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Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !

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préjugés : 2

Comme tout enfant, j’ai grandi en gobant des préjugés dans mon entourage. Et puis à un moment donné, on m’a dit « les préjugés c’est mal ». Alors je me suis mis à les chasser. J’ai même cru que j’étais devenu un « sans préjugé ».  Ben voyons !

Le fait est que vivre sans préjugé est impossible. Ils sont sans doute aussi indispensables à la vie intellectuelle de l’être humain que l’oxygène à la vie physique. Comme l’oxygène, il faut sans doute respirer autre chose que des préjugés.

 

Revenons au sens du concept. Un préjugé c’est une assertion tenue pour vraie sans avoir été vérifiée. Un préjugé prend d’autant plus de « puissance » que l’assertion à une portée générale « toutes les blondes sont… ».

Il est évidemment impossible de vérifier toute assertion à laquelle on fait appel dans notre « vie intellectuelle ». En fait, une assertion de portée générale ne peut pas se vérifier, cela reste toujours un pari (plausible ou non mais un pari).

 

Examinons l’assertion « le père noël existe et distribue des cadeaux le soir de noël ».  Elle n’est généralement pas exprimée ainsi car ce serait un mensonge fort. Toutefois, le discours des adultes au moment de noël envers le petit enfant tend à produire cette croyance. Et le petit enfant « gobe ». D’ailleurs, il peut vraiment constater l’arrivée des cadeaux. Voilà un préjugé bien ancré. Il n’est pas étonnant que les enfants y croient fur comme fer. La façon dont ils sortent de cette ornière mériterait une étude psychologique de masse. On peut voir l’intérêt de cette supercherie comme une première expérience pour s’affranchir d’un préjugé. 

 

J’ai dit que l’enfant « gobe » les préjugés. En effet, c’est une tendance forte de l’enseignement ou de l’éducation. Faire passer de façon « absolue » des assertions. L’enseignement (qu’il soit scolaire ou non ce n’est pas la question) se préoccupe peu et assez tardivement de l’aspect vérification. Peut être que certains échecs scolaires sont dus au caractère rétif de l’enfant et à son refus de gober sans preuve.

 

L’enseignement polarise beaucoup la valeur des énoncés. Il sera tour à tour question de vrai/faux, juste/erroné, bon/mauvais, gentil/méchant… Je ne suis pas assez au fait de la science de l’enseignement ou de la psychologie pour savoir si cela est indispensable. Toujours est-il que cela se fait au détriment de la nuance. Cette polarisation est une fabrique à préjugés. La nuance travaille dans un sens opposé : elle relativise les « vérités », elle introduit de la complexité.

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