Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Lu dans le monde : « le Dr Michel de Logeril cardiologue et chercheur au département des sciences de la vie du CNRS publie cette semaine un ouvrage dont le titre, provocateur, résume le propos : Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament (éd. Thierry Souccar, 397 p., 20 euros). »
Je suis loin d’être compétent dans le domaine médical. Aussi je me garderais bien de dire qui a raison ou qui a tort. Mais c’est cette « remise en cause » que je souhaite commenter. Elle me semble illustrative.
En effet, nous tous, vivons depuis 2 ou 3 décennies avec un dogme que je simplifierai ainsi : « le cholesterol c’est mal ». Ce dogme est loin d’être neutre car il entraîne des prises de médicaments et des dépenses de santé : ces 2 phénomènes sont loin d’être négligeables.
Le dogme, comme tout dogme est sans doute erroné. Mais dans quelle mesure l’est-il ? En imaginant, qu’il s’agit d’une erreur importante, on est donc face à une aberration comportementale (de plus) de la part des médecins et des patients. Beaucoup de gens auraient donc pris des médicaments dont ils n’avaient pas besoin, au risque de compromettre leur santé et pesant sur les dépenses collectives de santé. Si l’on pouvait compter les décès dus à cela, ce serait le scandale.
En fait, ce qui ne convient pas c’est la simplification abusive « le cholesterol c’est mal ». L’absence de nuance est criticable. Ce sont des malades qu’il faut soigner et non des maladies. En théorie c’est le boulot du monde médical. Mais prend il toujours le temps de la nuance ? En a-t-il les moyens ? Que peut faire un médecin « tout seul » face au matraquage associé au dogme ?
Ceci est l’illustration du mode de fabrication de la « vérité » dans notre société. C’est un mécanisme complexe qui fabrique (temporairement) des dogmes qui s’avèrent tous faux. La société éprouve la nécessité de ce « point d’accord » sans nuance et unique plutôt que d’accepter l’incertitude et les avis contradictoires. Nous « sautons » d’erreur en erreur plutôt que d’appliquer une démarche progressive vers l’exactitude. Malgré les apparences et l’existence de véritables progrès scientifiques, nos sociétés sont très loin de vivre avec la démarche scientifique.
A titre d’exemple : combien de fois avez-vous entendu un personnage politique (ou même médiatique) dire « je ne sais pas » ? Quels puits de science nous avons ! ;)