propre décès. Comme exemple, cela me rappelle la réflexion de Belgarion dans le livre de D Eddings : étant devenu roi, il est enfermer dans un protocole et il a l’impression que l’huissier qui le réveille chaque matin a tout planifier de sa vie jusqu’à connaitre la date de sa propre mort.

Tout est prévu, prédit, dans ces conditions l’imprévu est un sacré problème.

Je suis actuellement plutôt « prisonnier » de ce second modèle. Il est plutôt étouffant. Est-ce que tout le monde y vient en vieillissant ?

 

Le troisième modèle est une sorte d’intermédiaire : un « modèle horizon ». Il s’agit d’une planification dynamique. Contrairement au modèle planificateur statique vu précédemment, tout n’est pas placé à l’avance, en tout cas pas à un horizon de plusieurs jours. Contrairement au modèle libertaire, un peu d’anticipation est effectuée. Avec ce modèle, on reconnait que l’avenir lointain est inconnu et donc il est inutile de chercher à le prévoir. Par contre, le court terme est prévisible et il faut l’appréhender. Dans ce cas, le temps de la « planification » et le temps de l’action n’est pas nettement distinct au contraire du cas précédent. Ce modèle est plus souplesse, laisse plus de liberté. Par contre, il est plus exigeant et plus fatigant : il nécessite  une remise en cause permanente. Dans le cas précédent on « déroule un programme », alors que dans ce cas-ci on doit programmer l’action suivante à chaque étape. Contrairement à la rassurante stabilité de la planification long terme, ici rien n’est certain, tout peut être remis en cause. C’est sans doute le prix de la liberté. Il me vient une comparaison : ce modèle répond à l’exigence qui voudrait qu’il faut « vivre comme chaque jour comme si c’était le dernier ».

 

Venons-en maintenant à la sensation du temps qui passe. Je me souviens que les heures semblaient longues dans ma jeunesse. Et d’après quelques romans ou témoignages, il semble que cette impression est partagée. Serait-ce du à cette situation de « passivité totale » de la « planification libertaire » ?

Au contraire la planification totale engendre un sentiment de « temps qui passe vite ». On peut trouver cela étrange dans la mesure où il s’agir de « vivre ce qui est prévu » c’est à dire en quelque sorte de le « revivre » et donc cela devrait générer un ennui, une lassitude propice à trouver le temps long.

Il me semble que cette contradiction se lève si l’on examine « le planificateur ». Dans le premier cas, on subit, le planificateur est « autrui » alors que dans le second c’est nous même. La différence serait donc que dans le second cas, on est « satisfait de voir les choses se dérouler comme on les a prévu ».

 

Et pour le modèle « horizon » ?

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 14:56

Cette phrase « passe-partout » est littéralement fausse (une personnification de la nature) mais recèle une vérité profonde : à savoir, la tendance irrésistible de tous les systèmes dynamiques a occuper tout l’espace de phase accessible. On conviendra que la première phrase est plus vendeuse.

 

Pour commencer, ce n’est pas « la nature » dont il s’agit mais de systèmes dynamiques. Le plus exemplaire est « la vie ». Mais aussi, cela peut être « l’espèce humaine », ou bien les atomes de gaz ou encore les ondes-particules de la mécanique quantique.

On suppose (et l’on constate) que tous ces systèmes sont régis par des lois « dynamiques » (pas toujours facile à identifier et formuler et pas toutes encore connues). Ces lois contraignent le système c’est à dire restreignent sa liberté. Pourtant, du fait de l’aspect « dynamique », le système peut réessayer (sans fin). En pratique, les contraintes décrivent une enveloppe dans l’espace des phases du système. Cette enveloppe est généralement très grande et le système finit par occuper tous les points intérieurs à l’enveloppe. 

 

Dit autrement, cela veut dire que le système s’approche de ses limites. C’est là un constat qui me semble intéressant : s’il y a des limites, elles constituent une « zone d’attirance ».

 

Par exemple, les limites de déficit sont généralement atteintes (voire franchies)

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 14:55

Dans les relations humaines (négociations, flirt, hiérarchie,...), il est souvent question de pouvoir. En fait, on apprécie que « l’autre » soit « en danger ».

 

En effet, s’il est confortablement installé, sécurisé, on aura aucune prise sur lui. Impossible de le faire bouger.

 

Avec cette idée, la transposition donne plusieurs cas pratique.

