Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Positionnement général de la notion de système économique.
Nous avons affaire à une multitude d’acteurs . Ces acteurs sont les êtres humains ou des organisations (entreprise, collectivités, association,…). Ils sont acheteurs de biens et services et offreurs de bien et services. L’ensemble de ces acteurs et de leur échange de biens et services constitue un système : le système économique.
Si la notion d’acteur est à peu près clair, la notion de biens et services mériterait un ample développement.
Considérations préalables.
Un tel système économique est une modélisation de ce qui se passe « tous les jours ». La description de cette réalité en un modèle conduit à de nombreuses possibilités. Elles diffèrent par :
- Les contraintes ou restrictions sur les échanges des biens et services : type de produit, entre l’intérieur et l’extérieur, entre type d’acteurs, par le biais de taxes d’interdictions de quota ou autres,…
- Le poids relatif de l’ensemble des acteurs relevant de la puissance publique (état, collectivités locales).
- La monétarisation : absence de monnaie, monnaie fiduciaire, monnaie scripturale développée.
- Le coût de l’argent et la facilité d’émettre de la monnaie et d’augmenter la masse monétaire.
Thèse libérale.
Moyennant quelques hypothèses la thèse libérale est que le fonctionnement du système économique est optimisé du fait de donner le maximum de liberté (d’autonomie) aux acteurs. Cela mérite des explications sur cet optimum d’une part et les hypothèses d’autre part. Enfin, il faudra aussi voir ce que recouvre la liberté des acteurs.
Optimum économique.
Dans l’esprit libérale cette optimum porte sur la maximisation de la satisfaction des acteurs. Cela pose un premier problème : comment mesurer une satisfaction et surtout le caractère "non additif" de cette grandeur.
En ce qui concerne le caractère non additif, les questions qui viennent par exemple sont :
- faut il pondérer chaque acteur ?
- Les humains valent-il plus que les organisations ?
- Affecte-t-on les organisation du poids « 0 » ?
On supposera que l’on ne discriminera pas les humains (pas de poids différents) ni les organisations entre elles.
En ce qui concerne la mesure de la satisfaction, on la remplace par la quantité de biens et services échangés. On suppose que l’équivalent est la maximisation de la quantité de bien et services échangés. Cette équivalence est loin d’être prouvée, elle n’est vraie que localement. Si l’on cherche à modélisation la relation entre les 2, je l’imagine plutôt comme un logarithme : la satisfaction augmente de moins en moins au fur et à mesure que l’on consomme dejà beaucoup. Or une fonction logarithme ne s’additionne pas comme une fonction linéaire.
Il faut aussi prendre conscience que l’expression « biens et services échangés » ne signifie pas nécessairement « reçus ». Il y a une hypothèse à exprimer : la quantité de biens et services fournis par un acteur est en moyenne égale à la quantité de biens et services reçus. Alors si l’on ne compte pas les échanges 2 fois, c’est aussi les biens et services échangés (par l’acteur). Cette hypothèse est fausse en pratique.
On peut remarquer que la maximisation de cette échange est irresponsable dans un contexte planétaire aux ressources limitées.
En sous-produit, la thèse libérale affirme que le prix d’échange est le « juste prix ». Ce juste prix est le fruit de la confrontation de l’offre et de la demande. En pratique, la confrontation de l’offre et de la demande est faussée en permanence. Les acteurs (entreprise) de système économique n’ont de cesse de grossir en permanence pour atteindre la fameuse taille critique qui les met en situation de force soit en tant qu’acheteur soit en tant que vendeur. Cela va jusqu’à détenir un monopole. Même sur les marchés financiers où la confrontation est à peu près établie, les phénomènes de bulles spéculatives existent.
Cela amène à la notion de prix. En effet, « maximiser des biens et services » nécessitent de pouvoir ajouter de séances de massage et des bouteilles de soda. On utilise la monnaie comme instrument de mesure. C’est un instrument qui présent de graves déficiences.
L’optimum de la thèse libérale est donc inadaptée. Toutefois, la satisfaction des besoins par l’échange de biens et services n’est pas à ignorer complètement. Elle est à prendre en compte parmi d’autres paramètres.
Des indicateurs comme l’indice de développement humain sont sans doute de meilleurs pistes pour mesure cet optimum.
