Concernant le « climat terrestre », il semble que « tout le monde » puisse s’accorder sur les points suivants :
1 Le climat terrestre est l’ensemble des climats locaux.
2 Le climat terrestre est intrinsèquement variable.
3 Il existe des variations cycliques de moyen et long terme (siècles, centaine de millier d’années). Les causes sont astronomiques.
4 Le climat terrestre a été très différent dans le passé lointain (précambrien). La nature de l’atmosphère était différente.
Un cinquième point fait peut être moins consensus :
5 les climats locaux varient fortement naturellement à court terme (an - siècle). Les causes sont multiples et mal connues.
La théorie du réchauffement climatique récent apporte les points suivants
A : Le climat terrestre a une existence indépendamment des climats locaux. Le principal indicateur est la température de surface moyenne (calculée selon un protocole spécifique).
B Il existe une tendance très nette actuelle pour l’évolution de ce climat terrestre. Suite à une augmentation du XXème siècle, l’augmentation se poursuit et même s’accélère.
C La cause de ce phénomène est l’augmentation des gaz à effet de serre.
Il y a d’autres points complémentaires
αL’augmentation des gaz à effet de serre est provoqué par l’activité humaine
βL’augmentation de température est un phénomène franchement négatif voire catastrophique.
Je vais examiner A, B et C mais pas les poins complémentaires..
Le point A est loin d’être anecdotique. Localement la notion de climat a un sens : cela se traduit par des courbes de variations annuelles moyennes de certaines grandeur (température, précipitation, ensoleillement, vent). On peut encadrer ces valeurs par des minimales et maximales. On peut compter le nombre annuel de certains phénomènes météorologique. Bref, tout cela donne une indication sur le temps auquel il faut s’attendre à une date donnée à cet endroit.
Il semble clair que cela n’a pas de sens au niveau global. La température moyenne globale est « constante » au fil de l’année, de même pour les précipitations. La notion de climat global est donc de nature différente de la notion usuelle de climat. Il vaudrait mieux utiliser un autre mot.
Si l’on considère la grandeur « phare » : la température moyenne, on peut s’interroger sur sa signification. En premier lieu, pour des raisons pratiques, cette température moyenne est une moyenne de température mesurée à certains points du globe. Les mesures sont retraitées pour tout ramener à l’altitude 0. C’est donc largement une abstraction. Elle est assez éloignée de la température moyenne de la masse d’air compris entre 0 et 2 m sur toute la surface terrestre (concept étrange et de toute façon non mesurable). Pour revenir à du « physique », on peut vouloir une indication sur « l’état de chaleur » « à la surface terrestre ». Cela fait référence à l’énergie calorifique présent dans cette zone (surtout la variation). Les paramètres sont : la capacité calorifique du « bout de matière », la température de ce bout de matière, l’état de ce bout de matière et les chaleurs latentes de changement d’état. Par exemple, si beaucoup de glace a fondu, la chaleur latente de fusion entraîne une augmentation de l’énergie calorifique du système. Il reste à définir de quel système on parle. Il semble clair que cela ne se borne pas au 2 premiers mètres de l’atmosphère. Il y a toute la troposphère (étant donné sa faible masse, on peut aussi compter le reste de l’atmosphère). Il y a aussi toute l’eau circulante (lac, rivière,…). Il y a au moins la partie supérieure des océans (jusqu’à quelle profondeur ?). Il y a aussi une partie des glaciers (la partie qui « varie » soit en température soit en état). Il y aussi une fraction de la surface solide terrestre (là aussi, celle qui varie). Y-a-t-il corrélation entre la variation de l’énergie calorifique de ce système et la variation de température de surface de l’atmosphère ? Peut être que non. Quite à simplifier et étant donné les masses en jeu, il vaudrait mieux utiliser la variation de température « moyenne » des océans.
Le « rejet de A » suffit en théorie. Mais examinons la suite en considérant la « température moyenne du globe ». La tendance affirmée en B est très discutable. Le XXème siècle n’a pas été une augmentation linéaire. Les dernières années ne montrent pas d’accélération mais plutôt un « plateau ». Qui plus est, les chiffres semblent suspects (cf l’affaire des années 30 aux USA). Existe-t-il une tendance exceptionnelle sur cet indicateur là (la température moyenne de surface de l’atmosphère) ? Cela est douteux. Pour lever le doute, il faudrait d’abord une transparence sur l’origine des données. Il faudrait ensuite une analyse statistique sur la probabilité d’une telle variation. En regard du point A, la proposition prendrait beaucoup plus de force si c’était la température moyenne des océans dont il était question.
Pour le point C, les traces historiques indiquent (prouvent) que l’augmentation de CO2 suit l’augmentation de « température ». L’explication existe : c’est le fait que l’eau « chaude » absorbe moins de CO2 que « l’eau froide ». La description théorique de « l’effet de serre » est largement déficiente. La climatologie est une science dans l’enfance : elle n’est pas en état d’éclairer le problème. S’il n’y avait ce battage médiatique et cette crédulité répandue, tout cela en serait risible.