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De la droite et la gauche (2) : l'économie

Une dimension importante de la sphère politique est l’économie.

On peut poser le problème de façon suivante. Une entité (une nation par exemple) est constituée d’acteurs (les gens et les entreprises) qui produisent des biens et des services. D’autre part ces acteurs consomment des biens et des services. Comment assurer cette répartition ?

Une approche purement anarchique serait de laisser faire. Dans ce cas, on doit s’attendre à une chute importante de la production, et à l’apparition de zones de pénurie dramatique. L’anarchie est elle de droite ? Généralement on ne reste pas longtemps dans cette situation est l’on passe dans une organisation de type féodale.

L’approche féodale est émiettée. Chacun garde sa production moins une partie collectée par le « seigneur ». Le seigneur s’en sert pour lui-même (et ses sbires) et éventuellement pour traiter temporairement les pénuries.

L’approche « communisme complète » poursuit la collectivisation de façon totale. Toute la production revient à la collectivité. La collectivité redistribue aux acteurs en fonction de leurs besoins. Comme la collectivité est un abstraction, il faut qu’elle s’incarne : c’est la bureaucratie. Evidemment, c’est alors un lieu de pouvoir fondamental et les bureaucrates étant des êtres humains, le processus redistributif se grippe.

 

 

 

En pratique, nous ne sommes pas dans ces extrêmes. Il apparaît la notion de prélèvement obligatoire. D’autre part, le mécanisme moderne ne porte pas sur les biens et services mais sur leur valorisation : l’existence de la monnaie est devenue incontournable pour le bon fonctionnement de nos organisations économiques. Il y a 2 grandes variables en la matière : le taux de prélèvement et le coefficient de redistribution.

Le taux de prélèvement est simple à comprendre. Il vaut de 30 à 50 % dans les pays modernes. La distinction droite-gauche sur le sujet n’est pas absolue. La droite a tendance a vouloir un taux plus bas et la gauche un taux plus haut. Mais les qualificatifs ici sont plutôt « libéralisme / interventionisme ». Mon opinion en la matière est que dans la fourchette énoncée, la valeur du taux est acceptable : l’important c’est l’emploi qui est fait de ces prélèvements. C’est comme le débat public/ privé : la question est mal posée. Ce qui compte c’est le service rendu et l’efficacité du dispositif permettant de rendre ce service (il existe des administrations efficaces et des entreprises privées qui sont trop chères).

Le coefficent de redistribution est bien plus difficile à calculer. Il consiste à donner une indication sur la nature redistributive du système.  Parmi les prélèvements, l’impôt sur le revenu est plus redistributif que la TVA. Parmi les redistributions, le RMI est plus redistributif que les allocations familiales ou que les aides aux entreprises. A ma connaissance, il n’existe pas de cadre descriptif de cette question (c'est-à-dire un cadre mathématique basé sur des considérations statistiques). La différence gauche droite à laquelle on pense généralement se situe ici : la gauche veut un fort coefficient de redistribution alors que la droite le veut faible et à la limite nul (voire négatif ?).

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