Supposons que l’on « veuille  quelque-chose » (se faire embaucher par exemple). La relation est largement di symétrique. L’employeur (en général un personnel RH qui n’est pas du tout impliqué) est « sécurisé ». La première attitude est de l’être aussi (ne pas dépendre de ce nouveau job). Mais dans  cette situation, tout est bloqué. L’idée est de faire croire que « l’on est en danger » (que l’on a veut ou que l’on a besoin du job à tout prix). Alors, l’interlocuteur va se délecter du pouvoir qu’il a sur nous.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 10:01

Au fil des années, j’ai constaté un fait universel relatif « au rangement ». A supposer que largement soit effectué, tout le monde à son « arbre de rangement ». L’illustration qui me semble démonstrative concerne celle des répertoires de fichier bureautique.

En effet, tout un chacun est confronté au problème du « classement » de ses fichiers bureautiques et je n’ai pas trouvé 2 personnes qui avaient la même « logique ». Lorsqu’un groupe de personnes partagent le même répertoire « parent » , s’ils n’ont pas convenu d’une norme de classement au départ, et bien l’évolution de l’arbre des sous-répertoires sera très chaotique.

J’ai même constaté sur moi même que pour une même personne, l’arbre de classement évoluait au fil du temps : c’est particulièrement fragrant pour les e-mails que l’on classe par thème détaillé lorsqu’ils arrivent et de façon beaucoup plus global après quelques semaines.

Fort heureusement, les outils de recherche permettent maintenant de ne plus se casser la tête et autorise de ne rien classer du tout.

 

Au delà de cette illustration informatique, c’est bien une question d’une « structure de l’esprit » de chacun qu’il s’agit.

Je me souviens d’avoir été passablement irriter face aux résistances des autres face à ce qui me semble être « la seule bonne façon ». Et puis, j’ai bien pris conscience de la relativité universelle de ces classements : aucune ne peut être logiquement privilégiée. Là encore, c’est un question de pouvoir (de type dictatorial en l’occurrence).

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 10:00

Dans notre société de ce début de XXIème siècle, je ressens quelque chose que je traduirais par la « perte du sens ». Tentons de préciser cela.

 

Il me semble qu’il existe dans la société humaine un « fond de rationalisme ». Cela est vrai dans toutes les sociétés et depuis les temps historiques.

Ce fond de rationalisme suppose justement que le discours public soit « sensé ». Le langage utilisé n’est pas du babillage. Il utilise un vocabulaire qui a une capacité de précision.

Par ailleurs, la description des « réalités » se veut « authentique ». C’est à dire que ce qui est dit parle du monde avec plus ou moins de justesse.

Enfin, tout un chacun a un souci de cohérence. Cette cohérence est généralement logique. Cette cohérence logique se retrouve grossièrement dans le discours commun.

 

Bien sûr, des forces antagonistes ont existé de tout temps : le mensonge, les jeux de mots et la poésie, la folie, l’imagination pure... <ces forces sont « antagonistes » et non nécessaires « maléfiques » : mon analyse ne se fait pas en terme de bien ou de mal>.

 

Voilà ce que je dénommerais le « soucis du sens » qui semble avoir été un trait caractéristique constant des sociétés humaines.

 

On voit que ce se soucis du sens n’est pas une dictature de la raison mais plutôt le résultat d’un équilibre.

On voit aussi qu’il provient intrinsèquement des caractéristiques psychologiques humaines.

Enfin, c’est un besoin des sociétés humaines. Il est clair que dans le domaine scientifique et technique (qui est malgré tout un des piliers des sociétés humaines), ce besoin du sens est prépondérant. Mais même en dehors de cela, un minimum de sens est nécessaire rien que pour faire tenir une société.

 

Et bien, je ressens actuellement (depuis 10 ou 20 ans) un perte de sens. C’est à dire un déplacement de l’équilibre de ce souci du sens vers « l’insensé ».

Quelques exemples :

-          La dérision avec laquelle tout discours réfléchi est reçu.

-          L’impossibilité d’avoir des débats de fond

-          La prépondérance de la forme et de la frivolité

-          La perte de prestige de tous les acteurs « intellectuels », des métiers et des formations associées.

-          La promotion du crétinisme.

 

Il est possible que ce ressenti soit biaisé. Cela n’arriverait qu’en France ou que dans certains pays occidentaux. Peut être que d’autres pays n’en sont pas victimes.

