Si vous cherchez la vérité, allez croire ailleurs !
Je suis donc relativiste. Par exemple, et sauf exception, je n’inflige pas des considérations de « bien » ou de « mal » à des situations ou à des gens. Je me suis affranchi du manichéisme.
D’une part c’est très réducteur de se contenter d’un « j’aime » ou « je n’aime pas » (ce qui est toutefois déjà plus juste que d’oser dire c’est bien/bon ou c’est mal/mauvais). Il est plus enrichissant pour tout le monde de préciser les caractéristiques (qui plaisent ou non). Cela développe le vocabulaire. In fine, le fait que ce soit positif ou non est tout à fait secondaire.
Le fait de vouloir trancher de manière binaire est toutefois assez répandu. C’est sans doute une caractéristique intrinsèque à l’espèce humaine. On le trouve par exemple pour partie dans les religions monothéistes (bien mal, Dieu/diable, paradis/enfer, saint/démon, …). J’estime que ce n’est qu’une partie de « l’offre religieuse ». Comme beaucoup de thème, les religions ne l’ont pas inventé elles n’ont fait que de l’utiliser. C’est surtout le fait de religions monothéiste du fait même de la réduction drastique qu’engendre l’idée de « dieu unique ». En effet, en admettant cela, on réduit tout à une seule direction, une seule orientation. On peut toujours tenter de rattraper le coup en imaginant un dieu infini, pluriel, présent partout, qui comprend tout le monde, et en ajoutant des saints et tout le frusquin. Il n’empêche que l’unicité réduit mécanique les libertés d’approche.
Une autre dichotomie permanente est celle homme-femme. Si cette différence biologique est évidente, son extension culturelle l’est moins. Les principes masculin/féminin et les attributs que l’on leur rattache sont très présents dans les sociétés. Cela va jusqu’à placer des genres aux substantifs !
Trancher de façon arbitraire et précipitée n’est donc pas dans mes habitudes. Je me complais dans la recherche des nuances. Cela n’a pas toujours été ainsi.
Il me semble en effet que dans la « formation de l’esprit », l’étape « Oui/Non » est nécessaire pour « construire une connaissance ». Il est indispensable d’utiliser ce principe simpliste pour donner de la lisibilité à ce qui est inculqué.
Ensuite, il faut déconstruire, désapprendre, remettre en question, nuancer. Peut être me contredirez-vous, mais je n’imagine pas que l’on puisse sauter la première étape.
Il est navrant que les croyants convaincus qui restent enfermés dans leur certitude manichéenne aient souvent la primauté sur les incrédules avancés qui remettent en question.
J’ai abordé le relativisme comme le contraire d’une approche dichotomique. Cette dichotomie s’applique au principe bien/mal mais finalement à tout attribut (jeune/vieux, blanc/noir, riche/pauvre,…). Au final, c’est tout le vocabulaire qui peut être infecté de ce relativisme. Tentons de séparer les problèmes. Pour moi, le vocabulaire devrait être au maximum précis, fin et figé. Ce n’est qu’un outil, une convention. On peut lui imposer des règles arbitraires. Par contre, ce à quoi il se rapporte, « le réel qu’il décrit » « est ce qu’il est » : impossible de le contraindre arbitrairement dans un cadre. C’est pourtant ce que l’on tente lorsque l’on ose un discours descriptif. C’est là qu’il faut garder l’esprit de relativité : toute description n’est qu’une approximation plus ou moins fidèle, plus ou moins opérationnelle. Si je pousse l’idée, parler est inutile : il vaudrait mieux se taire. J’ai l’intuition que cela rejoint la notion bouddhique de « l’illumination ».
Mais comme je suis un peu incohérent, je vais tout de même poursuivre ce blog ;)