Le prix du pétrole monte, monte (multiplié par 4 en 2 ans). Et il se trouve des gens pour dire que « c’est une bonne chose ». En effet, le prix du pétrole élevé permet enfin de faire émerger (de rendre compétitives) des solutions alternatives. Quand je dis « des gens », je dois avouer que ce n’est pas loin de mon opinion. C’est un sacré tour de force de faire « passer la pilule » (en général, personne parmi les consommateurs n’aime les augmentations de prix) !
Comment y est-on arrivé ?
Comment se forment les prix (en général) et celui du pétrole en particulier ? La réponse classique c’est « la rencontre de l’offre et de la demande ». De façon procédurale (pour les actions à l’ancienne), pour chaque prix, il y a une quantité achetée et une quantité vendue : le prix d’équilibre est celui qui représente le maximum du minimum des 2.
Mais tout cela est théorique. D’abord, le prix fluctue sans cesse, et il n’y a pas de « collection » de toutes les intentions. Ces intentions sont assez volatiles.
Surtout, c’est la formation de ces « intentions » (d’achat ou de vente) qui est mystérieuse. Evidemment, cela dépend fortement de l’acteur (acheteur ou vendeur) et de sa situation (est il endetté, est il prospère, a-t-il un besoin impérieux de la marchandise, est-il pressé, est-il solvable, est il un intermédiaire, spécule-t-il, … ?). La dimension psychologique de ce mécanisme est indéniable. Il faut aussi prendre conscience que le nombre d’acteur du marché pétrolier mondial est assez limité (quelques centaines de personnes dans le monde).
Ceci étant éclairci, on peut tenter une explication de ce qui s’est passé. Tout d’abord, du coté des vendeurs on cherche un prix élevé (quasiment sans exception), c’est aussi le cas des intermédiaires (Un pourcentage sur un montant plus élevé est préférable). Il s’est passé que le coté des acheteurs s’est fragilisé. En effet, il s’est répandu (comment, c’est une autre question) 2 idées : que le pétrole se raréfiait et qu’il était utile que le prix monte (parce que la hausse entraîne une baisse de consommation donc une baisse de production de CO2 et donc que c’est bon pour le prétendu réchauffement climatique). Bref, les acheteurs « finaux » sont « devenus » prêts à payer plus cher. En conséquence les acheteurs de premier niveau (et les autres) se sont aperçus qu’ils pouvaient répercutés la hausse des prix « sans problème ». Voilà comment le marché est devenu psychologiquement prêt à une hausse des prix.
Bien sûr, le boom de consommation et la stagnation de la production compte aussi.
Dans le tas des acheteurs, il y en a qui n’ont pas été conditionnés par le « bienfait » de l’augmentation du prix. Ceux là râlent (cf les pêcheurs français). Il se trouve que l’automobiliste français est peu touché (du fait de la TIPP il ne prend pas le « X4 » en pleine poire, sinon c’était la révolution).
Je voudrais faire remarquer que les compagnies pétrolières sont celles qui ont fait les plus gros profits (dans le monde et en France) ces dernières années. Ce ne serait pas le moindre des paradoxes qu’un discours écologique sur la chasse au CO2 profite aux compagnies pétrolières.