Il est possible aussi que cette tendance va s’inverser.

 

Voilà un ressenti. Il est évident que je déplore cette situation.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 09:56

Les débats des chercheurs de la chouette d’or (sur presque n’importe quel forum) sont illustratifs de la difficulté de débattre. La chasse au trésor « la chouette d’or » me semble un bon exemple car il s’agit bien de trouver « réellement » la localisation d’une chouette. C’est donc un problème « concret » qui a une seule issue positive. Cette issue est indépendante de la personnalité du débatteur, des ses opinions, de sa classe sociale, de son sexe, etc..

 

En n tout logique, le contenu des interventions devraient porter sur le fond. En ce qui concerne la chouette, c’est la résolution des énigmes, c’est à dire l’interprétation des éléments des énigmes.

Mais, dès que l’on sort des lieux communs, cette simple caractéristique devient moins facile à décrire. Il se trouve surtout que les débatteurs sortent complètement de cette contrainte. Le comble arrive lorsque cela devient un débat de personne. Sans en arriver là, il arrive presque toujours que le départ « monte en abstraction » et s’éloigne considérablement du « premier degré ». Il y a plusieurs façons de monter en abstraction : l’une d’entre elle est d’aborder des questions de méthode.

 

A cause de cette dérive universelle, le débat « rationnel »est il impossible ?

Il me semble que non. Mais à une condition : c’est qu’il s’agit toujours de bien situer la position de chaque argument dans cet arborescence des abstractions.

Ainsi un argument de méthode devrait être étiqueté « méthode » est examiner en tant que tel. Un tel argument n’a pas réellement de valeur de vérité : il a une valeur d’efficacité.

 

Dans le cas de la chouette d’or par exemple, de nombreux intervenants disent « à demi mot » et supposent beaucoup de sous-entendu. Cela rend la lecture malaisée et l’examen très aléatoire. C’est là un autre travers qui, s’il ne rend pas le débat impossible, le rend très difficile.

 

Dans certains cas, pour couper court au débat, une réponse simple est possible : fais-le !

Rien de tel que l’épreuve de l’expérience pour trancher. Attention à l’effet « douche froide ».

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:54

Ce que je sais des « sagesses orientales » m’indique que certains de ces traits caractéristiques sont l’éloignement du monde (les ermites) et la méditation. Evidemment ces caractéristiques se comprennent par rapport à la « sagesse occidentale » que nous occidentaux supposons universelle.

 

Mais ce n’est pas « qui a raison » qui m’intéresse mais les principes des ermites et de la méditation.

Evidemment, ces 2 caractères ne sont pas propres à l’orient. Mais en orient, les ermites sont plus courant et la médiation est particulière : c’est la méditation du vide.

 

Les ermites sont des personnes (généralement seuls – sinon on a affaire à des phénomènes de secte tels certains groupes monastiques) qui « sortent du monde » pour atteindre la « sagesse/vérité ».

On remarquera que souvent ces ermites vivent de mendicité et des ressources des autres habitants : une sorte « d’impôt méditation ». Ce ne sont pas des hommes de bois qui retournent vivent dans la nature (genre trappeur). Cette dépendance est pour le moins malsaine.

En s’affranchissant du monde, ils s’affranchissent des distractions. Les distractions c’est le contraire de la méditation.

Il s’affranchissent aussi d’interlocuteurs et donc du langage. Si le langage est piégeux (pour la recherche de vérité notamment), il est toutefois un outil incontournable pour forger de nouveaux concepts et accroitre son cadre de perception. C’est là que la démarche trouve sa cohérence car justement la méditation est celle du vide : il s’agit d’arriver au point où l’on ne pense plus à rien. Ceci s’oppose à la perception occidentale de la médiation où il s’agit plutôt d’approfondir à l’infini un sujet donné et uniquement celui-là. Mais comme dans d’autres domaines qui «bouclent », il est possible que les 2 techniques se rejoignent. A noter que je n’ai personnellement jamais mener de tels médiations.

 

On pourrait remarquer qu’il y a un autre moyen plus radical de « sortir du monde ». Mais la croyance en la réincarnation ferme cette porte de sortie.

 

Il me semble que tout cela est une lâcheté. Car c’est bien du monde (la société humaine) qu’il s’agit. C’est lui qu’il faut affronter : vivre avec, le comprendre, l’améliorer.

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