Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
« Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions ».
S’il y a bien une expression qui m’énerve, c’est bien celle-là.
http://www.gidiana.net/Citations.htm
Il semble que ce soit une citation de A Gide dans « feuillet d’Automne ».
On voit aussi qu’il manque la suite : « l’esprit de l’homme invente ensuite le problème ».
C’est déjà beaucoup mieux. J’ajouterais qu’alors, l n’y a pas de solution non plus, elle aussi est une invention de l’esprit de l’homme.
Toujours est-il que l’usage qui est fait de l’expression n’est pas celui de ce contexte.
http://espaceparents.canoe.ca/education/actualites/2007/11/27/4689257-jdm.html
Là, il s’agit d’optimisme (de « positiver »).
http://www.alphanim.fr/news/Personnages.745.0.html
Un « optimiste agaçant ».
Rappel de la définition du mot « problème »
Sens 1 : « question à résoudre »
Sens 2 : ennui
Sens 3 : chose difficile
Je vois mieux ce qui m’agace. Lorsqu’on dit « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions », le mot « solution » renvoi au mot « question » et donc au sens 1 du mot problème. Bref, la phrase est un non sens ou un jeu de mot. En aucun cas elle ne sous-entend quelquechose de positif.
En fait, dans l’imaginaire collectif, les problèmes au sens 1 sont difficiles au sens 3 et sont donc un ennui au sens 2. C’est donc très négatif. La solution est carrément positive.
Ceci étant dit, c’est là le niveau 0 de l’intelligence. En effet, avec un tel état d’esprit, peu importe ce que l’on fait ce sera valable. Tout le monde a « 10 » comme à l’école de fans. Tout le monde il est beau. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. On peut tout aussi bien s’abstenir d’agir de décider, etc. une solution tout aussi valable c’est de ne rien faire.
Je crois tout au contraire que l’essentiel est de bien poser le problème (ou bien poser la question). Faire cela c’est faire plus de la moitié du chemin. Mais c’est parce que je crois encore un peu dans la rationalité humaine. Il semble donc qu’un vaste ensemble de la population n’use pas de rationalité.
Si j’en reviens à A Gide, son expression est pernicieuse. Elle n’a rien à voir avec l’esprit « positif béat crétin » qui sévit. Elle sous-entend que l’on choisit d’abord et que l’on trouve ensuite le problème auquel ce choix répond (ou bien on trouve les arguments justifiant son choix). C’est malheureusement exact.