Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Dans la définition du concept de science que j’ai tenté, j’ai explicitement exclu les acteurs (la communauté scientifique).
C’est un choix conventionnel qui n’est pas sans conséquence.
Cela revient à dire que la science se détermine indépendamment de « qui la fait » (ou de qui la dit). C’est en accord avec ma posture de refus des « gourous » et autres « experts du vrai ».
Ainsi ce n’est pas parce que quelqu’un qualifié de « scientifique » dit quelque chose que ce quelque chose est de la science. Inversement, des productions scientifiques peuvent être effectuées par des « amateurs ».
La notion de scientifique est plutôt une « convention sociale ». Elle se rapporte à 2 éléments : le diplôme et « l’emploi ».
La question du diplôme n’est pas neutre vis-à-vis de la science. On peut en effet admettre que la production du discours scientifique nécessite un « langage » qui s’apprend et dont l’apprentissage est matérialisé par le diplôme. Inversement, le caractère fermé de l’ensemble des diplômes augmente le risque de fermer les « horizons de recherche » : stériliser les idées neuves. Celles-ci deviennent impossible à exprimer puisque le langage pour les dire n’est pas approprié.
L’emploi est aussi de première importance. En effet un scientifique est un être humain comme les autres. Il a ses qualités et ses défauts, ses ambitions. Dans son emploi, la part « 100% science » de son temps est sans doute modeste. La plupart du temps, il est pris par des préoccupations administratives, techniques, organisationnelles, affectives, financières,… Toujours est-il qu’il peut perdre de vue l’ambition de « véracité » de la science pour des préoccupations beaucoup plus terre à terre : celle qui vient à l’esprit c’est notamment d’obtenir son budget de recherche.