Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Le cahier central du monde du 10 octobre 2007 portait sur l’« énergie les futurs ». Lorsqu’on connaît pas mal le sujet, ce genre de cahier est (fatalement ?) une déception. L’approche du thème est exaspérante. Il n’y a pas de chiffrage global (actuel et futur) tant en totalité que par type d’énergie. Il y a une confusion entre les sources d’énergie et les vecteurs intermédiaires (électricité, hydrogène). C’est un saupoudrage d’article.
« Le XXIème siècle marquera une transition énergétique ». Le XXème en a connu une, le XIXème aussi. Bref, rien de nouveau.
« Le pétrole et le gaz en déclin cèderont la place à des énergies n’émettant pas de CO2 ». C’est quoi cela du nostradamus ? Il est au contraire probable que le charbon continuera à être fortement utilisé.
Il y a une information intéressant sur la technique d’enrichissement de l’uranium. La diffusion gazeuse utilisée par la France est en voie d’abandon au profit de la centrifugation. Dommage, qu’il n’y ait pas plus de détail. Areva a dû acquérir un concurrent Urenco. On est loin du discours d’autocongratulation sur « la France à la pointe de la technologie ».
Un tableau d’émission de CO2 par type d’énergie (Source PNUE, ADEME, EDF)
Charbon 1123
Diesel fioul 856
Pétrole essence 830
Gaz naturel 651
Photovoltaïque 316
Eolien 32
Nucléaire 19
Le chiffre pour le photovoltaïque est assez étonnant.
Le tableau des types de moteur dans le s véhicules (source Mercer analysis) en 2005 77% d’essence, 20 % de diesel et 0,5% d’alternatif.
La référence à une étude commanditée par l’ADEME sur la quantié d’énergie (non renouvelable) qu’il faut mobiliser pour obtenir 1 MJ d’énergie
Huile de colza et de tournesol : 0,2 MJ
Ethanol de blé ou de betterave : 0,5 MJ
Gazole : 0,9 MJ
Essence : 1,15 MJ
Le chiffrage pour l’essence et le gazole est étonnant. Si il faut brûler 1,15 MJ d’essence pour en obtenir 1 MJ, ce n’est certainement pas rentable. Donc c’est impossible. On brûle quoi : du pétrole directement ?
L’article sur l’hydrogène pose assez mal le problème.
Il compare le rendement d’un moteur thermique (brûlant de l’hydrogène) à 15 % (chiffre sous-estimé) à un moteur pile à combustible + moteur électrique à 50%. Ce dernier rendement (si c’ets exact) est à souligné.
Toutefois, il aurait fallu affirmer plus fortement que l’hydrogène n’est qu’un intermédiaire et non une source d’énergie.
La production par reformatage du méthane signifie que la source d’énergie est le gaz. Gaz qui curieusement est évoqué comme en déclin. Le fait que le CO2 soit concentré dans une cheminée d’usine et non par un pot d’échappement est présenté fallacieusement comme un avantage.
Enfin, on ose évoquer du stockage à -253 C (75 litres) dans un véhicule courant comme si cela allait de soi ! Je retiens un réservoir de 125 l d’hydrogène à 700 bars.
Aucun mot sur le rendement énergétique de la production d’hydrogène et sur son stockage. Sans doute que l’avantage du rendement évoqué sur le moteur disparaît complètement.