Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Science et vérité sont des thèmes classiques de philosophie. Loin des discours savants de la « philosophie officielle », je me propose de « revenir sur Terre ». Quel est le besoin qui sous-tend ce thème ? Je postule qu’il s’agit d’avoir un discours « qui marche ».
C’est vrai j’ai une mentalité d’ingénieur. J’aurais tendance à faire fi de la poésie. Je veux du pragmatisme. Je reconnais que ce concept de « vérité qui marche » n’est pas le plus universel. Il est vrai qu’il y a des moments où l’on peut déconner.
Mais revenons à cette « vérité qui marche ».
Le constat que je fais est que cette « vérité qui marche » doit marcher pour tout le monde (soyons pragmatique, disons « presque » tout le monde). C’est loin d’être anecdotique et il va falloir s’attarder sur cette caractéristique.
Si un illuminé croit fortement à un concept ésotérique, cela sera une vérité pour lui, il est même possible qu’il considèrera qu’elle marche. La capacité des êtres humains à s’illusionner m’étonne encore. Mais on ne peut raisonnablement pas en faire une vérité qui marche « tout court ».
Le caractère collectif est donc nécessaire. Il est important que cette « croyance » soit partagée. Mais puisque c’est une « vérité qui marche », c’est donc qu’elle marche. C’est donc plus qu’une croyance. Je dois expliciter « marcher ».
« Marcher » renvoie aux expériences, aux exemples et à la prévisibilité. Et tout cela doit faire partie du « monde réel » car le constat que cela marche doit être partagé.
Ce constat partagé est sans doute un problème. En effet, tout le monde n’a pas la même capacité intellectuelle ni les mêmes bagages de connaissance. Or le constat que cela marche nécessite de plus en plus une longue démarche intellectuelle. Cela consiste notamment dans l’observation et la mesure, le traitement des données mais aussi la compréhension du cadre descriptif. A ce titre, la construction d’un cadre logique concis, simple clair et logique ne va pas toujours de soit. Combien de théories obscures, de concepts flous ! Enfin la falsification (= la fraude et non la réfutation popérienne) des données (au sens large) est toujours possible. Elle est d’autant plus probable (certaine) que des intérêts privés sont en jeu (c’est le cas de l’économie).
Donc, je finis par pointer les problèmes :
- Le fait que les « données » soient disponibles, fiables, précises et significatives.
- Le fait que le cadre descriptif soit le plus clair possible.
Le premier des points ne pose pas de problèmes théoriques. Ce n’est qu’un gigantesque problème pratique.
Le second des points est lui un problème théorique qui relève de la science de la cognition. Comment faire pour qu’un discours de type « cadre descriptif » soit le plus clair possible et donc assimilable (et validable) par le plus grand nombre ?
La logique ne me semble qu’une réponse balbutiante à cette question.