Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
La devise qui figurait sur nos pièces en franc était « liberté, égalité, fraternité ». Cela se veut les fondements essentiels qui guident la conduite notre société (voire notre civilisation). Cette devise est spécifique à la France, elle est assez convergente avec les valeurs de nos partenaires (la liberté et le droit américain par exemple).
Le besoin de réduire à « 3 piliers » évoque l’image du tabouret. Il offre une assise «stable ». Il n’est jamais bancal. Cela vient de propriétés mathématiques (3 points non alignés suffisent pour définir un plan). Pour autant, dans le contexte aussi indéterminé que des principes, se ramener à 3 me semble présomptueux. Surtout, la vision, d’une assise solide suppose que ces principes définissent précisément des points. Or justement, tout est question d’équilibre.
Pour qui y réfléchit, il est clair qu’un objectif « jusqu’au boutisme » en terme de liberté n’est pas souhaitable. Donc plutôt qu’un point, la liberté est un axe (et une direction) et il s’agit de rester dans une zone d’équilibre. Ce faisant, le « tabouret devient bancal ».
La notion de fraternité est peu explicite. Je la décomposerai au moins en 2. Le premier axe porte sur une baisse de la violence. C’est en effet un des aspects de « l’idéal de fraternité ». En pratique, on ne s’étripe pas mieux qu’en famille, mais je crois qu’une « non violence » est incluse dans l’idée de fraternité. Le second axe porte sur la solidarité.
Examinons maintenance ces 4 concepts.
La solidarité au sein de la collectivité est en partie une question de bon sens. Ainsi, il est logique de chercher à soigner les gens afin d’éviter la propagation d’épidémies. Il est logique d’aider quelqu’un dans une passe difficile en échange d’une aide en retour. On retrouve une notion voisine dans la notion de charité. Le principe de solidarité est plus équilibré car il ne préjuge pas que la solidarité soit à sens unique. Il apparaît que la solidarité est une obligation qui vient rogner l’idéal de liberté. La solidarité participe au nivellement et à l’égalité. Si le principe est admis par tous, son détail pratique fait très rapidement apparaître des divergences. Qui faut-il aider ? Jusqu’à quel point ? Qui doit aider ?
J’ai longtemps cru que l’idéal de « faible niveau de violence » allait de soi. Le niveau de violence concerne les affaires privées et les affaires publics (les guerres). La violence considérée est de toute nature (physique surtout mais aussi psychologique). La violence est une affaire d’êtres humains. Les accidents de tout genre ne sont pas inclus dans le principe (mais la précision du risque et sa réduction fait apparaître un autre principe : celui de responsabilité). Je constate que les êtres humains recherchent parfois la violence. Non seulement comme moyen mais aussi comme fin. En conséquence il n’est pas certain qu’un principe de « non violence » puisse être admis majoritairement.
Pour la liberté, je resterais bref. Là encore, je constate qu’une large frange de la population sacrifie facilement sa liberté à de la sécurité. Faut-il faire de la sécurité un principe fondateur ?
Il reste l’égalité. En pratique, c’est « l’égalité en droit ». Même cela reste assez subjectif. Malgré ce principe français, les femmes ont longtemps eu moins de droit. A l’heure actuel, les enfants n’ont pas les mêmes droits. Il y a aussi la question de la « nationalité » et des « non français ». En pratique, la société fourmille de statuts très variés. Je fais donc 2 constats. Le premier est que naturellement (pour des raisons physiques, génétiques, d’âge, etc…), les gens ne sont pas égaux. Surtout, en pratique, les gens veulent se « différencier ». Au final, de tous les principes, c’est bien celui-ci qui me semble le plus improbable. Il est sans doute à abandonner. On voit poindre la notion « d’équité ». Elle fonctionne de concert avec la solidarité.
En voilà assez pour cette petite exploration. Tout cela méritera des développements.