Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Dans le milieu informatique, il est courant de parler de gestion « en mode projet ». Ceci ne recouvre pas toujours un concept clair et partagé. Je ne vais pas tenter ici de clarifier cela mais en examiner un aspect.
Le « mode projet » s’oppose à une « gestion courante ». Un projet, c’est avant tout un objectif que l’on est supposé atteindre dans un délai délimité. En faisant cela, on braque les projecteurs (et les moyens, les ressources,…) sur le thème du projet. Ce faisant, on laisse dans l’ombre « tout le reste ».
Si je prends l’exemple d’un système informatique et les projets informatiques, la conséquence est qu’en dehors des changements apportés par les projets, ce système informatique évolue peu.
Si je prends l’exemple d’une organisation (une DSI et ses pratiques, ces processus par exemple), Agir un mode projet (ou en coup de poing, ou en task force,…), revient à masquer ce qui n’est pas inclut dans le périmètre du (ou des) projets. Il est supposé que les processus existant « continuent » de tourner (tel quel). En théorie, le projet est une évolution dans l’ensemble des processus existants (comme un projet informatique est une évolution des l’ensemble des applications existantes). Malheureusement, cette pratique tend à mépriser, réduire, faire apparaître « l’activité courante » comme quantité négligeable. Tout ceci va donc à l’encontre de l’intérêt de l’organisation (ce qui ne veut pas dire que cela n’avantage pas certains de ses membres).
A une toute autre échelle, on retrouve l’agitation de nos hommes politiques et du président de la république actuelle. On retrouve cette démarche « par coups ». J’estime que cette démarche est hautement néfaste (pour notre collectivité française, elle avantage sans doute N Sarkozy).
Elle est déséquilibrée car elle fait porter les ressources sur un seul secteur.
Elle est éphémère car le coup de projecteur saute sans arrêt d’un point à un autre et on n’agit pas dans la continuité.
Elle est couteuse car chaque « coup » consomme beaucoup de ressources.
Elle est incohérente car cette succession de « coups » s’effectue sans plan global.
Elle est inefficace. Ces dossiers se traitent dans la durée.
Elle est injuste. Elle valorise ceux qui se montrent qui « communiquent » au détriment de ceux qui agissent.
Elle est futile car les choix sont « le fait du prince » et ne correspond pas aux besoins véritables.
Je pointe ici la démarche de N Sarkozy. Ce serait trop simple si cela ne venait que de lui. Ce sont des pratiques fortement répandus. Elles proviennent de la prééminence de la médiatisation (ce qui compte c’est le sujet d’actualité et pas le dossier de fond). Je constate que ces démarches ont toujours existées mais qu’elles étaient historiquement équilibrées, compensées par un « soucis du fond ». Depuis quelques années (une dizaine d’années en France, plus aux USA, moins ailleurs peut être), cet équilibre n’existe plus. Quand on y reviendra il sera peut être trop tard.