Cette notion de maximisation est un maximum de la moyenne. Une mesure comme l’écart type sur la population est aussi à considérer. Tolère-t-on la richesse sans limite en même temps que la misère la plus totale ? C’est là un choix de fond. La courbe de développement humain dans la population serait sensiblement « gaussienne ». Il semble impossible qu’elle se réduise à une barre, mais veut-on restreindre son étalement ? Accepte-t-on plusieurs maximums ?
Il s’agit là de choix collectifs sur la société. Il n’existe pas de lois transcendantales en la matière. Un mauvaise lecture de la théorie de l’évolution darwinienne est parfois évoqué : « laisser faire et cela sélectionne les plus fort ». Cela serait une telle « loi supérieure » et donc nous n’aurions pas à choisir. Ceci est erroné pour plusieurs raisons
- La théorie de l’évolution porte sur l’évolution des espèces du fait de la pression du milieu d’une part et s’applique sur des individus qui naissent, engendrent et meurent. Dans le système économiqe, il n’y a pas de milieu extérieur (c’est notre société et nos échanges). L’activité économique n’est pas corrélée simplement sur la capacité à engendrer : on constate même que les plus pauvres ont le plus d’enfant.
- La réponse évolutive prend des tours variés. La coopération des individus d’une même espèce est un. Il n’y a pas nécessairement compétition.
- La culture n’est pas darwinienne mais plutôt lamarckienne. L’économie relève plus de la culture que de la biologie.
Cette réflexion sur l’optimum indique que que la proposition libérale est insuffisante. Une définition de l’optimum recherché est à faire.
Hypothèses sur les acteurs. On suppose les acteurs « égaux » (mêmes droits, mêmes capacités, mêmes connaissances du « marché »). C'est autant autant d’hypothèses fausses.
On suppose les acteurs « raisonnables » : chacun cherche individuellement à maximiser sa satisfaction et donc à maximiser la quantité de bien et services qu’il reçoit. Cette supposition est erronée. Par exemple, certains choisissent de vivre de façon « ascétique ». Malgré tout (et fort heureusement), les acteurs humains ne sont pas purement égoïstes. Enfin, quand je vois les effets de mode, je doute complètement du caractère raisonnable de certains acteurs. Un exemple frappant est la caractère moutonnier des marchés financiers.
En pratique, il faut aussi tenir compte que les acteurs n’ont ni les mêmes moyens ni les mêmes besoins (« à chacun selon ses besoins de chacun selon ses moyens).
On peut reconnaître aux acteurs une liberté de choix limitée par des lois. C’est un critère généralement admis dans nos sociétés. Il n’est pas valable en tout temps et en tout lieu. Cette caractéristique ne permet toutefois pas d’obtenir des conclusions sur le comportement des acteurs. Il faut d’autres approfondissements. Ce serait à la sociologie voir à la psychologie des fournir. Des démarches empiriques sont pratiquées, surtout dans le cadre du marketting et de la publicité.
Il s’agit là de liberté dans l’économie. Cette liberté porte sur les fonctions de base de l’activité économique.
- Liberté d’agir (acheter, produire, transporter, vendre, embaucher, licencier, emprunter, prêter).
- Liberté de communiquer ( s’informer, faire de la publicité, se déplacer, rencontrer).
De façon caricaturale, la thèse libérale veut une « liberté totale » sur cela.
Il me semble que la liberté c’est des droits. Qui dit droit dit devoir. Il serait intéressant de mettre en regard de chacun de ces droits, les devoirs correspondants.
Prenons un exemple extrême : personne ne réclame la « liberté de tuer ». C’est que l’on admet que ce besoin de liberté que chacun éprouve est limité par notre extérieur. Une autre façon de voir cela est que chacun bénéficie du droit de ne pas être tué en contrepartie du devoir de ne pas tuer.
Avec ce schéma on voit que le droit de licencier ne présente pas la même symétrie. Car les acteurs ne sont pas équivalents. Le rapprochement est osé ? Licencier quelqu’un, n’est-ce pas le tuer un peu ?
Pour être équilibré, la thèse libérale devrait expliciter les devoirs qui correspondent à ces droits réclamés.
Bilan.
Il serait peut être temps de spécifier les objectifs que l’humanité (ou au moins une collectivité comme notre collectivité nationale) assigne au système économique. A partir de là, on pourra étudier les règles de fonctionnement. Le fonctionnement libéral est un « pis aller » auquel on a recours faute de mieux. Un cache misère.